[Pap-infos] "La sale gueule du travail !" (AC! Limoges)

From : yotogui@... , the 29th October 2005 16:00
  • 2005-10-29 16:00:31 — yotogui@... - [Pap-infos] "La sale gueule du travail !" (AC! Limoges)

Tract diffusé (entre autres) lors de la manifestation du  4 octobre   2005 par AC ! Limoges http://www.ac.eu.org/article.php3?id_article=1112 "La sale gueule du travail !" les pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses leur soleil   c’est la soif la poussière la sueur le goudron et s’ils travaillent   en plein soleil le travail leur cache le soleil leur soleil c’est   l’insolation et le clair de lune pour les travailleurs de nuit c’est   la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis et quand le   travailleur s’endort il est bercé par l’insomnie et quand son réveil   le réveille il trouve chaque jour devant son lit la sale gueule du   travail qui ricane qui se fout de lui" Le paysage changeur, Prévert. [extrait] "La sale gueule du travail" L’emploi est à la mode ! A la mode de l’emploi précaire ! L’emploi   précaire, c’est les congés non payés (chômage), la RTT contrainte et   non rémunérée (temps partiels), la retraite sans pension et avant   l’heure (interdiction du Rmi aux moins de 25 ans). La précarité de   l’emploi, c’est le travail sous contrôle. Chômeurs et fainéants (ceux   qui refusent la production débile, les salaires de misère et   l’exploitation) sont “ accompagnés ” dans le cortège des contrats   pourris - contrats d’avenir, contrats d’insertion, RMA, contrats   tremplin - Derrière les paillettes du “ suivi personnalisé ” :   contrôle, revenus en chute libre, subventions aux employeurs ; emploi   forcé et salaires en miettes. Et pour les salariés “ classiques   ” (non précaires ?), c’est la peur entretenue du licenciement, ou du   non-renouvellement de poste. L’emploi précaire ne garantit plus le   salaire. Le SMIC n’est plus mensuel, il est “ horaire ”. La   flexibilité, c’est le bénévolat du temps d’astreinte, de chômage. Et   c’est la rémunération calculée selon le planning de l’employeur.   L’emploi précaire explose. La France compte probablement près de 10   millions de précaires. Plus d’un million et demi de travailleurs   pauvres (20% sont “ pourtant ” en CDI) vivent avec moins de 557 euros   par mois. Près de 3 SDF sur 10 ont un emploi. A l’échelle européenne,   les précaires constituent 17% de la population. On parle de minima   sociaux ! Comme si le social c’était un minimum ! On dit “ minima   sociaux ” pour ne pas dire “ maxima patronaux ”. RMI, ASS, allocs   chômages et autres système de solidarité sont vus comme un coût. On   préfère les dîners caritatifs (bonne conscience), où on discute du   démantèlement de la solidarité. Les architectes de la nouvelle donne   du travail s’amusent à communiquer dans leur novlangue. Ils disent :   “ activation des dépenses passives ” pour ne pas dire : travail   forcé ; ils revendiquent la “ baisse du chômage ”, pour masquer les   radiations ANPE ; ils soutiennent la “professionnalisation des jeunes   ”, au lieu de parler de stages en entreprise non-payés ; ils   autorisent les expulsions des “ mauvais ” locataires, et se mettent   en deuil le jour où un immeuble flambe à Paris. Le plein-emploi   d’antan, ce “ paradis ” perdu que quelques nostalgiques aspirent à   retrouver n’est plus. Devons-nous regretter ce temps où il nous   fallait trimer à vie pour gagner sa retraite (et mourir sans en   profiter) ? Aujourd’hui, les différents temps de vie deviennent des   sources d’enrichissement pour l’entreprise. Nos “ loisirs ” devenus   biens de consommation (culturels ?) se vendent en publicité sur nos   temps de “ cerveau disponible ”. Découverts bancaires, crédits à taux   usuriers, même la misère de nos revenus engraisse les banques. A   chaque fois que le chômage augmente, en dehors de la recherche   éternelle de boucs-émissaire, on nous rabâche le refrain du pouvoir   d’achat et de la consommation pour arriver au plein emploi. Certes   tout le monde à besoin d’un revenu pour vivre. Mais vivre ? Ca veut   dire quoi ? Est-ce que vivre ça veut dire consommer à perte d’horizon   parce que la consommation relancerait la production et donc   l’emploi ? Mais toute production est-elle souhaitable ? Tout emploi   est-il enviable ? Ne sommes-nous pas à une période de l’histoire où   la main-d’œuvre humaine est moins nécessaire qu’autrefois et où   justement on devrait se réjouir de se libérer de contraintes ? La vie   n’est-elle qu’un cercle vicieux : se former/formater pour pouvoir   travailler afin de consommer, pour que tout le monde puisse   (travailler et) se payer sa deuxième bagnole, le frigo américain et   des vacances en club de vacances dans des îles paradisiaques et ça   jusqu’à l’âge de la retraite où on sera tellement épuisé qu’on en   profitera même pas ? Surtout que, d’ici-là, la retraite aura, elle   aussi, disparu. C’est maintenant qu’il faut profiter de la vie. Nous sommes sommés d’être de plus en plus disponibles. Il nous faut   nous former pour être plus productifs, accepter de maigres salaires   pour rester compétitifs, tutoyer son patron et accepter de revenir   dimanche terminer son sale boulot. Que faire ? Sans doute déjà se débarrasser des mythes qui nous empoisonnent   l’existence : que la croissance est nécessaire (n’oublions pas que la   terre est une surface finie), que le travail/emploi est une   nécessité, qu’un chômeurs est un fainéant, que l’étranger nous pique   notre boulot,... Peut-être construire des niches de solidarité,   d’entraide, d’échange. Entre nous. Produire nous mêmes, et pour nous,   des espaces où nous pourrions vivre en collectif. Non plus les uns   contre les autres. Peut-être aussi, batailler pour négocier de   nouveaux droits sociaux qui correspondent aux réalités d’aujourd’hui.   Parce que nous refusons que le droit à la vie ne s’achète qu’à la   sueur de son front. Il n’y a pas de programme préétabli, il y a tout   à (ré)inventer. A nous de faire. Avec ou sans-emploi, avec ou sans-papier, un revenu c’est un dû.   Logement, titre de séjour : arrêt de toutes les formes d’expulsions   35 heures c’est 40 heures de trop ! "(...) une dernière fois le capital voudra les empêcher de rire ils   le tueront et ils l’ enterreront dans la terre sous le paysage de   misère et le paysage de misère de profits de poussières et de charbon   ils le brûleront ils le raseront et ils en fabriqueront un autre en   chantant un paysage tout nouveau tout beau un vrai paysage tout   vivant ils feront beaucoup de choses avec le soleil et même ils   changeront l’hiver en printemps." Le paysage changeur, Prévert. [extrait]