[Pap-infos] Gens du vivier des disponibles pour l'exploitation : sommes nous des atomes, des statistiques ou des corps agissants ?

From : precairesassocies@... , the 29th June 2014 12:49
  • 2014-06-29 12:49:11 — precairesassocies@... - [Pap-infos] Gens du vivier des disponibles pour l'exploitation : sommes nous des atomes, des statistiques ou des corps agissants ?

Début du message réexpédié de Cip-Idf  Chères variables d'ajustement, En ces temps de grève(s) - dans et hors l'emploi - pour le droit au chômage, l'indice du dimanche et quelques apports latéraux.  Bonne lecture,  commission précarité offensive • • • • Les trois articles les plus visités sur le site de la coordination (qui existe depuis l'été 2003) sont des outils dans et hors spectacle : • Plus d’ARE, pas d’ASS, vous avez droit à 312,49€ d’allocation de fin de droits (AFD),  décembre 2009 http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4775 • Face aux contrôles domiciliaires de la CAF, quelques conseils, décembre 2011 http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5808 • Pôle emploi : déjouer les convocs pour « entretien téléphonique », les radiations, le suivi..., mai 2011 http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5630 Cela confirme deux banalités de base : . Sur un plan "objectif", le poids du mort, la société du capital nous écrase : la précarisation des conditions de vie s'aggrave parmi les discontinus de l'emploi et les chômeurs de tous styles . Quant à la subjectivité, aux vies qui s'affirment : rien d'évident. Il y a une forte disproportion entre l'attention diffuse que suscite l'action collective contre la précarisation et l'implication en première personne des premiers concernés. C'est trop souvent "c'est bien ce que vous faites" ou "merci pour ces infos qui m'ont permis de faire face, survivre".  De cette situation grossièrement résumée à partir de ces indices on doit conclure que seules l'activité politique commune, l'invention et le partage de formes de solidarité en actes, la prise en mains par tous et chacun de ses affaires, la défense collective des intérêts et aspirations des sans part peuvent conduire la mobilisation en cours à aller au summum de sa puissance. € € € € € € € € € € € € € € € € € € ? Et nous ? Il y aura toujours assez de spectateurs.  Le commun, c'est concret, c'est la lutte au coude à coude contre le sauve qui peut généralisé.  Nous appelons tous les non indemnisés, interdits de RSA, mal indemnisés, persécutés par les institutions sociales à rejoindre le mouvement.  Nos adversaires politiques, de droite comme de gauche, ne comprennent que le rapport de force.  A Paris, venez à 15h aujourd'hui à République pour agir ensemble, venez lundi à l'AG à 19h, que l'on se rencontre pour décider ensemble de la suite. Invitez autour de vous.  Partout, rejoignons les collectifs et coordinations existants, créons de nouveaux collectifs de lutte.   C'est chacun pour tous que nous gagnerons.  Agir je viens. Déjà, en 2003: Il est dans la logique du pouvoir d’assigner chacun à ce qui lui est attribué comme place. Cette logique détermine ainsi un certain partage du sensible, c’est-à-dire une répartition de ce qui revient à chacun en fonction de sa place. Le partage du sensible, c’est donc tout d’abord un repérage des identités (lesquelles passent avant tout par les catégories socio-professionnelles, telles que « intermittents » ou même « artistes »), une distribution des visibilités et des modes de parole en fonction des lieux dans lesquels tel ou tel comportement, telle ou telle prise de parole est autorisée (théâtre, café, lieu de débat, etc.). La politique commence lorsque le partage du sensible est mis en question, c’est-à-dire lorsqu’il devient comme tel à la fois le terrain et l’enjeu de la lutte. Autrement dit, une lutte devient politique lorsque des individus et des groupes ne revendiquent plus leur place et leur identité. Lorsqu’ils assument de devenir indiscernables, et par là même, tendanciellement ingérables, là où le pouvoir se caractérise toujours plus par un souci de gestion, de faire de toute activité, invention ou forme de vie un objet de gestion. Dans la lutte des intermittents, quelques personnes ont commencé à dire : "il ne s’agit pas des intermittents comme profession, il ne s’agit pas des privilèges dus à l’artiste, qui n’est pas le seul à avoir besoin de temps pour penser et inventer ; il s’agit de ce qu’il y a de commun au-delà des métiers et des places ; il s’agit de la situation commune qui nous est faite, et qui détermine l’existence d’une communauté de fait". Alors, nous sommes dans un régime de parole et d’action qui tend à brouiller les principaux éléments de gestion du pouvoir, c’est-à-dire qu’un régime d’énonciation politique est apparu. Dans le cas de cette lutte, le problème du partage du sensible prend une acuité nouvelle, puisque dans nos sociétés, c’est aux artistes que revient la tâche de mettre en travail la sensibilité, et de constituer ainsi ce qu’on pourrait appeler une communauté sensible. La question est alors double : 1. Comment ce travail sur le sensible peut-il aboutir à des formes d’apparition politique nouvelle, qui puissent aller plus loin dans la mise en crise de la gestion normalisée, identitaire, du partage du sensible ? 2. Comment pour autant ne pas recréer ce qu’il s’agit de contester, à savoir une distinction entre « les artistes » (ce qui n’indique qu’un statut social) et les autres (techniciens, profs, sympathisants, etc.) ? Dans le mouvement même des intermittents, ce n’est certes pas aux seuls artistes de la profession de s’approprier cette question du sensible ; c’est à ceux qui y participent de trouver là l’occasion pour libérer l’invention de puissances d’apparition renouvelées. Fabrique du sensible http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=84 Dans quel cadre la diversité des tactiques peut-elle se composer ? Une analogie éclairante : Extrait de l'univers et la stratégie du jeu de go : Les pierres, contrairement aux échecs, ont toutes la même valeur. D’ailleurs, en elles-mêmes, elles ne sont rien. Lorsque deux pierres de même couleur sont adjacentes, elles forment une chaîne de pierres. C’est une sorte de famille ; si une pierre doit disparaître, la chaîne disparaît en entier. Ensuite vient le groupe, notion encore élargie de la chaîne. Ici, plusieurs chaînes, non strictement reliées entre elles, occupent un même espace, et participent à un même projet. On peut, contrairement à la chaîne, se faire prendre une partie de son groupe seulement, et conserver l’autre partie. Si toutes les pierres sont équivalentes au départ et à l’arrivée (chacune vaut un point), leurs valeurs stratégiques tournent au sein de la partie. À un moment donné, certaines pierres sont très importantes, et le deviennent moins après. L’erreur stratégique consiste évidemment à ne pas donner à ces pierres-là l’occasion de transmettre ailleurs l’énergie qu’elles possèdaient. Les pierres de coupe (séparant deux chaînes de la couleur adverse) par exemple, ont beaucoup de valeur. Il est intéressant de les maintenir en vie afin de diviser l’adversaire le plus longtemps possible. D’une manière générale, au-delà de la pierre, il y a la frontière dont elle fait partie, le territoire qu’elle borde, les zones où elle a de l’influence, et qui sont contenus dans cette pierre-là. Au Go, comme dans le Tao, l’énergie ne provient pas de l’individu mais de l’interaction des individus entre eux. En début de partie, avec quelques coups seulement tu chercheras à verrouiller des espaces vides. Ainsi ces vides seront à toi. Le partage des territoires (que tu ne rempliras qu’à la fin) se dessinera au plus vite en filigrane dans les coins et sur les bords, à cause des frontières naturelles. Le centre du Goban, où personne ne joue tout d’abord, est une sorte de vide, de zone d’interactions où tous les groupes viendront se frictionner ensuite. L’univers et les stratégies du jeu de Go http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4899 A tout bientôt, CIP-idf http://www.cip-idf.org/ https://fr-fr.facebook.com/CipIdf Twiter : @CIPIDF