[sanspap-rennes]Accompagnement à la plateforme d'accueil des mineurs non accompagnés (MNA)

From : karenjeuland@... , the 30th September 2017 07:25
  • 2017-09-30 07:25:31 — karenjeuland@... - [sanspap-rennes]Accompagnement à la plateforme d'accueil des mineurs non accompagnés (MNA)

Chroniqued'un accompagnement à la plateforme d'accueil desmineurs non accompagnés (MNA) à Rennes 6personnes mineures, venues du Mali, du Congo, de Guinée et du SierraLeone sont arrivées au gymnase, il y a quelques jours. Ils et elle sont donc à la rue, ne vont pas à l'école, sont livré.e.s à elle eteux mêmes. Ils et elle ont tou.te.s un acte de naissance, despapiers de scolarité, etc.Parmieux, 5 sont passés à la plateforme seuls, il y a quelques jours.Tous ont été remis à la rue. Certains avec 2 tickets repas en poche.Certains n'ont même pas été « enregistrés ». « Iln'y a pas de place » leur a t-on dit. 2 d'entre eux ont croiséune femme dans Rennes qui leur a offert une nuit d'hôtel. Puis, ilssont arrivés au gymnase d'Echange. Rappelons, comme ça en passant, que le conseil généralest responable des MNA.Lepréfet, il y a quelques jours a indiqué à la délégation que leconseil général n'avait en effet plus de place pour les MNA. Hier matin, 2soutiens se rendent à la plateforme d'accueil avec 3 de ces jeunespour voir, comprendre ce qui se passe. En montant les escaliers quimène au service, un des jeunes hommes craque et pleure.Unagent d'accueil assez sympa nous dit qu'il est désolé mais qu'iln'y a pas de place. Il a clairement l'air de crouler sous le boulot.Il a vraiment l'air pas bien, en faisant cette réponse négative.Nous : « Mais qu'est ce qu'on fait, on repart avec cesjeunes ? ». Lui : « Je sais, mais je n'ai pas lepouvoir de trouver des places... ». Nous : «  Ducoup, on les remet à la rue ? ». Lui « Je saisbien... ». Nous demandons s'il prend tout de même les docsdu jeune qui n'est pas enregistré. Il quitte le bureau, l'acte de naissance en main pour faire des photocopies. Quelquesminutes plus tard, le directeur de la plateforme arrive dans lebureau. L'ambiance se tend brutalement. Pas un sourire aux jeunes (nià nous). Il est très désagréable, très tendu, clairement agacéque nous (les 2 soutiens) soyons dans ce bureau. « Oui c'estpour quoi ? ». « Une pizza 4 fromage » ai-jeeu envie de lui répondre «  Oui, bah oui, qu'ils restentlà, on va voir, je ne sais pas ! ». Il se retourne et disparaît, sans un au revoir.Nous à l'agent d'accueil : « Mais du coup, comment ça sepasse ? En fait, il y a de la place ? Une liste d'attente ?Ils doivent repasser ? ». « Non qu'ils attendentdans la salle d'attente. ». Après avoir expliqué aux jeunes, quine comprennent pas grand-chose à ce qui se passe, nous les laissonsdans une salle d'attente où 5 autres jeunes attendent. »  Hiervers 16h, deux des jeunes nous ont rappelées pour nous dire qu'ilsétaient à l'hôtel. Ils sont visiblement très émus et nousremercient comme si nous leur avions fait un cadeau.Nousne savons pas comment les choses vont se passer pour eux, si et quandils seront diagnostiqués (enquête notamment pour la déterminationde leur âge) et le cas échéant pris en charge. Affaire à suivre. S'iln'y a plus de place à Rennes, pourquoi ces mineurs ne sont pasenvoyés dans d'autres départements, comme l'exige la circulaireTaubira ? Personne ne peut nous faire croire qu'il n'y pas deprise en charge possible en Lozère !!! Parce que, pour lesjeunes que nous avons rencontrés, ils sont remis à la rue, sansmême être reçus, sans être « évalués». Et sansdiagnostique, pas de prise en charge, pas de logement, pas d'école,etc. Ces3 jeunes ont eu une nuit d'hôtel, certainement parce qu'ils étaientaccompagnés. Peut-être en prenant les places d'autres jeunes...  Enrentrant au gymnase, nous croisons une femme et sa fille de 25 ans,demandeuses d'asile qui depuis le 22 août ont obtenu 7 nuitéesd'hôtel par le 115. Pour les autres nombreuses nuits, rien. Elles ne connaissent personne à Rennes. Elles dorment donc àla gare, sous le porche de république, etc.  Monsieur le Préfet, vous qui dites que les DA doivent être logés (elles sont DA), que les personnes vulnérables doivent être mises à l'abri (2 femmes seules ne risquent rien dans les rues de Rennes la nuit), qu'en fait pour beaucoup de personnes, ils ne sont pas vraiment à la rue et ont des solutions (la gare?), uneréaction ?