[Pap-infos]Euromayday à Limoges

From : precairesassocies@... , the 7th May 2006 10:18
  • 2006-05-07 10:18:15 — precairesassocies@... - [Pap-infos]Euromayday à Limoges

http://www.maydayfr.org/ Parade réussie pour le premier mayday, à Limoges. Soixante à quatre   vingt personnes au rdv fixé pour le départ. Beaucoup plus au fur et à   mesure de l'avancée du défilé et en tous les cas une grosse visibilité tant au   niveau de la rue qu'au niveau médiatique (presse écrite et audio-visuelle).   L'objectif de rendre visible les invisibles, de ce point de vue là,   a été atteint et l'envie existe réeellement d'approfondir cet espace qui   vient de s'ouvrir plus fortement.   Le défilé s'est constituté progressivement, devant les Halles. Du   matériel   avait été installé afin que chacun puisse confectionner son mode   d'intervention : maquillage, friperie sous forme de zone de gratuité,   pancartes en forme de silhouette sur lesquels on pouvait coller des bandeaux : "le plein emploi ne passera pas par moi", "cdi   aujourd'hui, dcd demain", "crs, sous l'uniforme, tu reste un chômeur", "Soyons   réalistes, inventons   les possibles", "Vivre me prends tout mon temps", etc. Celles et   ceux qui ne trouvaient pas leur compte pouvait confectionner leur pancarte   avec des marqueurs. Au milieu de la place, San Precario, vautré dans un caddy.   Non loin de là, la CRS (Chorale des résistances sociales), la chorale d'AC! Limoges répète les chansons du jour, écrite lors des actions   précédentes de San Precario. La toute nouvelle Brigade d'action clownesque (BAC)   affirme sa présence. Le drapeau "Des épinards, pas du labeur", qui flottait sur la maison ouverte lors d'une manif contre le CPE, est accrochée à un   autre caddy. Le défilé part alors, en chansons. Première station devant un Quick, dont les employés travaillent en ce jour qui se veut férié. Voyant un soudain afflux de clientèle potentiel, le restaurant finit rapidemment d'ouvrir, puis le gérant   réalise   que ça n'est pas vraiment de la clientèle, referme l'établissement,   aussi vite, réalisant qu'il pouvait bien se faire trasher. Une prière est   dite et la procession reprend son trajet vers le départ de la rituelle manif syndicale. Là notre arrivée n'est pas passée inaperçue et même pour les participants de la parade, c'était très impressionant de voir toutes ces personnes, tous ces regards dirigés sur nous, regards interrogateurs, regards amusés, mais aussi regards approbateurs, comme si les   préoccupations que nous affichions rencontraient d'autres préoccupations, non prises en compte par les appareils dont la place est bien balisée dans de tels   manif et dont les discours sont si convenus et bornés (dans tous les sens du terme). C'est à ce moment là que notre défilé a commencé à grossir.   Tantôt dans la manif, tantôt à part. La volonté de faire exister la manifestation comme espace d'action, de production de sens et de création formelle a réellement permis   l'adhésion de beaucoup d'individus, du militant syndical aux démobilisés en passant   par les soi-disants non-engagés. Là aussi l'action du mayday, en elle-même, a remis en cause un certain nombre de frontières, ponctuée par les prêches du grand prètre de   l'Eglise de la très sainte consommation, les impro fort à propos des clowns, les distributions de tracts, la zone de gratuité poursuivant son chemin expérimental, grâce aux caddies, et rencontrant un certain succès, les chants de la chorale, bien repris par les participants, les slogans.   Notre arrivée a même été applaudie par certains manifestants non encore   dispersés de la manif syndicale. Un des caddy a ensuite été brûlé, avec une bonne partie des pancartes, révélant tout d'un coup tous les   barreaux qui le composent et qui nous enferment dans de multiples comportements formatés (peut-être, j'extrapole mais c'est ce que j'ai   pensé à ce moment-là). Apparemment, les flics nous attendaient vers la   maison qui avait été occupée précedemment et qu'ils avaient alors évacué avec dilligence mais nous sommes allés de l'autre côté, prendre l'apéro et   manger ensemble avec une partie des participants à la parade. Ensuite, nous   avons assisté à des projections de films. Le tout s'est terminé par une discussion.   Christophe