[Pap-infos] Intermittence - AG SUD Culture & Sud Spectacle - lundi 17 mars

From : Hypertextuel@... , the 10th March 2003 18:23
  • 2003-03-10 18:23:02 — Hypertextuel@... - [Pap-infos] Intermittence - AG SUD Culture & Sud Spectacle - lundi 17 mars

Contribution de Sud Culture  pour l'AG du lundi 17 mars à partir de 18h Bourse du Travail de Paris - Métro République 3 rue du Château d'Eau - Grande salle Croizat - G10 JE, MOI & NOUS (et nous ?)   Aujourd’hui, nous faisons l’hypothèse que le syndicalisme ne peut se survivre et se développer qu’à condition  de redevenir un lieu de création culturelle,  c’est à dire un lieu où les travailleursi nvestissent leurs émotions,  leurs sensibilités, leurs compréhensions du monde. Nous croyons plus que jamais que c’est l’action collective qui change le monde.  Et l’action collective démarre  quand quelques JE,  quand quelques MOI  commencent à fabriquer un NOUS.  Depuis le 21 avril 2002, les signaux restent au rouge, et les dernières  élections Prud’homales de décembre l’attestent : abstention croissante,  méfiance envers les institutions, désaffection envers les partis, les  syndicats et les associations de parents d’élèves…  Pourtant la volonté de s’engager n’a pas disparu, elle est simplement plus  distanciée et plus personnalisée qu’auparavant. Une piste pour expliquer ? Depuis trop longtemps, des gens sont laissés dans  l’inutilité sociale, hors des mécanismes de transformation et de progrès  social.  Quels droits pour eux ?  En ce qui concerne le droit du travail, des secteurs entiers ne sont plus  couverts.  Il y a urgence à garantir le droit des travailleurs qui deviennent de plus en  plus mobiles et dont les trajectoires sont de moins en moins claires.  En effet, le salarié est sans cesse appelé à s’adapter, à se recycler, à  s’investir…  Mais pour quoi faire ? Nous sommes tous confrontés à la pénibilité du deuil de l’idéologie éducative  selon laquelle les citoyens les mieux formés, éduqués, instruits, cultivés…  contribuent à élaborer une société plus juste.  Mais depuis les chocs pétroliers, arrondissons au milieu des années 70, il  n’y a plus de rapport entre le niveau d’éducation des personnes et l’idéal  de réduction des inégalités. Il n’y a plus de lien entre progrès économique,  ascension sociale et démocratisation culturelle.  Aujourd’hui, nous constatons que les anciennes régulations s’effritent et  que les nouvelles n’ont pas encore été trouvées. Les conditions même de  travail ont changé et rendent complexes une présence collective des  travailleurs. Quels qu'ils soient. Et la loi ? Est-ce encore l’instance du collectif par excellence ?  Est-ce que le contrat est une relation de personne à personne ?  Au final, ce sont les gens les plus démunis à qui l’on demande d’être les  plus autonomes. Que l’on ne s’étonne pas que les conflits sociaux ne soient  plus traités sur le fond mais par la justice ! D’aucuns disent qu’il n’est plus possible de décrire le monde comme un  affrontement capital / travail, avec les détenteurs de capital tout en haut  dominant la hiérarchie et un immense magma supposé homogène de travailleurs.  Le cas des 35 heures aurait alors illustré une vision de la redistribution  capital/ travail. Or des catégories modestes de salariés se sont retrouvées  avec l’annualisation du temps de travail, donc plus de flexibilité, des  salaires gelés avec exploitation des heures supplémentaires payées à minima... Qui a vraiment construit une analyse sur la question de la redistribution ?… L’impératif est aujourd’hui de rompre avec l’entre-soi et les exclusives.  Colllectifs, associations, syndicats et partis politiques doivent inventer et  animer de nouveaux espaces de confrontation et de délibération.  Inter quoi ? Oser se parler d’où l’on intervient. Nommer son expérience individuelle. Supposer que nos métiers sont concurrentiels. Découvrir que nos représentations sont contradictoires.  Interroger la violence du silence dans les rapports sociaux. Entendre que les politiques de l’emploi détruisent le droit du travail. Voir que la décentralisation peut cacher une dérégulation généralisée. Savoir que l’exclusion commence dans le travail  et pas seulement qu’à la perte de son propre emploi. Construire des explications collectives sur des analyses personnelles.  Réinvestir un combat qui interroge la nature du travail et les choix de  productions. S’avouer que les conditions de l’intermittence sont à réinventer… Le chômage et la précarité en général ne sont pas des données naturelles.  C’est d’abord lié à la façon dont le travail est réparti entre les gens. A  cela s’ajoute l’individualisation croissante dans les situations de travail  et de non-travail. Le statut d’intermittent du spectacle, qui risque  maintenant de basculer vers l’intérim, a peut-être eu une fonction de poisson  pilote du néo-libéralisme qui veut que chacun accepte qu’il doit être à lui  seul une petite entreprise.  L’enjeu se situe sans doute maintenant dans notre capacité collective à  changer les situations concrètes de travail et de non-travail.  Mais quel est donc notre destin commun ?... Intermutant ? Internaute ? Interventionniste ? Intervenant ? Interrupteur ? Intercepté ? Interprète ?  Interstitiel ? Interminable ? Intermédiaire ? Interchangeable ? Intermittent du spectacle ! SUD CULTURE 65 rue de Richelieu 75002 Paris tél : 01 40 15 82 68 – fax : 01 40 15 85 99  Email : sud@...