[Pap-infos]Blocage général !

From : precairesassocies@... , the 30th March 2006 13:47
  • 2006-03-30 13:47:41 — precairesassocies@... - [Pap-infos]Blocage général !

Après des aéroport à Toulouse et ailleurs, des gares partout, le   périph parisien a également été bloqué hier, des actions sont en   cours actuellement. ------------- http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8126 Blocage général ! Sur les raisons de notre présence sur la rocade ce matin [1] Le mouvement n’est plus un surgissement de colère sans lendemain, il   est le cours pris collectivement par des milliers de vies, à Rennes   et ailleurs. Nous avons constitué dans l’urgence un front commun   contre le CPE-CNE, la loi sur l’égalité des chances, et de la   solidarité mal dégrossie de ce front s’est dégagée, affinée, une   communauté de lutte, plus déterminée encore. Une communauté politique   peu sensible aux bruits de couloirs ministériels sur « l’aménagement   » du CPE, indifférente aux tractations et manœuvres présentes et à   venir entre gouvernants et directions syndicales qui depuis longtemps   ne représentent plus rien. Ceux qui appelleraient à l’arrêt de la   grève sans que nous obtenions au moins ce que demande les assemblées   générales passeraient immanquablement pour des traîtres. On ne peut   plus négocier impunément. Le mouvement par lequel, avant la grève, nous allions du hall B à la   gare, au Colombier, aux boîtes d’intérim d’Henri Fréville, était   celui de notre sollicitation subjective permanente par le capital :   la mobilité d’une force de travail occupée à s’entretenir,   s’optimiser, s’auto-exploiter ; aujourd’hui, nos piquets de grève   interrompent tout, circulation des marchandises, paisible socialité   désincarnée des centre-ville et spectacles culturels corollaires,   tragique banalité du contrôle social et de l’exploitation. Nous continuons sous des formes variées, une offensive ininterrompue   contre les dispositifs de l’ennemi. Parmi ceux-ci, on rencontre la   classique opération de division entre « casseurs » et « manifestants   pacifiques ». A l’heure où le gouvernement ne cache plus sa volonté   d’anéantir, comme en novembre, le mouvement par des vagues massives   d’arrestations et de condamnations, il est plus que jamais nécessaire   de rappeler, par delà l’hétérogénéité certaine de ses expressions,   l’exigence d’unité du mouvement contre ceux qui veulent l’étouffer. Mesurons dès maintenant qu’il n’y aura de grève générale que malgré   les directions syndicales ; celles là n’en veulent pas, parce que la   grève générale, c’est la fin des négociations, et donc des   négociateurs. Cessons de nous contenter des interpros qui ne sont que   des intersyndicales, de la distribution aux portes des usines de   tracts qui se contentent d’informer sur notre mouvement et d’appeler   abstraitement à une « mobilisation » sans contenus ni perspectives.   Ce qu’attendent nombre de précaires et de salariés pour nous   rejoindre, c’est que nous nous donnions les moyens de provoquer une   crise majeure du régime, et par delà le retrait ou non du CPE, de   renouer avec la puissance révolutionnaire du mouvement ouvrier, qui   lui permettait d’imposer à la bourgeoisie des reculs successifs et   durables. Cette fois-ci pourtant, le bocage de l’économie,   l’interruption des flux de marchandises ne sera pas la conséquence,   mais le préalable de la grève générale. Il s’agit pour nous de rendre   sensible, par la généralisation du blocage, la possibilité pour tout   un chacun de s’arrêter, de ne pas aller travailler. De rendre   tangible la possibilité révolutionnaire contenue dans le mouvement,   comme une proposition adressée à tous, d’y participer ou non. La grève générale, ça n’est pas défiler à deux ou trois millions une   fois par semaine, c’est la situation où en tous lieux, comme à   Villejean, l’autorité des patrons est destituée, où en tous lieux   s’affirme la commune comme processus d’indistinction entre vie et   lutte collective, se substituant à la poursuite de l’activité   économique. Le mouvement, chacun le perçoit, va bien au delà de   contester un certain type de contrat, demander des créations   d’emplois ou défendre tel ou tel secteur d’emplois menacé de   disparaître, pour la simple raison que ceux qui le composent   s’emploient à renverser un ordre qui borne l’horizon existentiel de   chacun à ce triste sort : « trouver un emploi ». Quel que soit le devenir du mouvement, il nous aura appris que la   première exigence pour qui veut constituer une force politique est de   fonder la question de la subsistance matérielle et affective comme   question collective, et non comme un point de faiblesse par lequel   nous serions perpétuellement acculés, chacun, isolément, à se vendre   à un employeur, à retourner à sa vie privée. Il nous faudra nous   employer aussi à ce que le travail, l’argent, les biens et denrées   circulent dans le mouvement de manière à ce que nous soyons   pleinement disponibles à ce que la situation exige de nous. Il n’y a,   assurément, rien de mieux à faire que s’organiser en vue de   confrontations d’une autre envergure. Enfin, à ceux qui veulent nous distraire avec des questions du type «   Et par quoi remplaceriez vous ce capitalisme que vous détestez tant ?   », enjoignons les à regarder mieux, à voir que nous le dissolvons dès   maintenant comme réalité éthique, en nous, parmi nous, et que nous   n’aurons de cesse qu’il en soit ainsi partout. L’alternative est ici   même. Rennes, le 29 Mars 2006.