[sanspap-rennes]Répression contre un journaliste à Calais et Rennes

From : happypop-raspo@... , the 29th October 2016 10:42
  • 2016-10-29 10:42:22 — happypop-raspo@... - [sanspap-rennes]Répression contre un journaliste à Calais et Rennes

Hier, un journaliste a été arrêté à Calais en plein reportage, par douze gendarmes. Il a ensuite passé 33 heures en garde-à-vue, pendant lesquelles il a découvert : *que la préfecture avait utilisé l'état d'urgence pour l'interdire de séjour à Calais. Un des motifs de son arrestation est donc "séjour illégal dans un périmètre protégé par l'état d'urgence". Mais comme il n'était pas au courant, il ne devrait pas être poursuivi pour ça. *qu'il était accusé de vol, car lors d'un précédent reportage à Calais, il a trouvé par terre un talkie walkie perdu par des flics. Il a écouté quelques messages radio - tentant pour un journaliste - a pris des photos pour se moquer de la police qui laisse traîner son matériel, puis a laissé le talkie walkie à des migrants. *que douze policiers rennais ont portés plainte contre lui pour "injure publique", parce que lors d'une manifestation il a tweeté une photo d'un groupe de policiers patibulaires avec le commentaire "Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer" (ce qui, on en conviendra, n'est pas très gentil, mais quand même assez Charlie) A l'issue de sa garde-à-vue, le Juge des libertés et de la détention (JLD) l'a interdit de Nord-Pas-de-Calais (encore !) et l'a placé sous contrôle judiciaire : il doit pointer une fois par semaine au commissariat de Strasbourg. Il a bien une adresse là-bas, mais c'est à des kilomètres de son activité professionnelle, qui est plutôt concentrée à Paris et dans l'Ouest (et à Calais mais pour le coup c'est raté...). Je partage ces informations sur la liste car c'est en couvrant la situation à Calais qu'il a été arrêté, mais aussi parce que la plainte pour "injure publique" rappelle les ennuis judiciaires du collectif face à la Police aux Frontières. Je précise que ce journaliste fait partie de ces reporters plutôt jeunes, travaillant en free-lance ou dans des médias indépendants (sans actionnaires ni pub), qui font des reportages sur les mouvements sociaux, les manifestations, la "jungle" de Calais, Notre-Dame-des-Landes, les squats de migrants... Il fait donc partie de ces journalistes qui ont passé une année 2016 mouvementée, à coup de contrôles de police à répétition, d'interdictions de manif, d'arrestations abusives, de matériel cassé, quelque fois de violences policières directes. Il fait aussi partie de ces journalistes qui filment et dénoncent les agissement des policiers contre des manifestants, des migrants ou des journalistes. Les policiers, les gendarmes, les préfets et tout ce qui s'en rapproche ne l'aiment pas beaucoup. C'est plutôt compréhensible au regard de ses activités. Mais le problème, c'est qu'en ce moment, l'Etat se permet un peu tout et n'importe quoi à l'encontre des gens qu'il n'aime pas. Son témoignage : http://taranis.news/2016/10/33h-de-garde-a-vue-vous-savez-ca-vient-den-haut-de-tout-en-haut/ Un article du Monde : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/10/29/un-journaliste-poursuivi-et-interdit-de-sejour-dans-la-jungle-de-calais_5022342_1653578.html [http://s1.lemde.fr/image/2016/10/29/644x322/5022339_3_4363_la-jungle-de-calais-mercredi-jour-de_465a1daf59f6bac9c3dffa77d1ca8e1e.jpg] Un journaliste poursuivi et interdit de séjour dans la « jungle » de Calais www.lemonde.fr Gaspard Glanz, habitué de la couverture des mouvements sociaux, a été interpellé mercredi. Poursuivi pour « vol », il est soumis à un strict contrôle judiciaire.