[Pap-infos] Le Rmi, c'est peu, surtout quand on vous le retire

From : precairesassocies@... , the 8th September 2007 10:13
  • 2007-09-08 10:13:40 — precairesassocies@... - [Pap-infos] Le Rmi, c'est peu, surtout quand on vous le retire

http://www.ac.eu.org/spip.php?article1759 Le RMI, c'est peu, surtout quand on vous le retire.... Image d'Epinal : le Rmiste mollement affalé devant sa télé à écran   plasma attend le 6 du mois que tombe dans sa bouche vorace d'assisté   le somptueux minima. Histoires vraies : comment être SDF ou avoir le malheur d'avoir   trouvé une mission d'intérim vous conduisent à vous retrouver sans rien. A Paris : Mme T., comme la moitié des Rmistes parisiens est en attente d'un   logement social. Jamais , bien entendu, les services chargés de son   insertion ne se sont préoccupés de ce problème. Alors Mme T change d'hébergement au gré des disponibilités de sa   famille et de ses amis. Evidemment, cela nécessite à chaque fois des   changements d'adresse, des courriers sont perdus. En janvier 2006,   Madame T. se rend à la CAF pour signaler un nouveau changement de   domicile. La CAF fait mine d'enregistrer, ce qui n'empêche pourtant   pas qu'un contrôleur CAF se présente deux fois de suite à son ancien   domicile.Comme évidemment, elle n'y habite plus, le RMI est   immédiatement suspendu. Pendant quatre mois, Mme T. qui n'a plus que la solidarité de ses   proches pour survivre exige qu'un contrôle ait lieu au domicile   qu'elle occupe réellement. Pendant quatre mois, on la balade, soit en lui promettant un   déblocage prochain de la situation, soit en lui faisant comprendre   qu'on ne la ramène pas quand on est suspecté de fraude. Enfin au mois de juillet, un nouveau contrôle a lieu : fort   heureusement, la personne qui l'héberge est suffisamment   compréhensive pour accepter cette intrusion dans sa vie privée. Mais, voilà, la contrôleuse CAF a une question à poser : comment Mme   T. a-t-elle-fait pour ne pas mourir de faim pendant ces quatre mois ? Si elle est encore vivante, c'est forcément qu'elle a des ressources   cachées, un compte en banque en Suisse, un amant milliardaire, ou un   travail au noir ! Alors suite à ce contrôle la suspension est maintenue, pour   "ressources invérifiables ". Mme T., suspendue de RMI, et donc de carte solidarité transports doit   effectuer nombre de démarches pour une inscription à une formation   prévue en septembre. C'est un référent emploi qui l'envoie vers AC !. Visite collective à la CAF : malheureusement c'est l'été, il faut   donc attendre quelques jours avant que la direction et la contrôleuse   concernée puissent recevoir la personne.Entretien houleux,   interrogatoire serré et bien sûr aucune explication quant au délai de   quatre mois pour le second contrôle. Finalement, s'il s'avère que la CAF, sur la base d'un contrôle peut   suspendre le RMI aussi longtemps qu'elle le juge bon, par contre son   rétablissement nécessite une décision ...du Conseil Général. Le dit Conseil Général, présidé par Bertrand Delanoe et administré   par la gauche parisienne n'a évidemment pas eu le temps de se pencher   sur le dossier de Mme T., ni d'ailleurs sur celui des dizaines de   milliers de Rmistes sans logement stable. Il faut dire, à la décharge   des élus, qu'ils étaient fort occupés dans le même temps à favoriser   l'insertion bien comprise des précaires en préparant l'expulsion du   local d'AC !. Il semble en tout cas que l'avis d'AC ! soit, malgré les apparences ,   d'un grand poids dans les décisions de ce même Conseil Général, à   moins que ce ne soit plutôt la crainte d'une action collective qui   rende visible la manière dont les précaires sont traités... En effet,   un simple courrier, exigeant le rétablissement immédiat et rétroactif   du RMI de Mme T, débloquera la situation en moins de quarante huit   heures.... Mais bien sûr Mme T. est toujours SDF, et bien évidemment son entrée   en formation est fortement compromise. En Seine et Marne : Mr D., après un licenciement, diverses petites missions d'intérim qui   ne lui ont jamais permis de sortir durablement du chômage se retrouve   en fin de droits. Il fait donc une demande de RMI, son épouse n'ayant   elle non plus aucun revenu.Ils ont plusieurs enfants à charge. Ses allocations chômage des trois derniers mois précédant la demande   étant supérieures au plafond pour l'obtention du RMI, elles sont   cependant neutralisées automatiquement, puisqu'il s'agit d'indemnités   ASSEDIC. Au bout d'un mois et demi d'attente, le RMI lui est donc   attribué. Dans l'intervalle, Mr D. a accepté une mission de sept   heures en intérim. Pendant trois mois, Mr D. perçoit donc normalement   son allocation. Lorsqu'il remplit sa déclaration trimestrielle de   ressources, il indique évidemment sa mission d'intérim. Résultat : le versement du RMI est brusquement interrompu. Pire, un   courrier de la CAF lui annonce un trop perçu correspondant aux trois   premiers mois de versement, et par la même occasion un trop perçu sur   son allocation logement qui remonte, lui...à 2005. Mr D. téléphone : la personne au bout du fil lui indique qu'elle n'a   pas accès au dossier, qu'il lui faut se rendre physiquement à la CAF   A l'antenne de sa commune, la première visite donne lieu à   d'intéressantes explications comme " Si on l'a fait, c'est qu'il y a   une raison ", " C'est comme ça ", "Faites un recours ". Lors de la   seconde, on lui indique qu'il lui faut se rendre à Melun, ou se   trouve la direction. A Melun , la réponse est la même, " On n'irait   pas vous réclamer de l'argent si vous n'en deviez pas ". C'est accompagné d'AC !, que Mr D. revient donc à l'antenne de son   quartier.La direction de l'antenne consent à le recevoir, évidemment   accompagnée d'une précaire d'AC !. Deux heures de vasouillage, de coups de fil à Melun, pour une   explication : concernant le RMI, il s'agit d'une " annulation   rétroactive de neutralisation ". Un moment ébahis par cette nouvelle   arme de destruction massive, nous parvenons à comprendre que les six   heures d'intérim effectuées auraient annulé la neutralisation des   ressources parce qu'elles ont eu lieu pendant le premier mois   d'ouverture de droits du RMI. En clair, Mr D. a eu le tort de ...travailler. Nous exigeons un texte, mais impossible. Par contre le droit au RMI   est immédiatement rétabli et la procédure suspendue...jusqu'à un   rendez-vous fixé avec la direction de Melun la semaine suivante. La semaine suivante, la direction de la CAF de Melun reprend la même   argumentation, toujours sans aucun texte à l'appui. Il s'agirait   d'une interprétation de la loi de décentralisation sur le RMI, mais   trop compliquée pour être expliquée aux concernés, ces abrutis. Mais c'est avec un soulagement évident que la direction nous apprend   que l'annulation du trop perçu ne peut être faite que par le Conseil   Général.Et qu'au vu de la situation, il y aura très certainement un   examen bienveillant de la demande. Aujourd'hui, un Rmiste qui   travaille est un salarié sans droits...Une CAF, un Conseil Général   peuvent lui octroyer ou non, selon l'humeur du Prince, ce qui lui   permettra de survivre quand son salaire ne suffit pas. Des écrits, des justifications légales, des règles applicables à tous   qui permettent à chacun de faire valoir les droits qui lui restent ? Mais, voyons, vous n'avez pas écouté Martin Hirsch pas compris que le   droit au RMI doit être adaptable à volonté, pour mieux prendre compte   les parcours individuels ? Vous vivez le même genre de galères avec la CAF ? Tentez la solution   collective, passez à nos permanences --  Agir ensemble contre le chômage et la précarité ! AC! Paris 23bis rue Mathis - 75019 Paris 01.40.09.27.49 Réunion le lundi à 18h Permanence pour et par des précaires le mercredi de 15 à 17h30