[Pap-infos] Surlendemains de joie

From : yotogui@... , the 13th October 2005 08:32
  • 2005-10-13 08:32:12 — yotogui@... - [Pap-infos] Surlendemains de joie

De : "Cip-Idf"  À :  Site internet: http://www.cip-idf.org Bonjour,    Les actions conjointes de jeudi 29 septembre (occupation et AG à   la comédie française et intervention au ministère de la culture) ont   provoqué des réactions vives, parfois houleuses.    Il est difficile de faire une synthèse de tous les débats, de tous   les échanges de mail, de toutes les discussions, qui ont suivi.    Nous publions ici plusieurs messages issus de ces échanges. Ces messages nous semblent poser la question du devenir de cette   lutte et sont les plus à même d'accompagner notre invitation à venir   nous rejoindre pour débattre et agir ensemble suite aux préconisation   de Guillot :     Assemblée de la Coordination des  Intermittents et  Précaires   d'Ile-de-France     Lundi 17 octobre à 19h (accueil à partir de 18h)     14 quai de Charente, 19ème, M° Corentin Cariou Pour poursuivre le débat par  mail vous êtes invités à s' inscrire   sur la liste de débat (où chaque abonné peut publier) http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/cip-idf ----------------------------------------- Surlendemain de joie  ou Pourquoi la journée de jeudi est-elle un espoir pour nous tous ? En 2003, le Medef et la CFDT disent aux intermittents : vous êtes    trop nombreux, vous êtes responsable d'un déficit et il n'y a pas   assez de travail  pour vous tous. Partant de là, ils élaborent un protocole dont les aspects les plus   visibles sont la diminution de la période de référence (11 mois  puis   10 ou 10,5) et la diminution de la période d'indemnisation (8  mois).   C'est une manière un peu trop grossière de s'attaquer aux    intermittents et ils sont nombreux à réagir avec force. Partout s'organisent des manifestations, des blocages, des appels à   la grève. Aujourd'hui, après deux ans de luttes et d'actions (de l'intervention   au Journal Télévisé de France 2 à notre présence au CNPS), tout le   monde le reconnaît : le protocole du 26 juin aggrave le déficit,   accroît les inégalités et incite à la fausse déclaration. Mais LES QUESTIONS DE DEPART, vous êtes trop nombreux, vous êtes   responsables d'un déficit et il n'y a pas assez de travail pour vous   tous, SONT TOUJOURS LA !! Quel était l'objectif de la réunion du 29 septembre ? Le consultant Guillot et les deux ministres ont été clairs : ils   VENDENT au Medef et à la Cfdt un protocole qui a toute l'apparence   d'une victoire pour le mouvement (retour à 12 mois pour la période de   référence, mécanismes  d'indemnisation plus justes, etc.) Mais ces avancées ont un PRIX (et c'est bien là tout le marché qui se   joue entre eux depuis un an) : c'est désormais l'Etat qui va prendre   en  charge la diminution du nombre des intermittents!!! Et cela sera   plus EFFICACE que n'importe quel protocole, non seulement parce que   l'Etat va jouer sur tous ses leviers, mais aussi parce que ces   actions se feront beaucoup plus discrètes et au compte-goutte. Quelques exemples (la liste est longue) en attendant une analyse   collective (nous sommes en train de lire le rapport Guillot) :     -  proposition faite aux partenaires sociaux siégeant à l'Unedic   d'un plan de restriction du champ d'application (qui est intermittent   et qui ne l'est pas) par le biais de la réorganisation ou la mise en   place de conventions collectives étendues (à mettre en place avant   fin 2006 dixit Gérard Larcher),l'accès aux annexes 8 et 10 étant dès   lors assujetti au fait que votre employeur ait signé la convention   auquel son secteur se rattache. ( ces conventions collectives sont, par ailleurs, importantes pour   nous tous. Mais bien souvent celles qui existent déjà ne peuvent être reconnues   par tous nos employeurs, les grilles de salaire établies par ces   conventions ne pouvant être adoptées par les productions les plus   fragiles. Surtout elles seront l’occasion de pratiquer un jeu de   massacre dans le champ d'application). L'autre danger dans cette injonction est que ces restrictions se   feront secteur par secteur (8 en tout : spectacle vivant   subventionné, spectacle vivant privé, audiovisuel, etc.), risquant   d'entraîner une division des mobilisations, et de nouvelles   oppositions stériles entre "technicien" et "artiste",  "spectacle   vivant" et "audiovisuel", etc.     - directives à l'attention de tous les organismes de tutelles du    ministère de la Culture (DRAC, CNC, etc.) en charge de redistribuer   le budget de la culture avec deux missions principales : couper les   vivres à toutes les «  structures indépendantes » qui emploient «   trop » d'intermittents, rediriger les financements à l'attention des   grandes structures publiques ou privées avec obligation pour elles de   restreindre leur masse salariale d'intermittents. -          contrôles renforcés pour décourager les « structures    indépendantes » à poursuivre leurs activités     - etc, etc.     Cette politique est à l'ouvre depuis que Donnedieu de Vabres a    remplacé Aillagon.     Elle va se renforcer, il suffit d'écouter ce qui est dit et de   lire ce qui est  écrit. Par ces mesures, nous sommes pris dans une double tenaille :    réduction du nombre d'intermittents par la restriction structurelle   du champ  d'application et dans le même temps réduction  du nombre    d'employeurs éligibles.     Si on n'est pas capable de comprendre ça, ça va être très clair.   Les partenaires sociaux vont signer un protocole qui satisfera tout   le  monde (ou presque). On rentrera chez nous, on ira travailler, un   peu plus serein .     Et puis dans un an, nous serons 70 000, dans deux ans 60 000 et   dans trois ans 40 000.     Ils auront gagné et on n'aura plus que nos yeux pour pleurer. L'exception culturelle sera de fait un marché culturel aux mains de   grands groupes (des institutions publiques extrêmement contrôlées par   l'Etat aux grandes entreprises privées contrôlées par des actionnaires)     Si on était mille jeudi, c'est parce qu'il y a un énorme malaise.   C'est parce que cette politique culturelle, déjà amorcée, produit des   effets. Si je pense depuis le début avec d'autres, et que je continue   de penser avec d'autres, que cette action au ministère était   INDISPENSABLE et HEUREUSE, c'est pour toutes ces raisons.     Ce que nous avons à dire est toujours aussi important, SINON PLUS. Il n'y a pas de raison non plus pour qu'on rentre dans un faux-  semblant de rapports institutionnels en nous interdisant de déranger là où les choses se   jouent réellement.     AU CONTRAIRE ! Nous nous devons de continuer.     La coordination est constituée de gens qui essayent ensemble de   comprendre ce qui se passe et d'agir EN CONSEQUENCE. Personne n'est   infaillible. Plus nous serons nombreux, plus nous serons tous   responsables de notre destin et plus nous serons en mesure d'obtenir   quelques garanties pour continuer à vivre et à travailler comme on   l'entend.     Discutons de ça, d'autres choses, de notre avenir à tous, et   qu'on décide ensemble quelle suite donner à la journée de jeudi. --------------------------------------------------------    A tous les rabat-joie : voir autrement. Excusez-moi mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas ces réactions en chaîne et ces montées au créneau   sur l'action d'hier, sur ce que serait la CIP, ce qu'elle devrait   être et ce à quoi elle devrait se conformer. Je ne comprends pas ce que vous vivez. Je ne comprends pas pourquoi cet outil de lutte qu'est la CIP,  vous   y projetez tous vos vieux fantasmes de grands soirs, de conspirations. Il s'agit juste ici de petits matins, de petits matins vivifiants qui   redonnent de l'air et du sourire. Du courage pour continuer. Comment ne pas voir ça, comment ne pas comprendre que si nous   obtenons quelque chose dans ces nouvelles négociations ce ne sera que   parce qu'un rapport de force réel, concret sera de nouveau institué,   ce que nous avons perdu depuis des mois. Oui, le rapport de force institutionnel existe, mais une fois qu'un   accord de merde aura été signé, parce qu'on aura pas été mis au   courant des  dernières malversations, on pourra toujours se bouffer   les doigts. Et gueuler "Abrogation" pendant trois ans. S'il n'y a pas la menace et une force un peu massive et déterminée   nous allons être doucement menée en barque jusqu'au naufrage. Tous   les moyens sont bons. En quoi perdons nous la moindre crédibilité dans cette action. Au   contraire. C'était quoi le mot d'ordre " pas de négociations sans les premiers   concernés". Nous avons littéralement acté cela. Accord en parole et acte. Nous sommes là. Basta. Et nombreux. Nous ne sommes pas invités par la grande porte on passe par la    petite. On dépose nos billes. On est vivants, bordel. On va pas attendre que notre sort se décide en faisant la moue, des   courbettes, ou le pied-de-grue. Nous sommes une menace. En agissant. De cette façon, aussi. Si nous ne nous sommes  plus une menace dehors, dans la rue,  partout   où nous travaillons, tout ça c'est du vent. C'est simple, non ? Cette double action qui s'est déroulée joyeusement à redonné du    courage. Dans la salle beaucoup qui étaient avec nous. Pas de conflit   de ce côté-là, des gens qui en ont marre de se laisser mener en   bateau, qui ont envie de prendre le large, de plus se faire humilier   chaque jour, de plus voir les gens qui habitent à côté de chez eux se   faire expulser. Aussi. Qui disent que ça va mal. Qui manipulés ? Où ? Tout le monde attend qu'on prenne tout en charge. On nous a même reproché notre frilosité ou manque de radicalité. Vous voyez... Notre crédibilité est grande autant dehors, que dedans, de quoi    avons nous peur ? Il est bon que les députés, que la CGT s'énerve un peu, en général ça   rend plus offensif. Les choses se passent en présence, nous étions une bonne vingtaine    au moment où cette double action a été évoquée. Cette vingtaine   correspond au nombre "d'actifs" à la CIP en ce moment. On avait envie   de "rentrée" nous  aussi, d'un truc qui donne sens au recommencement,   au quotidien et le quotidien c'est quoi :     - le règlement de dossiers de centaines d'intermittents     - tracter     - appeler à une mobilisation alors que les syndicats   représentatifs n'estiment pas nécessaire de le faire     - appeler la presse     - répondre à la presse     - construire la publication du travail d'enquête     - maintenir la vie d'un lieu, d'une pensée, qu'elle reste active,   ne se referme pas sur ces propres spécialisations     - produire des textes nouveaux, d'analyser des textes     - écrire les tracts     - écrire les communiqués     - photocopier des tracts     - aller chercher des tracts     - trouver une voiture     - rédiger un communiqué      - acheter à manger     - faire à manger     - faire la vaisselle     - répondre aux appels     - s'informer sur les contrôles     - faire le ménage     - faire la banderole     - trouver la camionnette     - s'apercevoir que le générateur est cassé, trouver un KILOUTOU    pour être quand même à l'heure     - assurer la permanence juridique pendant des heures     - préparer des réunions     - assister aux réunions     - réparer les chiottes bouchées     - appeler le monsieur qui tue les cafards     - faire les comptes     - rendre des comptes     - fabriquer des outils     - trouver du fric     - accueillir     etc, etc, etc... Personne ne s'en plaint. La politique, quoi. Il fallait voir ce jour la joie, le bonheur de tous ceux, les amis,   qui tiennent haut et fort, qui sont là, tous les jours, debouts, qui   n'ont pas renoncé malgré les cernes. " NOUS NE SOMMES PAS SEULS, tout ça c'est pas du vent, c'est là." Les bonheurs sont éphémères. Ces retours c'est non seulement nécessaire, mais vital. Rien que pour ça, cette action reste une belle action. Et vous, comment ça va ? Comment vous vivez ? ------------------------------------------- Pour ma part je considère, jusqu'à plus ample échange collectif   argumenté, que le rapport Guillot est destiné à préparer une réforme   qui sera mauvaise, évidemment plus économique que le protocole   actuel, avec un verrouillage du périmètre et une éventuelle "mesure   sociale d'état" pour pallier en parties les évictions de l'unédic ;   sous couvert de "déminage", cet expert est simplement l'ingénieur du   gvt, son but est d'arriver à une viabilité économique du secteur (pas   de ses salariés ou structures) et dont  l'enjeu essentiel est   d'arriver à  bidouiller un consensus suffisant entre les partenaires   sociaux et le gvt. Par nos actions et propositions nous ne nous sommes pas battu pour un   autre calendrier que celui de l'abrogation. Après 2 ans et demi,    celle ci a lieu dans le cadre de la "négociation" du régime   d'assurance chômage. Le contenu de celle-ci ne relèvera pas   simplement de l'intelligence ou de la ruse, mais des forces qui   l'imposeront ou non. L'événement d'hier est d'avoir été un bon   millier et de retrouver enfin en partie cette puissance potentielle   que détermine des assemblées de lutte,  ce  que le mouvement n'avait   pas connu depuis de très nombreux mois. Lorsque cette mobilisation du 29 a été proposé la cgt spectacles   n'était pas seule à douter de la possibilité (de l'utilité ?) d'une   mobilisation et hier, y compris parmi ceux avait soutenu ce pari   politique, la surprise a  souvent été forte. Quand à l'interruption de la réunion, le seul dommage c'est que nous    n'étions pas suffisamment coordonnées pour que les 500 présents qui    pouvaient accéder au ministère l'aient fait. La question n'est pas   d'être ou non reçus dans un coin, même doré, après les autres. Si la CGT a fait une erreur en laissant au seul SFA-IDF le soin   d'appeler au rassemblement et en n'intégrant pas à leur délégation   d'autres participants du mouvement, nous n'avons en aucun cas à     nous laisser culpabiliser. ------------------------------------------------------    bonjour, Je ne devrais peut-être pas m'immiscer dans ce débat sur la lutte à   mener en ce qui concerne l'intermittence. je n'ai pas lu le nouveau modèle. Je ne vais jamais au théâtre non plus. Par contre j'étais dans l'action de jeudi et ça restera pour moi un   souvenir important. je suis rmiste et ça fait quelques mois que je fais des choses  avec   des gens de la coordination. Des choses? Des diffs de tracts dans   les  assedic, des petites occupations contre la politique d'insertion   de la mairie de  paris, une interpellation du directeur de l'anpe. Au départ très méfiante vis à vis des intermittents, parce qu'il me   semblait que leur appel aux chômeurs et précaires était purement de   circonstance, et disons le franchement que la plupart se fichaient   bien du fait que leur statut soit élargi aux autres, j'ai découvert   qu'il ne s'agissait que d'une partie de la réalité et qu'il était   possible de construire ensemble des résistances et un discours contre   la  précarité.   Je ne maîtrise évidemment pas le détail de vos négociations: cela     dit j'ai constaté de visu la prise au dépourvu de deux ministres,   de   syndicalistes de salon face à cette entrée intempestive. Bien   que rétive   habituellement à toute forme de représentation, il m'a   semblé que ce jour là le slogan   "présence des chômeurs et précaires   partout ou se décide leur sort » prenait tout   son sens. Je ne pense pas qu'une telle démonstration de votre force puisse     nuire en quoi que ce soit à l'obtention de résultats concrets. Ce qui aurait pu nuire, c'aurait été une manif plus petite et une   triste dispersion à la fin. Quant à l'annulation du spectacle, ce soir nous étions quelques uns à   la nuit blanche de delanoe: à un moment nous sommes intervenus au   mégaphone devant une sorte d'attraction, un écran géant ou défilaient   des décors   d'hôpitaux. De jeunes artistes nous ont reproché de nous   attaquer à la culture , de tout mélanger et de se tromper de cible. Je pense moi, qu'il est temps d'interrompre le spectacle pour de     bon, à la comédie française et ailleurs. Je ne suis pas une barbare   au point de   vouloir empêcher que se joue du Racine ou autre chose,   simplement, cette   action a été pour moi (et pour pas mal d'autres   chômeurs présents, je pense), ma première visite à la comédie   française, et aussi ma première rencontre avec deux ministres. Ce sont des choses qui inciteront des chômeurs à venir sur d'autres   actions  de la cip mais aussi à continuer le débat. Cela ne semble   peut-être pas très important maintenant, parce que les chômeurs c'est   vrai sont loin d'être des masses à se mettre dans l'action   collective, mais sincèrement dans le contexte actuel, quel que soit   le nombre   d'endroits ou vous êtes représentés et accueillis, je ne   crois pas que vous puissiez gagner des droits seuls et les conserver   bien longtemps. Nous n'avons pas d'autre choix, quelles que soient nos spécificités   et nos réticences réciproques que de faire un bout de lutte ensemble   et   cette action , c'était aussi un peu de ça . Bon courage --------------------------------------------------- Il me semble que la journée d'hier a dépassé largement les prévisions   et les attentes des uns et des autres. Qu'entre autres choses, plus de mille personnes se soient rassemblées   place du Palais Royal, qu'une AG de plus de 300 personnes se soit   tenue à la Comédie Française, que la cip-idf se soit peut-être   laissée entraînée par ses hypoténuses et se soit invitée à une   réunion où elle n'était pas conviée, entre l'Etat et les partenaires   sociaux  sur la question de la réforme des 8 et 10, bon, en deux ans   et demi de lutte, 30 mois(!), nous avons les uns et les autres   partagés suffisamment  de propositions et de doutes, parlant de lieux   très différents, prenant chacun notre part à cette forme politique   singulière qu'est et demeure la Cip-idf, pour savoir que oui, sans   doute, dans l'action, il y a forcément des risques, des périls, des   écueils, des ratages, des trouvailles, des désaccords, des colères,   mais que c'est aussi un lieu, parmi d'autres, où elle s'invente et se   construit... Je ne peux m'empêcher de voir dans cette folle journée, et cette   forte mobilisation, une grande bouffée d'oxygène et d'espoir pour   ceux qui persistent à porter à bout de bras les propositions de la   coordination, tâche d'autant plus difficile qu'ils étaient devenus   peu nombreux ces derniers mois, et que le travail, d'expertise   notamment, est devenu immense. Journée d'autant plus décisive que je ne vois pas vraiment, en dehors   d'une forte mobilisation, voire d'un nouveau mouvement, donc, de la   création d'un rapport de force favorable, comment les uns et les   autres pourront être contraints à quoi que ce soit - c'était   d'ailleurs bien le sens des propos de Debré en juin non? - (j'imagine   que le soutien des parlementaires UMP ne se gagnera pas uniquement   sur le bien-fondé de nos propositions). Par ailleurs, ridicule ce chantage sur le CNPS: "Alors piske c'est   ça, la cip-idf ne sera plus invitée" Pour quelle raison ? Avons nous   été invités au CNPS parce que nous étions gentils et que le Ministre   nous trouvait polis, sympathiques et de bonne compagnie ? ou pour   d'autres vraies raisons, politiques notamment ? Je ne comprends pas non plus la vision candide qui consiste à croire   que le Medef et la Cfdt étaient sur le point de tomber dans un piège   bien ficelé, mais qu'ils se sont enfuis, effarouchés par les bruits   de la cip-idf?  Et que donc à présent, il va falloir leur faire des   tas de courbettes et de concessions pour qu'ils acceptent de venir se   croiser les jambes sousune table de négociation ! Mais c'est une blague ! Une réforme qui concerne plus de 110 000   personnes ne se joue pas sur des minauderies ou des stratagèmes   malicieux! Aillagon, n'est pas parti parce que c'est un vilain garçon! Il a été   contraint de céder sa place à RDDV suite à un mouvement social qu'il   a politiquement mal géré, certes, mais suite à un mouvement dont   l'ampleur, la durée et l'inventivité lui ont complètement échappées! RDDV, parce qu'il est plutôt malin, et qu'il bénéficie de   l'expérience malheureuse de son camarade décide d'aborder le dossier   autrement : il finit par nommer un médiateur expert, « maïeuticien »,   de son propre aveu, qui doit permettre aux uns et aux autres   d'accoucher d'une réforme des 8 et 10 viable et pérenne. Mais les choix, arbitrages et réformes se feront dans le cadre des   rapports de forces qui les accompagneront! Alors c'est totalement logique et compréhensible que du lieu où ils   se trouvent, députés, sénateurs, ministres, conseillers, (tous   largement UMP), Medef, CFDT, condamnent les éruptions volcaniques de   la cip! Ils ne peuvent que réagir négativement à un  regain de mobilisation,   et aux exigences répétées de la coord, là où RDDV notamment, aurait   sans doute préféré finaliser ce dossier tranquillement, sans vague,   et quel qu'en soit le prix à payer pour les intermittents, puisque   son intérêt bien compris sur ce dossier est aussi d'accroître son   capital politique et d'asseoir définitivement sa nouvelle virginité.   – ce qui n'exclut pas une réforme acceptable, bien entendu,  mais qui   ne la garantit pas non plus ! L'AFT, Guillot qui vient Quai de Charente, mandaté par RDDV, évoquer   nos propositions, le comité de suivi, le projet de PPL, l'expertise   Pollen, les résultats et rapports de la première expertise Guillot,   et pour finir, hier, la présence, au Ministère de la Culture, de   Larcher, Guillot et des partenaires sociaux, dont Medef et Cfdt, constituent en soi, politiquement et médiatiquement,   voire concrètement, des remises en question du fonctionnement actuel   et de la gestion de l'UNEDIC, de son cadre, de son financement et de   la représentativité des partenaires sociaux. Il n'y a pas de grand   soir, il y a notamment une exigence de réforme de l'UNEDIC que nous   formulons et argumentons chaque jour par les actions multiformes que   nous engageons depuis le 26 juin 2003 !