[Pap-infos]Coordination nationale des intermittents et précaires : Protocole et convention Unedic, non à l’agrément !

From : precairesassocies@... , the 11th January 2006 13:01
  • 2006-01-11 13:01:15 — precairesassocies@... - [Pap-infos]Coordination nationale des intermittents et précaires : Protocole et convention Unedic, non à l’agrément !

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=2554 Protocole et convention Unedic, non à l’agrément ! Réunis en coordination nationale à Avignon les 7 et 8 janvier 2006,   les collectifs d’intermittents et précaires présents (Avignon,   Bourgogne, Ile de France, Lille, Marseille, Midi-Pyrénées,   Montpellier), constatent que la convention Unedic en cours d’adoption   serait désastreuse pour l’ensemble des salariés. Il en serait de même   pour les intermittents avec la prorogation du protocole de juin 2003   relatif aux annexes VIII et X. Ni cet accord sur le régime d’assurance-chômage, ni cette prorogation   du protocole ne peuvent être mis en œuvre sans être agréés par le   gouvernement. Nous exigeons donc du gouvernement qu’il refuse   l’agrément légal de ces deux textes.
  Abrogation ! Le gouvernement doit refuser d’agréer la  
prorogation du protocole Unedic ! (Annexes 8 et 10) Depuis sa mise en application en janvier 2004, le protocole de juin   2003 a fait la preuve de son caractère à la fois dispendieux et   profondément inégalitaire. Ses dispositions renforcent l’aléa et   l’incertitude et encouragent ainsi la course aux cachets. Tout en   réduisant le nombre d’intermittents par l’éviction des ayants droits   et la fermeture aux nouveaux entrants, on indemnise davantage que par   le passé les salariés les plus employés et les mieux payés,   contribuant de ce fait à augmenter un déficit de l’Unedic utilisé   avec constance pour diminuer ou supprimer les droits du plus grand   nombre. L’enquête collective sur l’intermittence conduite par le laboratoire   Matisse-Isys (Paris-I/UMR CNRS) et les coordinations a amplement   démontré l’inadaptation de ce protocole aux pratiques d’emploi et de   travail des salariés. L’ensemble des concernés, le Ministre de la   culture, l’expert J.P Guillot, les Missions d’information   parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, les 470 élus   signataires de la PPL (proposition parlementaire de loi), et le   Comité de suivi du protocole Unedic ont tous reconnu que ce protocole   est désastreux et ne peut subsister en l’état. Pourtant, en ce début d’année 2006, les partenaires « sociaux » se   proposent d’en prolonger l’application en le faisant proroger pour   une durée inconnue. Le Ministre de la culture s’est publiquement engagé à ce que soit   établi un système pérenne et équitable en janvier 2006. Il doit tenir   ses engagements. Le Ministre de l’emploi doit pour sa part refuser d’agréer à nouveau   ce protocole totalement contradictoire avec l’objectif affiché de «   cohésion sociale » et dont la prorogation porterait brutalement   atteinte aux droits légitimes de nombreux salariés confrontés à la   discontinuité de l’emploi. Il ne peut y avoir d’accord pérenne en matière d’intermittence sans :   - La recherche des 507 heures ouvrant droit à une indemnisation sur   une période de 12 mois, à date anniversaire fixe.   - 12 mois d’indemnisation où chaque jour chômé est indemnisé par   une indemnité journalière égale ou supérieure au SMIC/jour dont le   versement soit soumis à un plafond de ressources acceptable Nous demandons à ce gouvernement de faire siennes les dispositions   prévues par la PPL (soutenue, rappelons-le par 470 élus), et d’en   faire un projet de loi.
  Non à l’agrément du projet de convention Unedic
Que la convention Unedic en cours d’adoption ne soit pour l’heure   soutenue, du côté syndical, que par la CFDT et la CFTC - la CGT et FO   ayant refusé de signer, la CGC hésitant encore sur sa position -   confirme la crise profonde de cette institution et du paritarisme.   Cette crise est si radicale qu’à l’instar de M. Bernard Craeynest   (CGC), pour qui « les difficultés de négociations qui surviennent   après les soubresauts rencontrés les années antérieures démontrent   que l’Unedic est régie par des règles qui ne sont plus adaptées aux   disparités des situations rencontrées par les salariés », les   partenaires « sociaux » eux-mêmes doivent aujourd’hui l’admettre. Désastreuse pour tous les salariés actuellement au chômage et pour   tous ceux qui auront à passer par le chômage et l’emploi discontinu,   cette convention risque pourtant d’être adoptée. Tous les « nouveaux   entrants » la subiraient. On a cherché cette fois à ne pas fabriquer   massivement des recalculés par l’application immédiate de   dispositions rétroactives, cette rétroactivité s’appliquerait demain   au fil du temps : lors de chaque fin de contrat, un recalcul des   droits pourra supprimer les droits antérieurs. Cette convention interdirait mécaniquement à 100 000 chômeurs l’accès   à une allocation. Elle exclurait de l’indemnisation ou réduirait les   droits de centaines de milliers de salariés dont les ressources   dépendent à la fois de salaires perçus dans le cadre de l’emploi et   du versement d’une allocation chômage. 720 000 chômeurs - soit près   du tiers des 2,2 millions de chômeurs indemnisés - sont à la fois   indemnisés et employés. « Saisonniers », intérimaires ou « demandeurs   d’emploi indemnisés et employés en activité à temps réduit », se   verraient interdire l’accès à une allocation, ou seraient soumis à   une baisse de la durée d’indemnisation. La création d’une « filière A+ » (12 mois d’emploi dans les 20   derniers mois ouvrant droit à 12 mois d’indemnisation) est annoncée   comme un progrès à destination des précaires. On vante cette filière A  + parce qu’elle intégrera quelques dizaines de milliers de salariés   précaires pour une durée moins brève que la filière A (6 mois   d’emploi ouvre ici droit à 7 mois de chômage). Cette innovation est   le seul argument à porter au crédit de l’accord. Mais, comme   l’atteste le sort réservé à la filière B, la filière A+ dissimule mal   la régression qu’elle accompagne. Alors qu’actuellement 67,5% des   chômeurs indemnisés dépendent de la filière B, la durée   d’indemnisation y serait maintenue à 23 mois, mais ses conditions   d’accès seraient durcies, passant de 16 mois d’activité dans les 26   précédant la perte d’emploi à 14 mois dans les 24. Si ce texte était   adopté, des dizaines de milliers d’allocataires relèveraient de la «   filière A+ » alors qu’ils auraient pu intégrer la filière B. Ils   perdraient ainsi 11 mois d’indemnisation potentielle. La suppression de la filière D pour les chômeurs de plus de 57 ans   entraînera de la même manière une diminution de la durée des droits   pour des dizaines de milliers de futurs entrants dans le régime. Alors que l’Assedic s’est vu octroyer des pouvoirs de contrôle et de   sanctions (baisse de l’allocation jusqu’à sa suppression en cas de   refus réitéré d’emploi...), que les contrôleurs du travail ont   désormais accès aux données fiscales des chômeurs, cette convention   Unedic permettrait également que soit adoptée une autre convention   qui lierait l’État, l’Unedic, l’ANPE afin de renforcer encore le   contrôle des chômeurs.
  Pour une refonte de l’Unedic et de la protection sociale du  
chômage et de la précarité Le Ministre de la culture s’est engagé à ce que soit instauré un «   système pérenne et équitable » qui prenne en compte l’intermittence,   ce gouvernement promet par la voix de son Premier ministre de mettre   en œuvre une « sécurité sociale professionnelle », le Président de la   république annonce enfin un renouvellement du financement de la   protection sociale. On cherche à nous bercer d’illusions ? Nous   répondons qu‘aux mots doivent maintenant succéder les actes : agréer   une telle convention Unedic, agréer la prorogation du protocole   serait tourner résolument le dos aux objectifs annoncés. Le   gouvernement doit refuser de le faire. Nous le réclamons depuis des mois, le chantier de la refonte de   l’Unedic et de la protection sociale du chômage et de la précarité   doit être ouvert immédiatement. Pour le grand nombre de salariés qui   connaissent ou auront à connaître des périodes de chômage et la   discontinuité de l’emploi, il est indispensable, vital et urgent de   bénéficier d’une protection sociale adéquate. La mobilisation des premiers concernés a surpris les observateurs par   sa durée et sa détermination. Elle continuera de le faire. Nous avons   assez parlé, expliqué, discuté. Nous ne voyons pas comment les   manifestations, cérémonies, festivals et autres remises de prix   culturels pourront se dérouler normalement. Des initiatives de lutte, des actions, des manifestations viennent   d’avoir lieu dans plusieurs villes de France. D’autres rendez-vous de   mobilisation sont en préparation dans diverses villes. Nous appelons   l’ensemble des concernés à s’y joindre activement. À diffuser des   informations sur les mesures en cours d’adoption auprès des ayants   droits actuels ou potentiels, sur les lieux de travail, dans les   Assedic, les ANPE. À informer le public lors des représentations. Et,   plus largement, à s’organiser pour lutter avec l’ensemble des   salariés touchés par la précarisation de l’emploi et la destruction   des droits collectifs. Interpellons les responsables politiques et   les institutions (DDTE), multiplions les manifestations, les   occupations, les actions. Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous ! Journées d’actions coordonnées
   Mercredi 11 janvier
   Lundi 6 février
Coordination nationale des intermittents et précaires