Re: [spip-dev] Re: Style Switcher

From : arno@... , the 19th August 2003 21:35

On Tue, 19 Aug 2003 21:22:59 +0400, oOo-- DoriaN --oOo   wrote:
 Je suis aussi en train de m'y essayer (disons que j'ai eu la même idée),  mais je commence lentement en reprenant le jeu de squelette de la  distribution  - pour enlever toutes références de style dedans  - pour y ajouter toutes les balises SPIP possibles afin d'en faire un   super  exemple complet  Comme je suis pas spécialement pro XHTML/CSS je vais pas aller vite.
 Je ne suis pas convaincu de l'utilité du "style switcher" en soi.  Pour plusieurs raisons :
Evidemment, si vous voulez développer des squelettes et les distribuer,  vous êtes plus que bienvenus. Et si, même, les bonnes volontés avaient pu  se bouger les fesses plus tôt pour éviter que Karim soit le seul à bosser  sérieusement sur des squelettes génériques, ça n'aurait certainement pas  été plus mal. En revanche, le machin de style switcher ne peut pas être livré d'office  avec SPIP. Cela sera distribué en part (genre spip_contrib). Il est en  effet impératif que les squelettes livrés d'office soient aussi simples et  propres que possible. L'exhubérance graphique n'est pas le but ici, mais la  simplicité de l'exemple. Avec des squelettes simples et lisibles, la courbe  d'apprentissage des utilisateurs est continue: on commence simple avec du  code HTML lisible et on peut progresser de manière continuelle. Avec des  squelettes complexes et tarabiscotés, les utilisateurs ne peuvent plus  progresser; certes ils ont des zolis sites illico, mais ils sont figés. Comme on est sur la liste des développeurs, je vais vous donner l'exemple  de TeX et de LaTex, bien connus des informaticiens. Bicoz ça fait partie de  mon boulot de la vraie vie que je paie mon loyer avec. - Au début était TeX, un logiciel (pas exactement libre, mais le concept de  l'open-source, de la redistribution et de la gratuité y sont déjà) créé par  Donald Knuth, qui permet de créer des documents techniques et scientifiques  de très haute qualité typographique. Ce truc est, de l'opinion générale,  une petite merveille (Knuth est un très célèbre informaticien dont tous les  ingénieurs en informatique apprennent les théorèmes à l'école).  Typographiquement, je ne suis pas certain qu'on ait égalé sa finesse; dans  ces concepts de "fonctions", c'est absolument inégalé. En effet, TeX n'est pas WysiWyg. Cela se "programme". TeX est un équilibre  assez bizarre entre un langage de description de page (ce qu'on affiche à  tel endroit), un langage de description de structure de document (ceci est  un titre, ceci est un sous-titre), et un véritable langage de programmation  (tests conditionnels, utilisation de fonctions qu'on programme...). Pour le  grand débutant, c'est totalement imbitable à utiliser. Pendant des mois, on  galère pour effectuer les mise-en-pages les plus élémentaires (comment  changer les titres en haut de page, changer de police de caractère...).  Mais une fois qu'on s'y est mis, c'est un bonheur: la courbe  d'apprentissage est certes lente au début, mais progressive sans jamais  aucun à-coup: pour passer de grand débutant à TeX-gourou (c'est dans la  terminologie du truc), c'est juste une question de temps, mais pas  d'apprentissage de concepts imbitables. On progresse au fur et à mesure  comme on monte un côte continue (avec du temps, on arrive au bout sans  équipement spécial ni techniques d'escalade ultra-balaises). - Et puis une bande d'andouilles bourrées de bonne volonté ont développé  LaTeX. LaTeX est un ensemble de fichiers que l'on ajoute à TeX (désormais,  c'est préinstallé avec sans qu'on demande quoi que ce soit). Du bonheur  pour le débutant: tout d'un coup, tout un tas de fonctions complexes sont  illico intégrées dès le début. Très très rapidement le débutant peut livrer  des documents à la mise en page relativement complexe. Sauf que ce coup de génie a transformé les utilisateurs de TeX (LaTeX,  donc) en parfaits abrutis assistés. Pour une raison très simple: la courbe  d'apprentissage, certes plaisante et extrêmement facilitée au début,  présente un à-pic vertigineux dès qu'on veut personnaliser sa mise-en-  pages. Parce que rentrer dans les routines de LaTeX est proche de  l'impossible. Ca n'est plus la côte régulière précédente, c'est un  téléphérique au départ (viendez les touristes) qui vous laisse au pied  d'une falaise pour laquelle il faut un matériel spécial introuvable avec  des trucs en titane et un entraînement de méga-sportif dopé aux hormones.  Du coup, les utilisateurs de LaTeX ont rigoureusement tous, au bout d'un  moment, le même niveau: des "power-users" (terminologie du truc): des  utilisateurs compétents mais totalement passifs qui ne progressent plus et  qui produisent tous les mêmes mise-en-pages. Votre power-switcher, là, c'est exactement la même logique que LaTeX: sympa  au début, mais avec pour effet immédiat et absolu de mettre un terme  violent à la courbe d'apprentissage des utilisateurs de SPIP. (Au passage, je pense que le W3C-validator produit exactement le même effet  sur les webmestres exhubérants qu'on fait chier avec un xhtml rigide et mal  branlé. Au passage encore, c'est exactement le principe des thèmes des  Nukes-like: y'en a plein de vachement zolis, mais pour rentrer dedans, vas-  y, monte là-dessus.) Amicalement, ARNO*