[Pap-infos]May Day Paris : Federico et Nicola libérés.

From : precairesassocies@... , the 24th May 2006 17:52
  • 2006-05-24 17:52:54 — precairesassocies@... - [Pap-infos]May Day Paris : Federico et Nicola libérés.

Federico et Nicola libérés ! La 11éme chambre de la Cour d'appel de Paris a prononcé son délibéré,   suite à l'audience d'hier, ce 24 mai : après 3 semaines de détention, Federico et Nicola sont enfin libres. Le procés se déroulera lundi 29 mai à 13H30 à la 23/2 chambre   correctionnelle, Palais de Justice, M° Cité. Soyons nombreux pour exiger avec eux la relaxe pure et simple. Les faits reprochés aux deux incarcérés (violences, dégradations)   auraient, selon la police, été commis par une trentaine d'auteurs.   C'est plus de deux heures après ces faits que la police interpelle un   groupe de manifestants, composé essentiellement d'italiens, quittant   la place de la République à la fin du concert qui concluait la   manifestation/parade du May Day. Parmi les interpellés, deux sont "reconnus" dans la rue après une   séance d'essayage de capuche et sweat-shirt organisée par les   policiers et sont placés en garde à vue avant passage en comparution   immédiate. Les "raisons" de la mise en détention, puis de son maintien   jusqu'alors, sont autant de stéréotypes qui mettent gravement en   cause les droits des interpellés et par là de tout justiciable : "les   faits sont graves", le "trouble persistant à l'ordre public" qui sont   invoqués comme motifs de l'incarcération contredisent en effet la   présomption d'innocence dont chacun doit pouvoir se prévaloir face à   la machine judiciaire. L'invocation du "trouble à l'ordre public" est parfaitement   discrétionnaire (ce que confirme l'importance de cette notion dans le   contrôle de l'immigration par exemple, avec la suppression du droit   au séjour pour "trouble à l'ordre public", et bientôt dans celui des   naturalisés). C'est en raison d'une discrimination de fait où transparaît la   structure xénophobe de la machine judiciaire, que les garanties de   représentation présentées par la défense de Fédérico et Nicola sont   jugées insuffisantes pour la simple raison qu'il s'agit de prévenus   italiens dont l'état fait mine de ne pouvoir s'assurer la présence au   jugement qu'au moyen de la détention (malgré les conventions franco   italiennes, malgré la possibilité d'ordonner un contrôle judiciaire). La procédure de comparution immédiate est elle aussi une entrave à la   défense : comment citer les témoins nécessaires ? comment visionner   les vidéos policières supposées incriminer Fédérico et Nicola ? Sous   couvert de "délit flagrant", l'audience entérine et redouble un   montage policier : on interpelle à postèriori des manifestants que   l'on désigne comme "individus dangereux" alors même qu'aucune enquête   de personnalité, pourtant prévue par le code de procédure pénale, ne   viendra étayer (ou démentir) cette assertion qui elle aussi contribue   à une présomption de culpabilité parfaitement contraire aux principes   du droit (l'audience du 4 mai sera d'ailleurs l'occasion d'un   déploiement policier massif, élément de mise en scéne là aussi   destiné à accréditer la thèse de la culpabilité). Cette affaire s'inscrit dans un contexte de fortes tensions   sociales : la révolte des cités contre le mépris et la relégation en   novembre dernier s'est soldée par un nombre vertigineux   d'interpellations puis de mise en détention, dont de très nombreux   mineurs ; la répression que subissent actuellement les opposants à la   "loi pour l'égalité des chances" est massive : 4 350 arrestations   dont 1 985 gardes à vue avec 637 procédures judiciaires (dont 271   comparutions immédiates) qui ont donné lieu à 71 peines de prison   ferme, 167 peines de sursis, travaux d'intérêt général ou mises à   l'épreuve, 188 mesures alternatives. Contre ceux qui la subissent et/ou la contestent, la politique de   précarisation s'adjoint ainsi une politique pénale de criminalisation   qui fait de l'exceptionnalité un principe de fonctionnement. C'est   comme des centaines d'autres que Fédérico et Nicola sont transformés   en boucs émissaires. D'un point de vue juridique, seule la relaxe   pure et simple est envisageable. Au-delà de ces deux cas de détention arbitraire, nous exigeons   l'amnistie des condamnés de ces derniers mois et l'arrêt des   poursuites à l'encontre de tous ceux qui sont dans l'attente des   procès à venir. http://www.maydayfr.org/