[sanspap-rennes] Allez, cette fois, on y va !

From : dunezat.xavier@... , the 17th October 2003 21:50

Une journée intéressante et horrible : --> 9 heures : nous allons à la préfecture de Beauregard voir ce qui se passe du côté des guichets étranger-e-s. Nous découvrons 50 personnes pour un guichet ouvert (un autre guichet ouvert est réservé aux étudiant-e-s primo-arrivant-e-s mais y a deux personnes). A 9 heures, le premier étranger est reçu. A 9 heures 20, le second. Devinette : à quelle heure passera le cinquantième étranger faisant la queue ? Un rapide "sondage" nous apprend que certaines personnes en sont à leur deuxième jour de queue. --> 10 heures : nous allons à l'AG des intermittent-e-s du spectacle. Nous racontons ce que nous savons sur la vie des sans-papiers et la multiplication des expulsions et des interpellations à domicile à 6 heures du matin. Accueil chaleureux, débat, jonction réussie. Nous aurons un droit de parole demain à 16 heures lors du rassemblement festif interprofessionnel place de la mairie à 16 heures (viendez donc !). --> 11 heures 30 : nous sommes au tribunal administratif pour soutenir un équatorien de 26 ans en rétention qui est débouté du droit d'asile, qui a été exploité dans les vignobles bordelais depuis plusieurs années, qui ira directement en prison pour appartenance politique à un parti indésirable (sauf paiement d'une somme de 4000 $ à des intermédiaires). Le tribunal confirme l'arrêté de reconduite à la frontière dont il est l'objet. A la sortie de la salle du tribunal, la police de l'air et des frontières (PAF) lui passe les menottes. C'est illégal mais c'est comme ça. Il sera expulsé lundi. --> 14 heures : une française, enceinte de 7 mois, nous appelle pour nous apprendre que son ami marocain - avec qui elle doit se marier dans une semaine - est activement recherché par la police (5 visites à domicile dans sa famille à 6 heures du matin avec promesse de l'attraper avant le mariage). Elle veut savoir ce que nous pouvons faire. "Euh", répondons-nous. Contacts, demi-solutions. --> 15 heures : un kurde, militant politique, obligé de pointer à la police de l'air et des frontières (vous noterez la centralité de ces "fonctionnaires" dans tout ce qui se passe) nous appelle pour être accompagné lundi lors de son pointage au cas où. Il doit pointer en attendant une expulsion jouée d'avance. --> 15 heures 30 : le même kurde nous appelle pour nous apprendre qu'il voudrait se pacser avc son amie mais que, comme la PAF (vous noterez etc) détient son passeport, il ne dispose d'aucune pièce d'identité. Alors, comment faire pour se pacser ? "Euh", répondons-nous. --> 16 heures : un autre kurde nous appelle pour nous demander de l'aide pour son meilleur ami (de 18 ans) qui a été interpellé hier dans le métro lors d'un contrôle par...allez, devinez qui. Nous trouvons en urgence une avocate. --> 18 heures : nous nous rendons au rassemblement quotidien place de la mairie. Nous sommes une dizaine pour préparer l'action de demain. --> 19 heures 30 : il fait froid. Nous décidons de préparer demain matin l'action. Au programme, demain : --> 11 heures 30 : rendez-vous place de la mairie pour finir la préparation de l'action de 16 heures (déployer 20 personnes en carton racontant une histoire d'expulsion faite, en cours ou à venir). --> 15 heures 30 : rassemblement du collectif place de la mairie pour décider d'une action (sans doute occupation de la mairie, mais faut pas le dire). --> 16 heures : participation et prise de parole au rassemblement manifestif organisé par les intermittent-e-s. Cette journée mériterait qu'on s'y attarde. Salut