[sanspap-rennes]Pas de santé pour les sans-papiers en Espagne

From : happypop-raspo@... , the 30th April 2012 12:59
  • 2012-04-30 12:59:13 — happypop-raspo@... - [sanspap-rennes]Pas de santé pour les sans-papiers en Espagne

Quand l'austérité rencontre la xénophobie... En Espagne aussi, l'accès à la santé des personnes sans-papiers - déjà difficile en pratique - va être réduit par le gouvernement. Extrait d'un article du journal El Pais: "En pleine crise économique, les principales victimes des mesures qui prétendent combattre l'abus que font certains ressortissants étrangers du système de santé public espagnol, seront peut-être les immigrés les plus vulnérables. La ministre de la santé, Ana Mato, a annoncé qu'il ne suffirait plus d'être recensé pour obtenir la carte sanitaire [équivalent de la carte vitale, NdT], mais qu'il faudrait résider fiscalement en Espagne. Cela implique que les personnes se trouvant en situation irrégulière pourront seulement accéder aux urgences, à la maternité et aux soins pour les enfants, ce qui correspond à l'assistance basique garantie à toute personne. Le gouvernement va réformer la Loi d'Extranéité [le CESEDA espagnol, NdT] pour instaurer de nouvelles restrictions. « Le recensement ne leur suffira pas », a déclaré Mato, qui a expliqué que pour délivrer la carte sanitaire on vérifiera que ceux qui la demandent « vivent et travaillent vraiment comme nous et paient leurs impôts ». C'est à dire qu'ils résident légalement en Espagne. Mato a justifié cette réforme en évoquant les présumés abus de ceux qui font venir des membres de leur famille à la seule fin de recevoir des traitements médicaux. (…) En réformant l'accès à la santé des sans-papiers, Mato souhaite économiser 500 millions d'euros." Source : http://sociedad.elpais.com/sociedad/2012/04/20/actualidad/1334935039_248897.html Et le témoignage d'un professionnel médical paru dans ce même journal: "Je m'occupe de personnes atteintes du VIH dans un hôpital public. Sur mille patients que je suis, environ 150 sont des immigrés. Pas un seul n'est venu faire du tourisme sanitaire, et la majorité ne savaient pas qu'ils étaient infectés quand ils ont quitté leur pays à la recherche d'un travail qui leur permette de gagner leur vie, ou ont été contaminé depuis leur arrivée dans notre pays.  Beaucoup d'entre eux perdront la « carte de santé » et leur traitement antirétroviral en août, si les annonces de la ministre sont mises en œuvre. Ils seront les « élus » voués à mourir pour le bien des espagnols. Nous économiserons un peu d'argent sur nos comptes mal en point, en les laissant mourir, mais cela ne nous dérangera pas car ils sont clandestins. Ils ne le méritent pas. Ils n'existent pas. Mais moi, je connais leurs noms et leurs visages, et quand je leur dirai au revoir à la fin de la consultation, je saurai que je participe de l'hypocrisie d'une société ou le droit à la vie est réservé à certains. Comment se sent un politicien qui prend des décisions qui impliquent la mort de personnes sur l'autel d'un bien soi-disant supérieur, comme la réduction du déficit ? J'espère ne jamais être dans sa peau." Federico Pulido Ortega. Madrid. Courrier des lecteurs d'El Pais, 27 avril 2012.