[Pap-infos] APPEL AU BLOCAGE DU FORUM CULTURE POUR CHACUN : LE 4/02/2011 A 8H30

From : precairesassocies@... , the 29th January 2011 16:24
  • 2011-01-29 16:24:28 — precairesassocies@... - [Pap-infos] APPEL AU BLOCAGE DU FORUM CULTURE POUR CHACUN : LE 4/02/2011 A 8H30

RASSEMBLEMENT LE 4 FEVRIER A 8H30 DEVANT LA GRANDE HALLE DE LA VILLETTE APPEL AU BLOCAGE DU FORUM CULTURE POUR CHACUN Le 4 février prochain, le ministre de la Culture a convoqué une grande messe pour célébrer son projet de Culture Pour Chacun (CPC) supposé définir les orientations du ministère de la Culture pour les trois ans à venir. Pendant ce temps-là :   Le protocole de 2003 reconduit en 2007 continue de nous précariser.   La baisse des subventions publiques et le désengagement de l¹État dans les politiques culturelles détruisent les outils de production de la culture.   Les réformes du financement des collectivités territoriales interdisent aux principaux financeurs de la culture de poursuivre leurs actions.   L¹application de la RGPP et la création du Comité pour la création artistique de Marin Karmitz minent et décrédibilisent sciemment l¹action du ministère de la Culture. Nous refusons de participer à des discussions qui ne visent qu¹à occulter ces faits. Le moment est venu d¹inverser ce mouvement. La culture, qu¹elle soit prétendument « pour tous », « pour chacun » ou « partagée », ne sera en fait pour personne tant qu¹elle s¹inscrira dans la continuité de cette politique. Soyons nombreux le 4, si nous ne voulons pas nous retrouver en très petit nombre plus tard. Rassemblement le 4 février à 8h30 devant la Grande Halle de la Villette. ******* Qui a peur de la Culture de tout un Chacun ? « - La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu¹ils veulent dire. « - La question, répondit Humpty-Dumpty est de savoir qui sera le maître. Un point c¹est tout. »  (Lewis Caroll - Alice au pays des merveilles) Le programme d¹action intitulé Culture Pour Chacun (CPC) publié en novembre par Le ministère de la Culture et de la communication propose des dispositifs « dont la portée structurante restera inscrite dans la longue durée, bien au delà de 2013 ». C¹est dire son ambition. Sa publication a suscité une volée de réactions indignées - plus ou moins pertinentes ou lucides - de la part des acteurs de la culture. Devant le tollé provoqué par ce programme d¹action et de perspective le ministre a publié un second document démentant piteusement et le constat, et les solutions proposés par M. Lacloche, auteur de la Culture Pour Chacun, devenu donc Culture pour tous, culture pour chacun, culture partagée. Le but de ce tête à queue est de faire en sorte qu¹une grande messe médiatique prévue pour présenter ce programme le 4 février prochain à la Villette se déroule devant un parterre apaisé. La Coordination des Intermittents et Précaires d¹Ile-de-France souhaite qu¹il n¹en soit rien, et appelle chacun à agir pour que cette réunion sonnant le glas de la culture ne puisse pas avoir lieu comme prévu par ses organisateurs. La CPC, n¹est pas un texte isolé, écrit nuitamment par un Bartleby de la rue de Valois, malencontreusement mis en ligne. C¹est un lapsus du ministre de la Culture, l¹expression de ce que pensent profondément les politiques qui nous gouvernent. S¹il a choqué la nomenklatura culturelle, c¹est parce qu¹il est écrit dans sa langue, la langue technocratique, et qu¹il lui donnait enfin à comprendre ce qui était déjà explicite dans la lettre de mission du Président de la République à sa ministre de la Culture en 2007. Le constat sur la démocratisation culturelle se retrouve dans les deux documents : « Celle-ci a globalement échoué parce qu¹elle ne s¹est appuyée ni sur l¹école, ni sur les médias, et que la politique culturelle s¹est davantage attachée à augmenter l¹offre qu¹à élargir les publics. » (M. Sarkozy le 01/08/07) « D¹une certaine manière, le véritable obstacle à une politique de démocratisation culturelle, c¹est la culture elle même. » (M. Lacloche 09/10) Et ce dernier de stigmatiser les productions culturelles sous le vocable infâmant d¹intimidantes. La nature perverse du texte est dans son usage matois, prétendument neutre, ¦uvre d¹un fonctionnaire du service public, d¹une rhétorique du ressentiment devant laquelle il faut faire retour sur soi-même pour ne pas se laisser aller. Certes la décentralisation, si elle a rapproché les théâtres des spectateurs, a aussi créé beaucoup de baronnies locales qui exercent sur les productions artistiques un contrôle parfois pesant. Trop souvent le peuple (à supposer qu¹il existe) a été considéré comme devant être culturellement éduqué par de bons livres, de bons spectacles, de bons films, plutôt qu¹appelé à s¹émanciper par lui-même. Enfin, oui, comme le disait M. Vitez lorsque les ouvriers vont au théâtre c¹est quand ils le construisent. Bref, on ne saurait considérer la démocratie culturelle comme une victoire passée, mais un combat de chaque jour encore à mener, avec un personnel politique de droite comme de gauche qui déserte hélas, depuis des années ce champ de bataille. Il importe donc dans nos réponses, non pas de défendre ce qui a été fait depuis 40 ans comme intangible et indiscutable, en nous arc-boutant sur la défense de nos acquis -le pouvoir d¹achat de la subvention - mais de nous interroger sur les politiques culturelles que nous voudrions, dans les faits, promouvoir. Quel rôle le Président de la République, le ministre de la Culture, l¹auteur de la CPC donnent-ils à la culture ? C¹est d¹abord et avant tout une culture dont les acteurs essentiels sont devenus les médiateurs, les prescripteurs, les programmateurs, les commissaires. C¹est une culture où les artistes, les techniciens, les intermittents sont ignorés. Chacun de ces auteurs semble soit ignorer le mot artiste (dans le programme de la CPC le mot art n¹apparaît qu¹une fois), soit déplorer leur trop grand nombre : « Vous lutterez contre les abus au régime d¹indemnisation des artistes et techniciens du spectacle et inciterez les partenaires sociaux à limiter l¹accès à ce régime aux professionnels et fonctions qui le justifient » (M. Sarkozy). La culture pour eux est d¹abord et avant tout une question de programmes dans tous les sens du terme : programme de gouvernement, programme d¹investissement, programme de communication, programme éducatif, programme d¹ordinateur, programme internet, programme de théâtre ou de chaîne télévisée. La culture est un problème de tuyaux qui permettent de réguler, diffuser, contrôler la distribution de produits artistiques. La CPC, c¹est une usine à gaz distribuant les productions de l¹industrie culturelle privée sous les lunettes de planificateurs Brejnéviens. C¹est aussi une culture qui obéit avec une conviction aveugle à la doxa néo-libérale. Chacun est considéré comme un consommateur isolé, attaché à son ordinateur où il se régale de culture numérique. De là, il règle par carte bleue ses achats culturels, et n¹est invité à sortir de chez lui que pour participer à des modes de consommation démocratisés par des rendez-vous festifs et populaires, susceptibles d¹être des ferments de cohésion sociale. La culture est appelée à faire preuve de son utilité, c¹est à dire à être instrumentalisée politiquement, pour ravauder un tissu social décousu par les politiques libérales mises en ¦uvre depuis des années. Les auteurs de la CPC sont des gens qui ont très peur du conflit, de la dialectique, voire simplement du dialogue. Comment qualifierons-nous une culture agglomérant le corps social unifié partageant les mêmes valeurs qu¹appelle de ses v¦ux M. Lacloche ? La CPC se veut populaire. Nous la croyons populiste. D¹abord dans son bon gros usage de la dénonciation des élites culturelles et aussi dans son appel à la prise en compte des pratiques culturelles spontanées qui vont, on le comprend, du Hip-hop pour les habitants du 93 aux pastorales pour les provençaux. On remarquera que les productions populaires semblent imaginées en tant que folklore fixé une fois pour toute, indexé à une population précise, et jamais en terme de contre-cultures inventées au jour le jour par des groupes susceptibles de s¹auto-organiser. Au fond, il s¹agit d¹occuper le peuple. Soit par l¹encadrement de pratiques locales, confinées dans l¹espace, dans leur public et sans financement. Soit par des manifestations de prestige consacrées à des artistes morts de préférence, où le même peuple est invité à se rendre en sages processions admiratives. La culture, la vraie, et l¹art, le vrai, pratiqués par de vrais artistes, (surtout pas intermittents) sera lui réservé à des élites qui pourront l¹admirer dans des fondations privées, ou dans les rares lieux de l¹excellence artistique où seront concentrés les moyens du ministère de la Culture. Car si on veut dissoudre le vernis de semi vérités, de rétractations, de fausses confidences, dont sont confits les discours de nos gouvernants, il suffit d¹observer leurs choix budgétaires. Quiconque travaille dans des théâtres, des plateaux de tournages, ou sur d¹autres lieux de la production artistique, sait que le financement de la culture est en baisse et particulièrement dans les domaines prétendument prioritaires par les auteurs de la CPC : par exemple pour le travail en zones sensibles, prison, hôpitaux, quartiers périphériques, mais aussi pour les projets atypiques, hors cadres, hors institution. Tous les fonctionnaires du ministère de la Culture peuvent constater les dégâts occasionnés par les coupes budgétaires et l¹application aveugle et idéologique de la RGPP. Tous ceux qui ont pour charge de boucler des budgets entendent les plaintes des responsables des collectivités locales (principaux bailleurs de fond de la culture) qui voient leurs ressources diminuer au gré des décisions prises par ce même gouvernement qui prétend poursuivre la décentralisation. Bref, ce document sensé préciser les orientations du ministère de la Culture pour les trois prochaines années et au-delà, et initier un mouvement irréversible, est d¹abord et avant tout un faire-part de décès du ministère de la culture promis à une euthanasie active sous le regard goguenard des malins ayant rejoint le comité Karmitz et des nouveaux censeurs, les délégués de la CPC, les commissaires politiques venus superviser dans chaque DRAC l¹octroi des subventions en accord avec les principes de la Culture pour Chacun. Quelle est la rage dont est atteinte la culture pour qu¹ils veuillent tant l¹abattre ? Ce mal a eu un visage terrifiant pour eux en 2003 avec la crise de l¹intermittence. En effet, la possibilité pour un nombre croissant d¹artistes et de techniciens d¹ouvrir des droits sociaux aux annexes 8 et 10 a ouvert des possibles qui n¹étaient alors ni imaginés, ni voulus par les partenaires sociaux, les ministres successifs de la culture, ou même par les principaux intéressés. Des milliers d¹artistes qui connaissaient la précarité ont pu enfin ouvrir des droits sociaux et se projeter dans un avenir où ils pouvaient vivre de leurs pratiques. Ils ont aussi pu s¹affranchir partiellement de l¹imprimatur des choix forcément arbitraire de l¹octroi des subventions. Ils ont inventé des formes de travail susceptibles de contourner les formes jusqu¹alors intangibles de la subordination salariale. Bref, l¹intermittence a permis à des dizaines de milliers d¹individus d¹expérimenter la pratique d¹une culture qui n¹était plus pour tous ou pour chacun, mais enfin par tous et par chacun. Le déficit qui horrifiait les dirigeants du Médef, le gonflement des effectifs des intermittents qui allait immanquablement les entraîner dans une précarité grandissante prophétisée par les Trissotins mandatés par la CFDT, les faux artistes autoproclamés qui dévalorisaient le travail des vrai professionnels : personne ne voulut y voir un désir d¹expression, d¹émancipation montant d¹une partie croissante de la société. Car qui a inventé, pratique, et vivifiera encore la démocratisation culturelle ? Des individus, des équipes qui, surtout en province, ont essaimé leurs utopies sur tout le territoire. Ces aventures artistiques (troupes de théâtre, cirques, associations de production vidéo, collectifs de théâtre de rue, groupes de musiques, compagnies de danse et tutti quanti) ont pollénisé le territoire. Certaines se sont métamorphosées en institutions, d¹autres ont continué sur des chemins de traverse. Peu importe. Un modèle alternatif à la Culture (avec un grand K) était apparu. Ce modèle échappait aux experts, aux politiques, aux lois de l¹économie libérale. Une politique culturelle ne peut, comme le font les politiques de droite comme de gauche, faire l¹impasse sur ce fait. Il est massif. Il est ancré dans l¹histoire. Il est têtu, comme en témoigne la remarquable longueur du conflit de l¹intermittence. Ce portrait de l¹artiste en intermittent de l¹emploi, susceptible de s¹assembler librement en groupe artistique ou politique est l¹image en négatif exacte du producteur asservi et du consommateur culturel passif rêvé par le ministre de la Culture. C¹est son cauchemar. La question n¹est pas de savoir si la culture doit être pour tous, pour chacun ou partagée, voire les trois. La question est de savoir comment dans les années à venir sera entendu, diffusé, rémunéré, ce désir d¹expression et d¹émancipation de la société, comment enfin sera reconnue la culture fabriquée par tout un chacun, par tous et par chacun. Ce n¹est pas uniquement la question de la démocratie culturelle qui se pose. C¹est celle de la démocratie tout court. ************* Unedic : Pour une juste et équitable indemnisation des saisonnier http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5513 Intermittence, discontinuité, travail spasmodique. Chronique mathématicienne. http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5511 JEUDI 3 FÉVRIER Projection de l¹atelier Kino-A, à partir de 19h pour préparer à manger, et à 20h pour la projection qui est suivie d¹un souper-débat. Cette initiative vient de la volonté de montrer des films qui ont un rapport sensible   avec le monde, et qui, plutôt que d¹offrir des réponses toutes faites sur l¹injustice et l¹oppression, proposent des pistes de réflexion et d¹analyse. Les fictions et documentaires que nous aimerions partager posent des questions de fond, nous semble-t-il, qui ont une résonance dans nos vies individuelles et collectives. En inscrivant les luttes dans le temps, ils permettent la réappropriation de l¹horizon des possibles. Jinroh de Hiroyuki Okiura La Ville de Paris veut expulser la coordination  . Ripostons. Préservons cet espace d¹auto-organisation et d¹activités. Inventons un lieu d¹après. Contribuez à la suite : € faites connaître et signer en ligne : Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde  € indiquez à accueil@cip-idf.org   un n° de téléphone afin de recevoir un SMS en cas de besoin. Nous refusons que tout au long de la vie la durée d¹emploi gouverne nos existences et les soumette toujours plus au commandement de l¹argent Pour ne pas se laisser faire : € Intermittence du spectacle, permanence CAP, Conséquences de l¹Application du Protocole Unedic : cap@cip-idf.org  € Permanence Précarité : permanenceprecarite@cip-idf.org Lundi de 15h à 18h, à la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de charente, Paris 19e, M° Corentin Cariou, ligne 7, Tel 01 40 34 59 74