[sanspap-rennes] COMPTE-RENDU AG DU MARDI 27/11

From : matthieunavarro@... , the 29th November 2007 15:05
  • 2007-11-29 15:05:15 — matthieunavarro@... - [sanspap-rennes] COMPTE-RENDU AG DU MARDI 27/11

Bonjour, Voici enfin (ci-dessous et en pièce jointe) le compte-rendu de l'AG de mardi dernier. Le retard est dû à la longueur et la complexité du débat qu'il s'agissait de rendre. Matthieu. Sommaire Présentation et points abordés, hors débat sur le fonctionnement | p. 2 Débat sur le fonctionnement du collectif | p. 3 Question A : distinction ou association de l'objectif / de la « cause », d'une part, et des moyens / du fonctionnement, d'autre part. La fin prime-t-elle sur les moyens, ou en est-elle indissociable ? | p. 3 Question B : « Souplesse » de fonctionnement contre formalisation et organisation. Question liée : « intégration » et adhésion à la marche du collectif des membres nouveaux ou récents. Autre question liée : transmision des pratiques, de l'expérience ; tranferts et rotation de tâches ; apprentissage. | p. 3 Question C : Partage des tâches contre division du travail et spécialisation. Question liée : le partage, oui, mais comment ? | p. 4 Question D : Engagement égal de chacun contre investissement variable et libre. | p. 5 Question E : opposition entre les membres « historiques » (les plus anciens) du collectif et les principes de fonctionnement auxquels ils se réfèrent, d'une part, et les personnes arrivées plus récemment, d'autre part. Question de l'augmentation du nombre de personnes et de l'élargissement du collectif. Question de l'implicite et de l'explicite dans les principes de fonctionnement. | p. 5 Question F : Signification politique large de la défense des sans papiers et de l'action spécifique du collectif. | p. 6 Quelques propositions concrètes qui ont été faites. | p. 6 Conclusion | p. 7 I  Présentation et points abordés, hors débat sur le fonctionnement L'AG a duré près de quatre heures, ce qui n'est pas peu, notamment en raison de la discussion qui s'y est déroulée au sujet des principes de fonctionnement du collectif, discussion qui, de l'avis de plusieurs personnes, était nécessaire, et appellée de leurs voeux. Dont acte. Toutefois, quelques autres points ont été abordés en début et en fin d'AG. Je commence par ceux-ci avant de passer à la question du fonctionnement. Présentation du collectif aux nouveaux-venus présents, assez nombreux ; Distribution de documents comportant des informations pratiques, telles qu'adresses d'avocats, de médias, etc. Question débattue très rapidement : comment lever des fonds pour le collectif ? Faut-il faire des quêtes en AG, ou se réstreindre à des sources extérieures (dons, spectacles, etc.) ? Pas de conclusion, ni décision, à ce sujet. A propos de l'appel lancé par des sources douteuses à des rassemblements nationaux devant les CRA à l'occasion du vote, jeudi 29, d'une directive européenne aggravant considérablement la répression de la présence des étrangers « sans papiers » sur le territoire européen, il a été décidé de ne pas y répondre, principalement à cause de la brieveté du délai. Néanmoins, un parloir sauvage a été décidé pour mercredi. Intervention d'un représentant de l'association AVEC, des environs de Rennes, qui projette la tenue, le 28 janvier 2008, d'un débat sur la question des sans papiers, où est souhaitée la présence du Collectif, outre celle de la Cimade, de RESF, de sans papiers, et de la Préfecture (!) Un membre du collectif se porte volontaire ; c'est validé. Proposition de réalisation d'un tract sur la place qu'occupent les sans papiers dans la société et dans l'économie. Débat sur la différence entre RESF et le collectif, qui introduira la question du fonctionnement. Il est souligné que l'action de RESF porte sur les enfants sans papiers scolarisés et leurs familles, tandis que celle du collectif porte sur tous les sans papiers, sans condition. En outre, il est mentionné que les membres de RESF seraient des personnes appartenant à des organisations diverses (syndicats, partis, etc.), tandis que ceux du collectif seraient des personnes « désorganisées ». Il est rétorqué que des divergences de point de vue ainsi que de fonctionnement existent chez RESF, notamment régionalement, et qu'en outre, tout le monde au collectif n'adhère pas à cette opposition foncière entre le collectif et RESF. II Débat sur le fonctionnement du collectif En raison de la longueur et de la complexité de cette discussion, j'ai choisi d'en rendre compte de manière analytique/synthétique, c'est-à-dire conceptuellement, en énumérant les différentes questions qui ont été soulevées, et les positions qui ont été déclarées, indépendamment des individus particuliers et du déroulement chronologique. Pour chaque position, toutefois, et dans le cadre de la question en cause, je précise (approximativement, ce n'est pas garanti !) par combien de personnes celle-ci a été reprise. Et ce, afin de rendre compte a minima du « rapport de force » entre les différentes positions. Autrement dit, les interventions des uns et des autres ont été dépiautées et reconstituées, de sorte qu'une même intervention peut être dispersée ici sous plusieurs points, tandis que plusieurs éléments d'intervention peuvent venir incrémenter le « compteur » d'un seul point. Les guillemets désignent des expressions au sens parfois flou mais employées littéralement par les uns et les autres.  Je me suis un peu « pris la tête » (à l'image du collectif !) pour ce compte-rendu, en espérant qu'il reflète aussi fidèlement que possible les lignes essentielles comme les nuances d'un débat riche et complexe. Je me dis que ça pourra peut-être s'averer utile. D'où la longueur (relative à celle du débat). Toute contestation, opposition, rectification éventuelle à ce compte-rendu est bienvenue, quoique j'aie tenté d'être aussi objectif que possible (si, si). Question A : distinction ou association de l'objectif / de la « cause », d'une part, et des moyens / du fonctionnement, d'autre part. La fin prime-t-elle sur les moyens, ou en est-elle indissociable ? Position 1 : l'objectif et le fonctionnement ne sont pas liés, et doivent être dissociés. Ces débats sont vains. La fin prime, et implique d'être individuellement « désintéressé » / « dévoué ». (2 personnes) Pos. 2 : le mode de fonctionnement est indissociable de la « cause ». Cette association est à l'origine du collectif. Cela est lié à la nature « politique » du collectif. (2 personnes) Pos 3 : La défense des sans papiers est, par nature, et de plus en plus, « hors-la-loi », et s'apparente à la désobéissance civile. Cela doit faire mettre entre parenthèses les questions de divergences internes sur les principes, pour conserver une marge de manoeuvre effective. (3 pers.) Pos 4 : on ne peut ignorer l'aspect politique du fonctionnement. Néanmoins, il faut prendre en compte la gravité de la question des sans papiers. Cela implique la « mise entre parenthèses » ci-dessus. (3 pers.) Question B : « Souplesse » de fonctionnement contre formalisation et organisation. Question liée : « intégration » et adhésion à la marche du collectif des membres nouveaux ou récents. Autre question liée : transmision des pratiques, de l'expérience ; tranferts et rotation de tâches ; apprentissage. Position 1 : le fonctionnement actuel est une « prise de tête » qui décourage les nouveaux-venus. (1 personnes) Pos  2 : La seule question posée par le fonctionnement est celle de l' « efficacité ». (1 pers.) Position 3 : la « souplesse » permet la participation de tous, dans la convivialité, l'échange, la libre expression de chacun. Cela va à l'encontre du « consensus mou » qui mine la société. (5 personnes) Pos  4 : dans un collectif d'individus, on n'est jamais d'accord, c'est normal. Les engueulades, c'est bien. Chacun fait ce qu'il veut, c'est bien aussi. (1 pers.) Pos 5 : un collectif, ce sont deux choses dinstinctes : d'une part, une pratique et une cause militantes et, d'autre part, des relations interpersonnelles, des amitiés. (1 pers.) Pos 6 : Le fonctionnement actuel, largement implicite, suscite, malgré ses qualités, un important gaspillage d'énergie. Exemple de confusion : entre l'action militante à l'attention du public, d'une part, et l'aide juridique, les cas individuels, d'autre part. (3 personnes) Pos 7 : Toute discussion, opposition, « engueulade », n'est pas nécessairement souhaitable. Il s'agit de ne pas se braquer inutilement, pour éviter les blocages. Mais d'être constructif/créatif, d'éclaircir les confusions et lever les contradictions. Afin de s'approcher, collectivement, des objectifs/idéaux. « On est pas là pour soigner son ego ». (4 pers.) Pos 8 : le fonctionnement entièrement informel est adapté à un groupe restreint, qui consacre un temps important à la « déconstruction » collective des phénomènes d'aliénation sociale. Mais au delà d'une certaine taille, on ne peut se passer d'organisation, afin de mettre les idées en pratique. Il faut qu'il y ait une prise de responsabilité de chacun envers le collectif. (2 pers.) Pos 9 : un minimum de formalisation de l'organisation permettrait d'éviter les malentendus et les confusions, et favoriserait la compréhension par tous des enjeux. Cela permettrait de rendre effective la participation progressive de tous à tout, en mettant certaines choses sur papier, en produisant un minimum de documentation, en développant des pratiques d'échange de savoirs, savoirs-faires, expériences (ateliers, binômes, etc.). (4 personnes) Question C : Partage des tâches contre division du travail et spécialisation. Question liée : le partage, oui, mais comment ? Position 1 : La non spécialisation est irréalisable ; la spécialisation, inévitable. (1 personne) Pos. 2 : l'expérience, dans le collectif, montre que ce sont toujours les mêmes qui font les choses, individuellement. Les tentatives de rendre les tâches plus communes ont échoué. (1 personne) Pos. 3 : Le partage des tâches est « l'essence » du collectif, ainsi que l'absence de hiérarchie. Le collectif a été créé par des personnes qui ne voulaient plus agir à la manière des « organisations » politiques qu'ils avaient fréquentées. Il est hors de question que le fonctionnement se rapproche de celui des « orgas ». (2 pers.) Pos 4 : La spécialisation créée des inégalités entre les individus, et non l'inverse. Les facultés / conpétences au nom desquelles certains s'adonnent à certaines tâches sont de « pseudo compétences ». On ne doit pas désigner de supériorité chez certains. Le collectif reproduit déjà l'aliénation sociale, en témoigne l'inégalité de représentation et de participation entre « blancs » et « noirs ». (1 pers.) Pos 5 : Certains ne veulent pas savoir que certaines tâches existent ; ils les esquivent. La ségrégation sociale se reproduit. Personne ne doit rien faire que tous ne veuillent faire. (1 pers.) Pos 6 : les positions 3 et 4 sont l'expression d'une conception « binaire », ne laissant pas de place à la position et la résolution de problèmes concrets. (1 pers.) Pos 7 : on doit avoir le partage des tâches pour objectif, car sinon, le départ éventuel de « ceux qui font » plongerait le collectif dans l'impuissance. (1 pers.) Pos. 8 : Chacun est différent, avec ses goûts et ses facultés propres, en fonction desquels il choisit des tâches qui lui conviennent. (3 personne) Pos. 9 : une tâche donnée n'appartient à personne par définition, en fonction de son statut. La faculté qu'on a de mener à bien une tâche dépend de son investissement personnel temporel. On en devient plus capable à mesure qu'on s'y consacre. Il y a une démarche progressive d'apprentissage, d'appropriation, qu'il s'agir de mettre en oeuvre collectivement. « Chacun doit être le professeur de l'autre ». (5 personnes) Pos 10 : il s'agit de prendre en compte les Pos. 8 et 9 pour trouver les moyens effectifs de dépasser cette division de fait, de palier les différences de personnalité ou d'expérience, et faire en sorte d'étendre la participation et le partage. (4 personnes) Pos 11 : pour rendre effectif le partage des tâches, il faut identifier et fixer les tâches, puis s'organiser, en planifiant les choses à l'avance. Il s'agit de faire circuler l'information, d'accroître la lisibilité du travail. (4 personnes) Question D : Engagement égal de chacun contre investissement variable et libre Position 1 : Certains ne peuvent pas s'investir autant que d'autres, parce qu'ils n'ont pas le temps, ou pas envie, ou parce qu'ils ne s'en sentent pas capables (2 personnes). Pos. 2 : il doit y avoir, pour chacun, une prise de conscience de sa responsabilité devant le collectif, qu'il ou elle doit assumer. Nécessité d'une implication et d'un investissement personnel minimaux pour chacun. (2 pers.) Pos 3 : chacun doit s'interroger soi-même concernant son engagement et sa responsabilité, mais sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Il ne doit pas y avoir de « contrôle » de l'investissement. (2 pers.) Question E : opposition entre les membres « historiques » (les plus anciens) du collectif et les principes de fonctionnement auxquels ils se réfèrent, d'une part, et les personnes arrivées plus récemment, d'autre part. Question de l'augmentation du nombre de personnes et de l'élargissement du collectif. Question de l'implicite et de l'explicite dans les principes de fonctionnement. Pos. 1 : il faut respecter la « spécificité » de ceux qui travaillent depuis des années au sein du collectif. « Ca nous convient ». « Ne pas montrer du doigt ». (2 personnes) Pos. 2 : il y a un « noyau dur » de membres « historiques » qui définit et véhicule le « discours du collectif ». Ceux-là détiennent un pouvoir de fait. (1 pers.) Pos 3 : personne n'a le « pouvoir », mais des pratiques et des habitudes se sont développées avec le temps, qui se sont enracinées. (1 pers.) Pos 4 : Le « pouvoir » existe au moins potentiellement, puisque certains par le passé ont tenté de le prendre et « noyauter » le collectif. Mais il ne faut pas que quiconque le possède. (1 pers.) Pos 5 : « Le collectif est victime de son succès ». L'augmentation du nombre de participants est cause des problèmes de fonctionnement. Les pratiques « historiques », informelles, y sont inadaptées. Il faut désormais faire en sorte que chacun puisse s'exprimer et exercer ses facultés propres. (1 pers.) Pos 6 : L'implicite qui règne au collectif est contre-productif pour son action, et peut aussi masquer sa spécificité, et susciter des confusions. Il est illusoire de se baser sur l'implicite, ou même sur des « déclarations de principe », en espérant que les choses « se fassent d'elles-même ». (3 pers.) Pos. 7 : Des éléments implicites ont pu avoir pour conséquence des manifestations de mépris / de rejet lorsque des propositions sont faites, qui sont perçues comme excluantes. (2 personnes) Pos 8 : Comment concilier la transmission des expériences passées et de leurs enseignements, avec l'expression des nouveaux-venus ? Comment cerner le « positionnement » du collectif ? (1 pers.) Question F : Signification politique large de la défense des sans papiers et de l'action spécifique du collectif : Pos 1 : l'injustice qui frappe les sans papiers est le symbole de celle dont tous sont victimes dans la société. (1 pers.) Pos 2 : ce combat est celui de toutes et tous, sans distinction. Il ne doit pas être dissocié des autres luttes sociales. (1 pers.) Pos 3 : il y a des divergences, et même des oppositions, dans la conception de la défense des sans papiers, et elles ne sont pas conciliables. Le collectif ne doit pas être l'organe d'action de ceux qui « aiment les sans papiers », autrement dit, ceux qui veulent les aider, « faire de l'humanitaire », sans assumer la portée politique de leur situation et de l'action visant à les défendre. (1 pers.) Pos 4 : les divergences existent ailleurs aussi (ex : RESF), et il ne faut pas édifier des oppositions rigoureuses et « binaires » entre le collectif et les autres « orgas », ni dresser un tableau réducteur de ces dernières. (1 pers.) Quelques propositions concrètes qui ont été faites : Faire plus de bilans des actions entreprises. Dégager le bon et le mauvais. En tirer des enseignements pour les actions futures. Mettre en place des ateliers consacrés à des tâches (ex : les tracts), et/ou développer les binômes dans la réalisation des tâches. Accomplir les tâches plus collectivement (ex : rédiger les tracts à plusieurs). (Objection soulevée : quid de la diversité, de l'individualité des tracts ?) Identifier les tâches, les recueillir et les faire circuler. Demander systématiquement à l'avance qui souhaite se saisir d'une tâche donnée. Formaliser la présentation du collectif aux nouveaux-venus. Conclusion : La discussion n'a abouti à aucune conclusion particulière. _________________________________________________________________ Discover the new Windows Vista http://search.msn.com/results.aspx?q=windows+vista&mkt=en-US&form=QBRE