[Pap-infos]Intermittents Pr é caires : Occupation de l'UNEDIC

From : precairesassocies@... , the 24th April 2007 22:08
  • 2007-04-24 22:08:31 — precairesassocies@... - [Pap-infos]Intermittents Pr é caires : Occupation de l'UNEDIC

Attention fragile : précaires, intermittents, chômeurs, non à la précarisation     Nous, chômeurs, salariés précaires et intermittents, occupons depuis 19h le siège de l¹UNEDIC à Paris, au 82 rue de Reuilly, M°Montgallet afin d¹interpeller les responsables de la précarisation.     Nous ne sommes pas des variables d¹ajustement     Depuis 30 ans, chômage de masse et discontinuité de l¹emploi déterminent ­ provisoirement ou dans la durée- les parcours de la quasi-totalité des salariés (80% des embauches se font désormais en CDD). Cette alternance de périodes de chômage, de formation et d¹emploi s¹accompagne d¹une fragilisation inacceptable de ceux qui la vivent. Ainsi, alors que l¹on glose sur une « sécurité sociale professionnelle » supposée venir remédier à l¹incertitude qui marque désormais la vie des salariés, l¹un des derniers dispositifs qui assurait une continuité de droits à des salariés à l¹emploi discontinu, le régime d¹indemnisation chômage des intermittents, est en butte depuis près de 4 ans à une entreprise de destruction.   Les discours publics énoncés lors de la campagne électorale passent sous silence ces questions sociales fondamentales ­ qu¹on pense aux révoltes d¹octobre/novembre 2005 et au « mouvement anti-CPE » du printemps dernier !- ou y répondent par l¹invocation vertueuse à « réhabiliter le travail ». Derrière la « réhabilitation du travail », c¹est encore la dégradation des conditions vécues par les travailleurs qui se profile, comme avec le RMA, « emploi aidé » pour lequel l¹allocation RMI est directement versée à l¹employeur. Ces proclamations de bonnes intentions visent en fait à stigmatiser davantage des millions de précaires et de salariés, « assistés » ou insuffisamment productifs. Elles préparent le terrain pour de nouvelles et dramatiques régressions en matière de droits collectifs, tandis que profits et inégalités explosent.   Caricature d¹un dialogue social privatisé et technocratique, le paritarisme qui régit l¹assurance-chômage refuse d¹accorder voix au chapitre aux premiers concernés. Or cette institution doit des comptes aux millions de salariés qui la financent, souvent sans ouvrir de droit à indemnisation en cas de chômage (plus de la moitié de chômeurs ne sont pas indemnisés). Sous prétexte de déficit, chacune de ses « réformes » a été nuisible aux ayants droits, encourageant l¹acceptation de n¹importe quel emploi dans nŒimporte quelles conditions.   Déficit de quoi ? Déficit de démocratie   La Constitution de ce pays stipule que « la société doit à chacun de ses membres des moyens convenables d¹existence », force est de constater qu¹il n¹en est rien : on va jusqu¹à présenter les allocataires du RMI comme des parasites voués à l¹indignité, sans jamais indiquer, par exemple, qu¹un tiers de ces allocataires aux faibles salaires occasionnels sont en fait des travailleurs pauvres. Sous couvert d¹insertion, l¹inflation d¹une rhétorique des devoirs et la prolifération des modalités de contrôles accompagnent le reflux des droits sociaux.   Afin de déposséder plus encore les salariés, on leur dénie toute compréhension de leur propre situation. L¹appel constant aux « experts » a pour fonction de légitimer des décisions d¹autant plus « difficiles » qu¹elles s¹attaquent au plus grand nombre (chômage, retraite, santé). On fabrique donc l¹ignorance et, tout comme le dénombrement des chômeurs fait l¹objet de manipulations (cf. la non-publication des statistiques INSEE), l¹Unedic tient mordicus à son fonctionnement parfaitement opaque (jusqu¹à interdire à des chercheurs indépendants l¹accès à ses données, comme ce fut le cas lors de l¹enquête de la coordination des intermittents et précaires).   Aggravant celui de juin 2003, un  second protocole Unedic régissant les annexes VIII et X de l¹assurance-chômage qui développe aléas, inégalités et exclusion à l¹encontre des intermittents entre en application, nous refusons que des droits capitalisés avantageant  les plus employés et les mieux payés mettent fin à toute mutualisation. Pour limiter l¹insécurité sociale due au chômage et à la discontinuité de l¹emploi, il faut instaurer une continuité de droits, chaque jour chômé doit être indemnisé.   Tout en radiant massivement des chômeurs, on ose nous promettre une énième fois le « retour au plein emploi » ; nous voulons que soit publiquement établie l¹ampleur réelle du chômage et de l¹emploi précaire. Une refonte de l¹indemnisation du chômage doit être débattue par les partenaires sociaux. Un tel enjeu ne doit pas être confisqué mais faire l¹objet d¹un réel débat public et contradictoire. L¹Unedic doit autoriser l¹accès aux données qu¹elle détient.      Nous appelons l¹ensemble des concernés, salariés en poste, au chômage ou en formation, à venir soutenir l¹action en cours et à organiser, partout où c¹est possible, des actions collectives là où se décident notre sort.   Paris, le 24 avril 2007.