[Pap-infos] Alerte intermittents

From : precairesassocies@... , the 20th November 2012 00:42
  • 2012-11-20 00:42:41 — precairesassocies@... - [Pap-infos] Alerte intermittents

A Pôle Emploi : ³Régime général² à tous les étages Alerte Intermittence de la commission Conséquence de l¹Application du Protocole (CAP : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6167)    La "nouvelle vague" de témoignages recueillis à la permanence CAP fait état d'une pratique désormais systématique de Pôle emploi : le basculement d¹office et sans discernement de nombreux intermittents au régime général. Du fait :     - de la réduction et du glissement de la période de référence,     - de la réduction du champ d¹application,     - de la réduction drastique des mesures de rattrapage (AFD) , etc, de plus en plus d¹intermittents  se retrouvent à occuper des emplois sous des règlements différents (annexe 8 et 10 et régime général), soit pour des raisons alimentaires, soit que leur emploi n¹est plus reconnu au régime du spectacle (ex : technicien employé pour une conférence ou artiste encadrant des ateliers passés au régime général...). Or, les critères d¹accès à l'indemnisation chômage au régime général ont été modifiés en 2009. Il est possible d'ouvrir des droits après 4 mois d'emploi. Cette disposition peut être considérée comme un bien pour de nombreux chômeurs exerçant des emplois précaires. Mais la brièveté et la discontinuité des emplois exercés s'accroissent et cette mesure n'a pas empêché que la part des non indemnisés parmi les chômeurs atteigne un pic historique sans précédent, aujourd'hui ce sont 59% des chômeurs qui sont dépourvus d'allocations chômage. En outre, cet assouplissement des conditions d'entrée est actuellement utilisé par Pôle emploi pour réaliser des économies au dépend des intermittents. Pris dans des situations à l'apparence inextricable, de plus en plus d'intermittents deviennent des intermittents de l'intermittence, connaissent des ruptures de droits ou ouvrent des droits inférieurs à ce que prévoient les textes. Selon l¹accord d¹application n°1 du 6 mai 2011 (http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6038), il faut pour ouvrir des droits au minima du régime général :     - avoir accompli 610 heures de travail     - ou avoir appartenu pendant 122 jours à une ou plusieurs entreprises dans les 28 ou 36 mois précédant la fin du contrat de travail*. NB : Les 122 jours d¹appartenance signifient une période totale de contrat de 122 jours, même si on n¹a travaillé par exemple que 8 heures par mois.     - Tant qu¹on a les 507 heures fatidiques dans les temps, le passage d¹office au régime général est source de tracas, de démarches administratives. Mais en faisant valoir l¹accord d¹application n°1 (chapitre 1 et chapitre 6), l¹intermittent parvient à être rétabli dans ses droits (annexes 8 et 10).     - La chose se complique si, au moment où il parvient en fin de droits, il manque à l¹intermittent quelques heures au régime du spectacle alors même qu'il pensait pourvoir compléter ses heures dans les jours qui suivent. Pôle emploi, très heureux de pouvoir vous ouvrir des droits, basculera toutes les heures effectuées, y compris celles relevant des annexes 8 et 10, au régime général  suivant la règle de la clause de sauvegarde des dites annexes. C'est-à-dire que vous toucherez 122 jours d¹indemnisation à 27,66 euros dans la limite de 75% des rémunérations antérieures. Cette règle s¹applique aussi aux nouveaux entrants.   Deux exemples de situations absurdes parmi tant d'autres : 1 / Une technicienne accepte d'intervenir un jour par mois dans un centre de formation (de son secteur !), soit 8 heures par mois (32 heures en tout) au régime général pendant quatre mois (CDD de quatre mois). A sa date de fin de droits, elle a accumulé 504 heures au régime spectacle. Il lui manque donc une journée de travail (8 heures) pour ouvrir des droits au régime spectacle. Mais comme elle a 122 jours d'affiliation (4 mois de contrat) au régime général, on va lui ouvrir des droits à la clause de sauvegarde. Même si elle réussit, dans la semaine qui suit, à décrocher la fameuse journée de travail qu'il lui manquait pour ouvrir des droits au régime spectacle. Elle perd donc ses 504 heures et n'a plus qu'à repartir pour un tour... En 122 jours... 2 / La même technicienne, au RSA depuis deux ans, a accepté le même travail mais cette fois sur deux jours uniquement, soit 16 heures. Une semaine avant la journée de 8 heures nécessaire à son ouverture de droits au régime spectacle, elle va chercher une demande d'ouverture de droits à Pôle emploi, qui prend en compte cette date de retrait de dossier comme date de recherche des droits, et recherche sur 28 ou 36 mois une affiliation à la clause de sauvegarde... Ce qui ne serait pas arrivé si les heures effectuées ne l'avaient été qu'au régime spectacle. Or, il se trouve que le Code du travail précise bien que la demande d'allocation est une prérogative du salarié. Mais Pôle emploi préfère ouvrir des droits pour la durée la plus courte et le montant le plus bas, sans en tenir compte, ni bien sûr en informer les personnes concernées. Pôle emploi a pourtant déjà été condamné pour manque à son devoir d'information sur les droits (cf. la décision qui fait  jurisprudence (http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6073), mais l'institution persiste à jouer l'opacité contre les ayants droit. Nous exigeons l¹arrêt immédiat du basculement systématique au "régime général".  Nous rappelons que nous revendiquons depuis 2003 la prise en compte des heures effectuées au régime général pour une ouverture de droits aux annexes 8 et 10, seule manière d'éviter la généralisation de ces situations absurdes et injustes. * Auparavant il fallait 910h de travail ou 182 jours de contrat en 22 mois. cip-idf­ 19 novembre 2012 Pour infos : Émission de France Culture ³Droit de suite² : Où en sont les intermittents du spectacle ? : http://www.franceculture.fr/emission-droit-de-suite-ou-en-sont-les-intermitt ents-du-spectacle-2012-11-12 Dans Libération : Le non-recours aux droits, un «scandale social» : http://www.liberation.fr/economie/2012/11/13/le-non-recours-aux-droits-un-sc andale-social_859808 Nous sommes les habitants du Théâtre Paris-Villette : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6405 Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement, partager les infos et les expériences passez  les lundi de 15h à 18h à la CIP Nous proposons des permanences d¹accueil et d¹information € sur le régime d¹assurance-chômage des intermittents du spectacle ( http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6167 ), adressez questions, remarques, analyses à cap@cip-idf.org € sur la précarité ( http://www.cip-idf.org/rubrique.php3?id_rubrique=357 ), adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite@cip-idf.org Coordination des Intermittents et Précaires 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris M° Strasbourg Saint-Denis Tel : 01 40 34 59 74 http://www.cip-idf.org/ Pour soutenir la coordination, chèque à l¹ordre de AIP à CIP-IdF : 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris. Une attestation peut vous être fournie sur demande.