[Pap-infos] Proposisions - intro

From : commission_propositions@... , the 25th July 2003 21:56
  • 2003-07-25 21:56:39 — commission_propositions@... - [Pap-infos] Proposisions - intro

Hello ! Voici le texte introductif à la plate-forme pour un nouveau modèle. Texte à soumettre au débat, puis au vote à l'AG et à la rencontre public de la commission le lundi 28 à 14h ; Salle Olympe de Gouge Propositions pour un nouveau modèle d'indemnisation des salariés intermittents. Les métiers des artistes et des techniciens des spectacles et de l1audiovisuel sont par nature précaires - précaire : dont l1avenir, la durée ne sont pas assurés, petit Robert. Réorganisée au sein des annexes 8 et 10 de l1Unédic, l1intermittence tente de pallier cette précarité en introduisant une continuité de nos salaires dans la discontinuité de l1exercice de nos métiers.  Elle offre un revenu compensatoire pour tout le travail de l1ombre, partie engloutie de l1iceberg, qui n1émergera qu1une fois le travail présenté ou abouti. La mise en place de ce système original a permis jusqu1ici le maintien et l1émergence d1une culture multiple et indépendante dans notre pays. Le protocole d1accord - nous pas d1accord - du 26 juin dernier, en cours d1agrément par le gouvernement, vide de toute sa substance la nature même et les buts premiers de ces anexes mises en place en 1964 et 1969, sans rien résoudre de leurs dysfonctionnements. Il prétend au nom d1une logique comptable écarter de ses rangs près d1un tiers de ses ayant-droit dans un premier temps, souvent les plus fragiles, ceux-là même pour qui ce statut avait été inventé. Dans le même temps, il rend plus difficile son accès aux entrants sur ce marché de l1emploi, qui ne bénéficieront plus du temps nécessaire pour se former, s1associer, élaborer des projets. Ils enterrent les intermittents au nom du « sauvetage » de leur régime d1assurance-chômage. Autant dire qu1ils raniment un mort qu1ils ont eux-mêmes tué. Nous affirmons que nous ne sommes pas seulement une force de blocage mais surtout une force de propositions. Nous ne nous battons pas pour le maintien des annexes 8 et 10 en l1état. Nous pensons que des améliorations doivent être apportées et nous travaillons à ces améliorations. Mais l1entreprise est plus large encore. Nous réaffirmons que les annexes 8 et 10 pourraient offrir un modèle de répartition générateur de richesse culturelle et sociale. N1est-il pas symptomatique qu1au moment même où l1emploi continu devient l1exception  et l1emploi discontinu la règle, ce régime qui aurait pu constituer un modèle de référence pour d1autres corps de métiers et catégories de précaires, soit systématiquement battu en brèche par le Medef, les syndicats signataires, et le gouvernement, plus occupés à gérer la dérégulation du travail et des protection sociale qu1à offrir des garanties face à la discontinuité de l1emploi. On pointe sur nous le doigt accusateur d1un déficit conséquent. Si ce déficit est une réalité, les chiffres annoncés sont sujet à caution et leur interprétation itou. Pourquoi stygmatiser un déficit quand on sait que les seules cotisations salariales et patronales sont inaptent à couvrir le cout des indemnisations ? Le seul paramètre comptable ne peut répondre de la réalité du secteur culturel. On nous a accusé d1avoir un coût. Suite aux mouvements de grève en Avignon et dans d1autres festivals, nous pouvons maintenant nous enorgueillir d1avoir un prix, puisque nous avonc démontré que les richesses engendrées par notre activité s1étendaient bien au-delà de la seule sphère culturelle (richesses induites). Mais quand bien même nous ne rapporterions pas ce que nous coûtons, faudrait-il nous intenter un procès en productivité ? La culture, comme la santé ou l1éducation ont un coût. Un coût élevé, comme on dit d1un sentiment qu1il est « élevé ». Une partie de la richesse que nous produisons est inquantifiable (production de langage, d1affects, de relationsS), dont le bénéfice s1étend bien au delà de notre sphère d1activité. Face à un gouvernement qui prétend défendre l1exception culturelle à moins qu1il ne se batte pour la culture de l1exception, au profit d1un nombre toujours plus restreint d1entre nous, nous affirmons la nécessité : - de nouvelles sources de financement des allocations-chômage, prenant en compte l1ensemble des richesses produites, marchandes ou non marchandes, induites ou immatérielles. Le recours à des prélèvements fiscaux doit venir élargir l1insuffisante assiette des cotisations. - d1un mode de représentation associant Etat, syndicats confédérés ou non, employeurs et usagers du secteur, à travers les structures qu1ils se sont données. - dans le cadre maintenu d1un système d1assurance-chômage interprofessionnel, de la mise en place d1un système de calcul de l1indemnisation plus juste et soucieux de solidarté au sein même de nos professions. - d1ouvrir les fruits de notre réflexion à d1autres catégories de salariés et de précaires.