[sanspap-rennes] actionpréfecture : presse + police

From : dunezat.xavier@... , the 18th February 2004 17:01
  • 2004-02-18 17:01:40 — dunezat.xavier@... - [sanspap-rennes] actionpréfecture : presse + police

Nous étions une dizaine (dont 6 demandeurs d'asile) aujourd'hui à la préfecture pour une fois encore constater les "dysfonctionnements" et les dénoncer. Nous avions invité un journaliste pour qu'il voie lui-même (article dans Ouest-France demain sans doute). A 14 heures, une trentaine de personnes attendaient. Une vingtaine avaient eu la chance d'être inscrites sur les listes du jour et se sont vues remettre un ticket (sachant que ces 20 personnes devraient être reçues en 2 heures et que chaque entretien dure au moins un quart d'heure pour un guichet ouvert, calculez la probabilité que la moitié de ces 20 personnes aient à revenir demain...). Des listes sont affichées et complètes sur les vitres du guichet jusqu'à mardi prochain. Les personnes qui ont pensé à venir à 14 heures ont pu être inscrites pour mardi prochain. Celles qui sont arrivées après 14 heures sont reparties sans rien comprendre puisque rien n'est expliqué et il semble qu'on ne peut s'inscrire qu'à 14 heures (vive le service public). Le problème, c'est que les personnes qui ne peuvent accéder au guichet pour renouveler leur récépissé se retrouvent en situation irrégulière à la merci de n'importe quel contrôle policier (réponse du chef de service : "la police est au courant et n'arrêtera pas les gens", bêh voyons). D'autre part, ces mêmes personnes ne peuvent plus accéder à différents droits (comme les cartes de bus) car leur récépissé n'est plus valable (réponse du chef de service : "Bêh oui, c'est comme ça"). Passons sur quelques engueulades entre usager-e-s qui attendent, sur quelques réflexions semi-racistes du chef de service ("quand on met en place un système de tickets, y a un marché noir de revente des tickets qui se propage car ils sont pas habitués" --> compte tenu du fait qu'il n'y a qu'un guichet d'ouvert et des durées d'attente pour accéder au guichet (plusieurs jours), on comprendra que ce type de pratiques se mette en place), etc. Le journaliste a voulu prendre des photos de la queue et des listes mais la préfecture l'a rappelé à l'ordre. Vive la transparence du service public. On nous a aussi promis la rencontre avec un "chef" qui n'est jamais venu. Enfin, au bout de deux heures, 8 policier-e-s sont venu-e-s nous parler. La préfecture leur avait téléphoné pour dire que nous semions le désordre dans les services. La police nous a alors demandé d'arrêter de "foutre la merde" (je cite dans le texte) et qu'il ne valait mieux pas qu'ils aient à revenir. Nous avons dit que nous n'avions rien fait (nous n'occupions même pas, pour une fois !). On nous a dit que "peut-être mais quand même". On est sorti-e-s et on est parti-e-s. Morale de cette histoire : n'importe quel-le couillon-ne ou même citoyen-ne qui veut juste regarder comment fonctionne l'administration de "son" pays peut être considéré-e comme "fouteur-se de merde". La prochaine fois, on occupera vraiment, comme ça les choses seront "dans l'ordre habituel". Vive la France et vive la République, comme dirait l'autre ! Salut