[Resf35][Fwd: [Anafe-info] La France sous-traite et privatise les contrôles aux frontières]

From : resf35@... , the 27th March 2008 22:08
  • 2008-03-27 22:08:57 — resf35@... - [Resf35][Fwd: [Anafe-info] La France sous-traite et privatise les contrôles aux frontières]

une protestation de l' ANAFE et du RESF  Anafé  RESF *Communiqué* *La France sous-traite et privatise les contrôles aux frontières* *27 mars 2008* Le samedi 22 mars 2008, lors de l'escale de Ouagadougou, la compagnie  Air Burkina demande aux passagers qui ont embarqué une heure plus tôt à  Bamako de présenter leurs pièces d'identité aux agents de sécurité d'une  société privée, qui viennent de monter dans l'avion^^1   . Trois d'entre eux scrutent attentivement les passeports des passagers  africains. Des passagers protestent contre ce contrôle inopiné. Le responsable du contrôle met en doute l'authenticité de la carte de  résident d'un commerçant sarakole. Le ton monte. Le commerçant dit  qu'avec de telles méthodes, la compagnie n'aura plus un client d'ici  deux ans. L'agent de sécurité lui répond que pour tout passager non  admis sur le territoire à l'arrivée par la police aux frontières, la  France facture 5000 euros à la compagnie. Selon lui, les autorités  maliennes sont trop laxistes sur les contrôles à l'embarquement à Bamako  et laissent embarquer des personnes avec des faux passeports. Air Burkina préfère débarquer les personnes pour qui elle a un doute  quitte à leur repayer ultérieurement un billet pour Paris si jamais les  passeports s'avèrent authentiques. Ce soir-là, les agents de sécurité  font descendre trois hommes de l'avion pour /« vérification des  documents »/. Une passagère s'émeut de leur sort. Un agent l'informe  qu'ils seront immédiatement refoulés sur Bamako. Un membre du personnel de bord tente de justifier la méthode /« vous  comprenez, s'il y a plus de 10 inadmis sur un vol, il ne rapporte plus  rien financièrement à la compagnie »/. Manifestement, tous les passagers  ne sont pas sensibles à cet argument, mais auprès de qui se retourner  pour faire valoir ses droits ? Suscitant le malaise des témoins impuissants de ces « opérations de  sélection », cette logique insidieuse de sous-traitance et de  privatisation des contrôles aux frontières entraîne un traitement  discriminatoire des voyageurs africains et des manquements inévitables  au respect des droits des passagers dans une quasi-impunité : comment  pourront-ils les faire valoir à Bamako, même quand ils auront été  victimes d'abus de pouvoir manifestes ? L'ANAFE et RESF* s'inquiètent de ce phénomène d'externalisation de la  politique répressive de pays comme la France, confiée au bon vouloir de  personnels qui ne devraient pas pouvoir se substituer à eux pour exercer  des missions de police.* *Elles dénoncent cette volonté de renforcer le contrôle des flux  migratoires au détriment de la protection et de l'accueil des étrangers  et en particulier des demandeurs d'asile.** **Pourtant, s*elon le  Conseil Constitutionnel, les dispositions relatives aux sanctions des  transporteurs /« //ne sauraient s'entendre comme conférant au  transporteur un pouvoir de police aux lieu et place de la puissance  publique »/. Au contraire, elles ont /« pour finalité de prévenir le  risque qu'une entreprise de transport refuse d'acheminer les demandeurs  d'asile au motif que les intéressés seraient démunis de visa d'entrée en  France »/^^2  . *L*'externalisation des contrôles, qui limite les arrivées aux  frontières et interdit l'accès au territoire, renforce gravement cette  tendance. En France, comme dans toute l'Union européenne, les  gouvernements multiplient les mesures en ce sens :    1.       des /« officiers de liaison »/ des Etats membres de l'Union sont       envoyés en poste dans des pays tiers pour contribuer à renforcer       le contrôle des flux vers l'Europe, par des échanges dans les       consulats et des activités de formation mais également en       effectuant eux-mêmes des contrôles des documents de voyage dans       les aéroports de départ ;    2.       des /« visa de transit aéroportuaire »/ sont imposés aux       ressortissants de pays de plus en plus nombreux pour rendre       toujours plus difficile le transit et l'arrivée dans nos aéroports       européens^^3  ;    3.       des /« sanctions » /sont imposées aux transporteurs pour les        « responsabiliser », ce qui les incite à sous-traiter les       contrôles à des agences privées de sécurité difficilement       contrôlables. 1  Depuis 2004, les compagnies aériennes CAM et Air  Burkina partagent un Airbus A319 qui relie trois fois par semaines  Bamako à Ouagadougou puis Paris 2  Décision du 25 février 1992, partie sur l'asile,  paragraphe II de l'article 20 bis. 3  Cf. le communiqué de l'Anafé, /Et encore deux  nouveaux visas anti-réfugiés somaliens et tchétchènes !/, 4 février 2008) --  Caroline Maillary  Anafé 21 ter Rue Voltaire - 75011 Paris Téléphone: +33 1 43 67 27 52 | Télécopie: +33 1 43 67 27 52 Permanence pour les personnes en zone d'attente : +33 1 42 08 69 93 Adresse électronique: contact@... | http://www.anafe.org/ _______________________________________________ Anafe-info@... - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/anafe-info