[Pap-infos]Forum indemnisation du ch ômage samedi 20 novembre à 14H30

From : yotogui@... , the 17th November 2004 11:49
  • 2004-11-17 11:49:13 — yotogui@... - [Pap-infos]Forum indemnisation du ch ômage samedi 20 novembre à 14H30

SAMEDI 20 NOVEMBRE 2004  14h30 : Projection Vidéo / Forum Pour un nouveau modèle d¹indemnisation du chômage des salariés intermittents Une présentation du modèle d'indemnisation des coordinations d'intermittents et précaires et des informations sur les expertises de l'Unedic ouvriront les échanges, avec la manifestation du samedi 4 décembre  parmi les perspectives Coordination des intermittents et précaires (IDF) 14-16 Quai de la Charente, 75019 Paris M° Corentin Cariou. Tél : 01 40 34 59 74 / Contact : accueil@cip-idf.org
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------------ Contre-propositions pour une réforme de l¹assurance-chômage des salariés intermittents. Texte paru dans « La Scène », printemps 2004 Née du refus massif du protocole réformant leur assurance-chômage, signé le 26 juin 2003 à l¹UNEDIC, la mobilisation des intermittents du spectacle s¹obstine à durer, plus de 8 mois plus tard. Longévité extrême, pour un mouvement social, d¹autant plus que la réforme est désormais mise en application. Depuis le 31 décembre 2003, les petites bombes du protocole et de sa circulaire d¹application ont en effet commencé leurs aléatoires explosions : trop de droits d¹auteurs ? 6 mois de franchise c¹est le nouveau décalage. Enceinte avant même la négociation de juin ? Au RMI ce sont les nouveaux congés maternité. 43 cachets, sauvé ? Et bien non, certains valent 8 heures au lieu de 12, c¹est la nouvelle règle de conversion des cachets en heures. Si le mouvement de protestation contre une réforme qui institue l¹aléatoire comme règle et le principe du « bas de laine » (le capital de 243 jours d¹indemnités) comme seule sécurité sociale, perdure aujourd¹hui, c¹est probablement parce qu¹il a su, dès le début, faire coexister des temporalités très différentes. Dans le même temps où la grève paralysait les festivals, où des plateaux de télévision étaient investis par des manifestants, où les camions transportant du matériel étaient bloqués, des actions en justice étaient initiées contre les signataires et l¹agrément, et commençait une minutieuse analyse du protocole, rapidement prolongée par l¹élaboration d¹une contre-proposition d¹indemnisation des salariés intermittents. En effet, le refus de la réforme signée à l¹UNEDIC s¹est d¹emblée assorti, notamment dans les coordinations, de l¹exigence d¹une renégociation, associant l¹ensemble des concernés, au delà des « partenaires sociaux » habilités à siéger et à décider à l¹UNEDIC. Cette exigence a très vite rendu nécessaire une plate-forme qui serait une base de négociation en même temps qu¹elle énoncerait le point de vue des principaux intéressés et constituerait la critique en actes non seulement du protocole du 26 juin mais des nombreux dysfonctionnements des annexes 8 et 10 en vigueur jusqu¹alors. Ce « nouveau modèle », élaboré dans l¹oeil du cyclone pendant un été houleux, a été adopté par la Coordination Nationale des Intermittents à Lille en décembre 2003. Il est à présent une des bases de travail Comité de Suivi à l¹Assemblée Nationale, qui regroupe Coordinations d¹intermittents, Syndicats non signataires (CGT, Sud), organisations de professionnels (Syndéac, SRFS), élus de tous bords, et qui s¹est donné pour but de convaincre gouvernement et partenaires sociaux de la nécessité urgente d¹une réforme. Pour construire ce modèle, nous sommes partis des pratiques réelles des salariés intermittents : des emplois discontinus, des taux de rémunération variables, des employeurs souvent multiples ; et parfois : une part du travail rémunérée forfaitairement (cachet), une part du travail réalisée en dehors des périodes d¹emploi (travail d¹écriture, de projetS). Nous sommes également partis de leurs besoins : celui d¹une continuité de droits pour faire face à une précarité désormais érigée en norme d¹emploi ; celui de disposer d¹un temps pour soi, libéré des contraintes de l¹emploi salarié, sans lequel aucun processus de création, d¹invention, de coopération ne sauraient se développer. Pour répondre à ces besoins, dans une logique mutualiste le nouveau modèle propose 6 articles (dispositifs techniques) et 4 scolies (qui en développent plus précisément tel ou tel aspect), dont on ne reprendra pas ici le détail, mais dont on tentera de commenter les points saillants. Une annexe unique. Première condition d¹un régime d¹assurance-chômage mutualiste, l¹annexe unique, (déjà proposée dans l¹accord FESAC, signé en 2000 par les principales organisations syndicales et patronales du secteur), tient compte en premier lieu d¹une réalité massive : énormément d¹intermittents effectuent en effet leurs heures en travaillant dans les deux annexes. Ni la distinction technicien/artiste, ni la distinction audiovisuel/spectacle vivant ne saurait rendre compte de la très grande mobilité des salariés au sein du secteur. Avant le 31 décembre, les annexes 8 et 10 étaient d¹ailleurs quasiment identiques et on peut apprécier leur différenciation dans le protocole du 26 juin comme une classique tentative de division de salariés partageant pourtant les mêmes pratiques d¹emploi. Ne parlait-on pas cet été, au plus fort du conflit, du côté du ministère de la culture, d¹un régime comportant 4 annexes (pour le cinéma, l¹audiovisuel, le spectacle vivant, et l¹industrie de divertissement), séparant en leur sein même techniciens et artistes ? La volonté d¹atomisation des régimes pour éviter toute contestation massive trouve un prolongement plus habile dans la déclaration récente de François Chérèque (CFDT, signataire), plaidant pour une « caisse complémentaire » permettant de pourvoir aux « avantages spécifiques » (sic) liés à l¹intermittence. Autrement dit, il s¹agit de faire sortir l¹indemnisation de l¹intermittence de la caisse interprofessionnelle d¹assurance-chômage, de traiter les intermittents en « artistes » (ou en acteurs de la culture) et non plus en salariés ; et c¹est bien connu, les artistes ont très peu de besoins sociaux. Nous réaffirmons quant à nous la nécessité de maintenir cette annexe unique dans un régime d¹assurance-chômage de solidarité interprofessionnelle. D¹abord parce que ce sont bien des droits de salariés, et non une reconnaissance en tant que catégorie socio-professionnelle, que nous défendons. Ensuite parce que la discontinuité de l¹emploi n¹est plus guère, et depuis longtemps, l¹apanage des seuls salariés du spectacle. En témoignent notamment la croissance exponentielle de l¹interim (annexe 4 : « intérimaires et intermittents de l¹industrie ») depuis quelques années avec 30% d¹augmentation par an, et le recours massif aux CDD dans le régime général. À l¹heure où les contrats courts sont la norme sur le marché de l¹emploi, sortir le secteur spectacle de l¹assurance-chômage interprofessionnelle revient d¹une part à détruire à terme le seul régime qui offrait quelques garanties face à la précarité de l¹emploi, et d¹autre part à feindre de croire encore que cette précarité peut-être contenue dans le bantoustan-spectacle, sans jamais concerner les autres secteurs d¹activité, ni par conséquent leur proposer une indemnisation adaptée. La garantie d¹un système mutualiste : la date anniversaire. Le second point essentiel du nouveau modèle est le rétablissement de la date anniversaire. Nous avons opté pour le maintien des conditions d¹entrée dans le régime à 507 heures, à effectuer dans une période de 12 mois et donnant lieu à une indemnisation sur 12 mois au cours desquels chaque jour chômé est indemnisé. C¹est en effet probablement la mesure la plus désastreuse du protocole que la suppression de la date anniversaire : d¹une redistribution mutualiste rythmée par des périodes calendaires les salariés qui ont la chance de travailler beaucoup touchent moins de jours d¹indemnité et cotisent pour les plus fragiles- on passe à un système de capitalisation, où chacun, pourvu qu¹il ait rempli les conditions d¹accès, ouvre son pécule de 243 jours d¹indemnités. La consommation de ces jours sera ensuite soumise à une série de règles, plutôt défavorables aux bas revenus, la plus catastrophique étant celle du décalage, qui institue d¹inédites carences pour les bas salaires. Un salarié pourra ainsi épuiser son bas de laine en 8 mois s¹il est débrouillard, ou en plusieurs années s¹il n¹a, par exemple, pas la possibilité de s¹arranger avec son employeur. Au contraire de cette logique, nous avons choisi d¹instituer un mécanisme d¹assouplissement limitant l¹effet couperet du seuil des 507 heures, et de faciliter l¹accès au régime par une meilleure prise en compte des heures cotisées (congés maladie, maternité, formation donnée et reçue, contrats « hors champs » ou à l¹étranger, système progressif et plus équitable de conversion des cachets en heures.) Une meilleure répartition des indemnités : plancher et plafonds. Le mode de calcul de l¹indemnité journalière (IJ) que nous avons imaginé se caractérise essentiellement par l¹abandon du paramètre SJR. Le « salaire journalier de référence », salaire moyen d¹une journée travaillée, n¹a en effet aucune pertinence dans des pratiques où le taux de rémunération est variable au cours d¹une même période, en fonction des employeurs et des secteurs d¹activité. Sa prise en compte incite, de plus, à la sous-déclaration, puisque déclarer des petits cachets aura de lourdes conséquences sur le montant et la fréquence de l¹indemnité. Les paramètres que nous avons retenus pour le calcul de l¹IJ sont le salaire annuel de référence, (SAR, la somme des salaires perçus pendant l¹année) et le nombre d¹heures travaillées (NHT). Plus l¹un et/où l¹autre de ces paramètres augmente, plus l¹IJ augmente. Mais pour préserver le caractère mutualiste de cette redistribution, l¹IJ ne peut être inférieure au SMIC/jour, ni excéder 2,4 SMIC/jour (soit 85 euros). En établissant une allocation plancher au SMIC, perçue chaque jour non travaillé, on garantit à tout salarié intermittent que son revenu mensuel allocation + salaire direct ne sera jamais inférieur au SMIC mensuel. Garantir en période de chômage un revenu de remplacement et non un revenu de complément. Nous proposons de surcroît un dispositif efficace de plafonnement du cumul salaire + indemnités en fonction des sommes perçues dans les 24 derniers mois. Ce système régulateur plus juste et plus équilibré se substitue à la franchise et se veut un véritable garde-fou contre les indemnités « de confort ». Représentation, financement, champs d¹application : revoir la gestion de l¹assurance-chômage. Enfin, on ne peut présenter un contre projet d¹indemnisation sans en passer par des questions plus structurelles qui mettent en jeu l¹assurance-chômage au-delà des seuls intermittents. La première concerne la représentativité des partenaires sociaux qui siègent à l¹UNEDIC. Ceux-ci, au nombre de huit (trois organismes patronaux, cinq confédérations syndicales, à parité), sont nommés par décret gouvernemental et ne sont donc ni éligibles, ni révocables. Or, ils ne représentent en rien les salariés dont ils décident triennalement le sort. Les syndicats représentés totalisent dans le spectacle à peine 8% des salariés. Les syndicats non confédérés, les organisations d¹employeurs de branche, les coordinations, les associations de chômeurs, toutes structures apparues dans les trente dernières années, ne siègent pas à l¹UNEDIC. Nous proposons de réformer le mode de représentation de l¹UNEDIC, en y organisant des élections à listes ouvertes et en mettant fin au monopole des partenaires sociaux sur la gestion de la protection sociale en France. La seconde et épineuse question concerne le mode de financement de l¹assurance-chômage. On nous oppose depuis 1992 et l¹instauration de la dégressivité des allocations, le même argument : « il faut sauver le régime, et le prix à payer doit être assumé par tous » ; il consiste immanquablement en l¹éviction d¹un train d¹allocataires, sacrifié sur l¹autel d¹un déficit montré du doigt comme une faute. Nous avons plusieurs arguments à opposer à ce scénario éprouvé. Tout d¹abord, le déficit de l¹UNEDIC est soigneusement apprêté, mis en scène avant chaque réforme d¹importance. Pour celle qui nous concerne, la baisse des charges patronales consécutive à l¹instauration du PARE dans le régime général est pour beaucoup dans sa dramatisation. Ensuite, il est absurde d¹imputer à deux annexes en particulier la spécificité d¹un déficit alors que la caisse est interprofessionnelle. Enfin, si le déficit de l¹UNEDIC est bien réel, il relève d¹un choix politique d¹en prendre acte ou de continuer à l¹agiter comme un chiffon rouge pour poursuivre la destruction des droits collectifs entamée depuis deux décennies. Le régime d¹assurance-chômage, financé par les cotisations salariales et patronales, a été conçu pour indemniser un chômage accidentel. Ce mode de financement est parfaitement inadapté à une discontinuité structurelle de l¹emploi, présente dans les annexes 8 et 10 mais aussi dans une part grandissante du marché de l¹emploi. En indexant la redistribution sur un volume d¹emploi qui a tendance à décroître, il ne tient pas compte de la part grandissante des richesses produites hors du cadre strict du contrat de travail (dont on ne s¹aperçoit guère qu¹à l¹occasion des plaintes en justice des cafetiers d¹Avignon ou d¹Aix, dont la grève des intermittents a entamé le profit escompté). Le financement par la seule cotisation génère donc un déficit structurel, organise la rareté, exclut, protocole après protocole, toujours plus d¹allocataires. Face à ce constat, un choix : considérer comme c¹est le cas actuellement le nombre d¹allocataires comme variable d¹ajustement ; ou alors élargir l¹assiette à d¹autres sources de financement que la cotisation (qui devra être, quant à elle unifiée, déplafonnée, rendue éventuellement progressive), c¹est à dire avoir recours à la fiscalité, à différentes formes de taxation (des flux de communication, du chiffre d¹affaire des entreprises). De troisième part, partis des pratiques spécifiques des intermittents du spectacle, dans leur temporalité (discontinuité) et spatialité (mobilité), il nous est apparu rapidement que la notion de secteur d¹activité (listes de métier, codes employeurs) ne pouvait constituer un critère pertinent pour la délimitation des champs d¹application de notre modèle, et au-delà, des différentes annexes de l¹UNEDIC. Nous proposons donc de refondre les champs d¹application de l¹assurance-chômage non plus en fonction des secteurs mais des pratiques d¹emploi et d¹élaborer pour chaque pratique une annexe spécifique et adaptée. On passerait ainsi d¹un régime général et 13 annexes à trois annexes : une pour l¹indemnisation des salariés à l¹emploi discontinu et au taux de rémunération variable (nouveau modèle), une pour l¹emploi discontinu à taux de rémunération fixe, une pour le chômage accidentel (« emploi continu »), quelques soient les secteurs d¹activité. Ces trois derniers points nous mènent vers une refonte de l¹ensemble du système d¹assurance-chômage. Nous avons appris que notre lutte n¹est pas corporatiste, que nos revendications sont étroitement liées à celles de l¹ensemble des salariés. Nous savons aussi que si les annexes 8 et 10 sont démantelées, c¹est le dernier système solidaire de protection face à l¹emploi précaire en Europe qui disparaîtra. C¹est pourquoi nous invitons l¹ensemble des salariés à se saisir de cette proposition, à la faire leur, à la mettre en débat, à l¹améliorer, à la propager. Nous exigeons quant à nous toujours du gouvernement et des partenaires sociaux l¹abrogation du protocole UNEDIC du 26 juin-13 novembre 2003 et l¹ouverture immédiate de négociations avec l¹ensemble des concernés sur la base du nouveau modèle. Coordination des intermittents et précaires d¹Ile de France Commission propositions/revendications