[Cip-idf]Fw: ai reçu ce courrier d'importance que je vous envoie. A bientôt.

From : oderousseau@... , the 4th August 2003 00:58
  • 2003-08-04 00:58:50 — oderousseau@... - [Cip-idf]Fw: ai reçu ce courrier d'importance que je vous envoie. A bientôt.

Subject: ai reçu ce courrier d'importance que je vous envoie. A bientôt. Beaucoup d'argent parce que je suis nombreux et même davantage parce que je suis chaque jour qui vient de plus en plus nombreux. AUJOURD'HUI, ainsi que pendant la guerre de 1940 à 1944, le refus de collaborer avec toutes les institutions culturelles du pouvoir gaulliste doit s'imposer à tout écrivain, à tout artiste d'opposition comme la décision absolue. La culture est le lieu où le pouvoir trouve toujours des complices. Par le moyen de la culture, il récupère et réduit toute parole libre. Lutter contre cette complicité de la culture ; montrer qu'il y a dans la culture un rapport de possession par le sens et un usage des forces répressives fonctionnant indépendamment du jeu social. (M.B. Ecrits politiques) Je lui dis, sèchement : " Je suis lourdé. " Lui : " Je sais, on m'a dit. " Silence. Lui : " Ecoute. " Il s'arrête, change d'appui comme s'il avait des fourmis dans les jambes. . Il reprend : " Ecoute, ils m'ont proposé de l'argent pour que je provoque une bagarre avec toi, ils voulaient te licencier comme ça. " Moi : " Alors ? " Lui : " Alors, j'ai refusé. " Moi : " Pourquoi ? " Lui : " Parce que.parce que je n'ai pas besoin d'argent. Pas de cet argent-là. " Parce que mes amis et moi - nous autres disait le philosophe foudroyé en voulant protéger un cheval battu par son maître - nous autres donc, avons eu des parents et une foule d'ancêtres suffisamment distraits (la précarité comme fatale négligence) pour :   1.. ne rien nous laisser en héritage (pas le moindre centimètre carré immobilier en vue)    2.. avoir été morts avant d'avoir touché le moindre centime de retraite (commencer à travailler à 13 ans comme ouvrier agricole ou bonne à tout faire au château du coin, toujours déjà intermittents, ça fait peu de probabilités d'arriver à vivre longtemps). Pour reprendre une formulation définitivement juste : 37,5 années de cotisations c'est 40 ans de trop, et pour en finir avec ce récit-là nous précisons que nous sommes nés lors de la seconde moitié du vingtième siècle et que ce message n'a pas été transmis de l'au-delà par un serf d'avant le progrès et ses bienfaits dont, par négligence encore sans doute ou par entêtement d'âne, nous n'avons pas senti les effets.  Tant mieux qu'ils nous aient rien laissé parce que ça fait qu'on nous doit, et nous y tenons, beaucoup. Nous nous sommes délestés joyeusement de cet " argent-là ". Nous en voulons un tout autre. Et dans cette joie du délestage, nous n'avons ni le temps ni l'envie de nous demander ce qu'est un artiste, mais tout le temps de penser à toutes sortes d'espèces : animales, végétales, humaines, maritimes, culinaires, vestimentaires, machiniques, gouvernementales, celles en voie d'apparition à égalité avec celles en voie de disparition. ( Pas de temps ni d'envie non plus pour toutes sortes de " morts dans l'âme " puisque de cette sorte d'âme rien non plus ne nous a été transmis ou dévolu par nos trop épuisés ancêtres ). Nous autres nous demanderions plutôt comment faire pour payer ce que nous devons - toutes sortes de factures tout à fait matérielles -sachant que les sommes dûes sont les mêmes avec ou sans biens et revenus en héritage. Ce n'est pas que toute forme d'art nous laisse indifférent - il arrive même qu'il nous touche, nous regarde, nous encourage, par inadvertence, par effraction, par partage, et même qu'il construise nos vies et revenus communs ; il nous aura fallu cependant, avant de pouvoir être touchés, s'être lavés la tête d' avoir beaucoup entendu par exemple (récurrent) : de là d'où tu viens tu as vraiment dû avoir beaucoup de chance pour en être là aujourd'hui , ou mieux encore : pourquoi demandes-tu un salaire, tu as déjà le privilège de pouvoir penser et que cette pensée soit imprimée, projetée (alors que rien ne semblait t'y autoriser ?). Tout un travail (pas payé) pour sortir de la honte d'avoir de la chance ? Mais au fait il est où le miracle du droit capitalisto-divin ? Dans la possibilité de s'y aliéner jusqu'à ce que la chance divino-capitaliste tourne.et il va sans dire qu'elle tourne vite ; il suffit pour inverser le mouvement que nos niveaux d'exigence éthique et financier s'avèrent en disproportion jugée moralement scandaleuse avec nos niveaux originels. Faut pas abuser avec le sort. Nous autres ne voulons pas seulement l'argent qui nous a été volé sur mille générations, nous voulons aussi celui que nous ne méritons pas, à égalité avec cet argent qu'on appelle ailleurs, très poliment " tombé du ciel " .Tiens, encore un miracle, tiens encore une histoire d'en-vol.