[Pap-infos] Imprimez ! Lisez L'intermutin !

From : yotogui@... , the 16th September 2003 12:46
  • 2003-09-16 12:46:19 — yotogui@... - [Pap-infos] Imprimez ! Lisez L'intermutin !

bonjour, rdv ag nomade de la cipidf, ce mardi 17H Halle de la Villette, Métro Porte de Pantin plus de copies papier de L'intermutin, brochure de  32 pages, éditée en janvier dernier, pour repenser travail, précarité, intermittence Fichiers disponibles sur  http://www.lalune.org/~big-a6/L'Intermutin0103.pdf partageux et débrouillards, vous pouvez livrer des cartons d'intermutin à la CIPidf, à l'attention des PAP. Sommaire et édito 2     - Précaires clandestins 3    - Boite à outils de l¹intermittence 4    - UNEDIC : rappel historique 5    - Annexes huit et dix 6    - Tous intermittents du spectacle ? 9    - Industrie culturelle, État et intermittents 12  - Flexibles, du fric pour vivre 14  - Le travail  16  - L¹avenir de la fracture dure longtemps 19  - Le Pare, entreprise travailliste 22  - Aux confédérations syndicales, à propos de l¹Unédic 23  - La révolte logique des sans salaire 27  - Revenu garanti pour tous, trois arguments 30  - L'intermittence et la puissance de métamorphose 32  - Nous sommes tous des inter-mutants du spectacle ! Une, des boites à outils pour l¹intermittence Peut-on lutter sans analyser l¹évolution du travail et la fonction productive de l¹emploi intermittent ? C¹est l¹une des questions que ce recueil de textes voudrait contribuer à poser, en mettant à disposition quelques éléments d¹archives et des contributions plus récentes. Nous nous sommes rencontrés lors de réunions d¹information sur les menaces qui pèsent sur les annexes 8 et 10 de la convention UNEDIC, qui définissent les garanties concédées aux intermittents du spectacle, puis à l¹appel d¹associations de chômeurs et précaires dans la mobilisation contre l¹accord UNEDIC du 20 Décembre 2002 au MEDEF. Issus de groupes affinitaires, désireux de prendre part à des initiatives de lutte, ou participants à AC !, à la CNT-spectacle , à SUD, nous nous sommes regroupés au sein de Précaires Associés de Paris afin de construire, avec d¹autres encore, la dynamique d¹un mouvement de conquête de droits nouveaux. Après des diffusions de tracts et prises de paroles dans des théâtres, cinémas, musées, ASSEDIC, concerts ; des occupations, au Palais de Tokyo, au Multiplexe cinéma MK2, à l¹ANPE Moulin Joly, et bien des discussions informelles ; il apparaît qu¹une des difficultés majeures de l¹action collective des précaires est une culpabilité aussi profonde qu¹entretenue : il faudrait « avoir honte d¹être assisté ». Avec cette auto-dévalorisation pour toile de fond prévaut la crainte de perdre ; l¹inhibition et l¹apathie le disputent à d¹illusoires sauve-qui-peut individuels. Pour remédier à ce pli défaitiste, pas d¹autre solution que de construire collectivement un point de vue, depuis notre expérience intime des formes d¹emploi flexibles qui se sont développées depuis plus de 25 ans. Dans un secteur productif aussi profitable que l¹industrie culturelle, il est paradoxal d¹entendre dire : « il faut faire le ménage, traquer les abus, réformer le statut, sinon ils le feront sans nous » ; tout se passant comme si nous étions par avance complices d¹un renforcement de la soumission à l¹emploi précaire, comme si tout était déjà perdu. Des millions de poissons précaires seraient en train de pourrir par la tête ? Aussi est-ce par ce canal ­ mais pas seulement ­ que nous avons choisi de continuer d¹agir, histoire de déblayer quelques idées affaiblissantes par des questions utiles à la comprenette. Pour nous, travailleurs précaires de conditions diverses, chômeurs avec ou sans allocation ASSEDIC ou minima, mais aussi « salariés normaux » ou en formation, ne pas ignorer l¹importance de diverses conditions spécifiques d¹emploi ou les particularités des dispositifs sociaux dont nous dépendons ne signifie pas renoncer à une compréhension d¹ensemble. Nous ne nous divisons pas selon les modalités ­ si soigneusement distinctes ­ de reconnaissance sociale et de statut qui font office de (maigre) contrepartie à notre contribution à la production de richesses. Ces hiérarchies absurdes, cette segmentation, ces discriminations innombrables, redoublent l¹atomisation individualisante qui tend à faire de chacun de nous l¹ennemi de l¹autre dans une concurrence sans merci. Nous refusons ce choix invivable et ne voulons pas voir brider la créativité, les formes de coopération qui nous passionnent. Nous avons choisi de nous regrouper autour d¹un constat commun : l¹emploi discontinu, l¹alternance de périodes de formation et de chômage, sont désormais de règle pour une large fraction des salariés. La réussite de la refondation sociale patronale risque de se prolonger par une réforme des retraites qui obligerait à une durée d¹emploi plus longue pour des pensions plus faibles (ou le minimum vieillesse). Négliger le caractère structurant de l¹intermittence de l¹emploi, ne pas inventer des formes de luttes qui lui soient adaptées, serait contribuer à une défaite annoncée. Les coordinations et les occupations à venir devront ouvrir un espace d¹inscription au plus grand nombre, à partir des problèmes les plus concrets. Il semble actuellement plus facile au gouvernement de jouer du « consensus sécuritaire » plutôt que d¹un « refus de l¹assistanat » dont chacun sait ­ y compris les socialistes qui par Jospin interposé l¹ont asséné contre les luttes de chômeurs et précaires  ­ qu¹il engraisse directement les patrons. Mais cette volonté de « prudence en matière sociale » est et sera contredite par ceux mêmes qui la souhaitent. La responsabilité des précaires, et particulièrement des intermittents du spectacle, est d¹ores et déjà engagée dans les conflits qui s¹annoncent. Et qui mieux que les premiers concernés pourrait produire et propager un virus apte à dissiper la technicisation du débat social qu¹on nous oppose ? À cette « complexité », dont on nous abreuve pour nous déposséder encore, répondons par l¹esquive ; à la culpabilisation par la fierté et, comme disait Joe Strummer, la justice viendra sur nos pas triomphants.