[zpajol] Tours : LE MINISTRE DE L'INTERIEUR PORTE PLAINTE NON AU REFOULEMENT DE L'HISTOIRE

From : jcapache@... , the 3rd May 2010 22:27
  • 2010-05-03 22:27:11 — jcapache@... - [zpajol] Tours : LE MINISTRE DE L'INTERIEUR PORTE PLAINTE NON AU REFOULEMENT DE L'HISTOIRE

LE MINISTRE DE L'INTERIEUR PORTE PLAINTE NON AU REFOULEMENT DE L'HISTOIRE Le Ministre de l'intérieur vient de porter plainte contre X à propos  d'un communiqué publié le 12 février 2010 par le collectif SOIF  D'UTOPIES et RESF 37, intitulé « Les Baleiniers », qui dénonçait  l’utilisation du fichage des enfants dans les écoles pour repérer les  sans-papiers. « Cette technique de chasse aux enfants a eu son heure de ''gloire''  pendant une des périodes les plus sombres de notre histoire  contemporaine. Les nervis de Vichy ont en effet utilisé les enfants pour  pouvoir aider à la déportation de ces derniers et de leurs parents. « Il semblerait que certains fonctionnaires préfectoraux,  particulièrement zélés, s'inspirent de nouveau de la chasse à la  baleine. Actuellement, les fichiers, comprenant la liste des élèves et  leur adresse (par exemple Base élèves), sont constitués dans chaque  établissement. Certains fonctionnaires préfectoraux interviennent auprès  des directeurs d'établissement pour que ceux-ci leur transmettent la  nationalité des parents. C'est illégal ! Il y a de réels soupçons en  Guyane, en Ille-et-Vilaine et en Indre-et-Loire. » (extrait du CP « Les  Baleiniers ») Le 16 février 2010, la préfecture d’Indre-et-Loire répondait par un  communiqué. Elle affirmait qu'elle «[...] n'a jamais interrogé les  directeurs d'établissements scolaires pour connaître la situation de  leurs parents ressortissants étrangers. Cette consultation serait en  tout état de cause inutile puisque le fichier national des étrangers  AGDREF (Application de Gestion des Dossiers des Ressortissants Etrangers  en France) auquel la préfecture a accès fournit tous les renseignements  utiles à la connaissance du dossier de l'étranger ». Ainsi donc, l'Etat serait en mesure de connaître l'ensemble des  personnes sans papiers vivant en France. Tous les « clandestins »  seraient donc fichés ? C’est là un gros mensonge et une pure  forfanterie, puisque, par définition, toute personne entrée  clandestinement sur le territoire français et n'ayant pas encore entamé  de procédure de régularisation, ne peut être inscrite dans ledit  fichier. Personne aujourd’hui, et l’Etat moins que quiconque, ne peut  donner le nombre exact de « clandestins » - seulement des estimations  qui ne sont que des supputations. En Indre-et-Loire, deux directeurs d'école ont été sanctionnés parce  qu'ils refusaient d'inscrire les données demandées dans le fichier «  Base-élèves ». Dans d'autres départements, plusieurs responsables  d'école ont aussi été sanctionnés. Si ce fichier était si anodin pour le  pouvoir, pourquoi sanctionner les enseignants ? Le président de l'association CHRETIENS-MIGRANTS (elle n'a pas signé le  communiqué incriminé), a été convoqué le 20 avril 2010 au commissariat  de Tours, pour enquête. Selon lui, les policiers chercheraient à  connaître les noms des rédacteurs de ce communiqué au contenu  diffamatoire, selon le ministre de l’Intérieur. Il ne supporterait pas  la comparaison de certaines pratiques policières actuelles avec celles  du gouvernement de Vichy. Sans doute le ministre, par ailleurs élu d’une région qui comprend Vichy  au nombre de ses villes illustres, veut-il soustraire de la mémoire  collective l'aspect symbolique de cette ville, devenue entre juillet  1940 et septembre 1944 la capitale de la collaboration avec le régime  nazi. Ce ne sont pas ses propos racistes sur ''les Auvergnats'' (mais il  faut entendre « les Arabes ») qui contribueront à effacer de l’histoire  ce régime antisémite et xénophobe ! Etablir une comparaison n’est pas  pratiquer l’amalgame. Par définition, la recherche historique est peu ou  prou comparatiste. Refuser la comparaison conduit inévitablement à  mutiler la recherche historique et donc à refouler toute interrogation  sur le présent et les avenirs possibles au regard de l'expérience  historique. C'est bien sous couvert du Ministre de l'intérieur que des  policiers arrêtent des parents sans papiers venus chercher leurs enfants  à la sortie de l'école, comme le faisaient des policiers aux ordres du  ministre de l'intérieur du gouvernement de Vichy ! On ne peut qu'être intrigué par le fait que ce soit le ministre en  personne qui porte plainte. Dans des affaires analogues, ce sont les  préfets qui font appel à la justice lorsqu'ils estiment que le  représentant de l'Etat est diffamé. Au vu de la situation en Indre-et-Loire, il aurait été sans doute  difficile pour le préfet de porter plainte en personne. Celui-ci vient  d’être condamné 14 fois, depuis le mois de novembre 2009, par le  Tribunal Administratif d'Orléans pour manquement à ses obligations  légales d’hébergement de 14 familles et célibataires demandeurs d'asile.  Il a de plus été condamné, le 12 avril 2010, à une astreinte de 200 €  par jour parce qu'il ne remplissait pas les conditions que lui impose le  jugement du TA par rapport à l’une de ces familles. Le 21 avril, le juge  des référés l'a de nouveau condamné à 3 autres astreintes pour 3 familles. Le 23 avril 2010 une plainte pour « non assistance à personnes en danger  » contre le même préfet et contre X a été déposée auprès du procureur du  Tribunal de Tours par une famille. Elle était demandeuse d'asile et  souhaite maintenant obtenir un titre de séjour pour raisons médicales.  Bien que certains des membres de cette familles connaissent d’évidents  et graves problèmes de santé, nécessitant des hospitalisations, les  services préfectoraux les laissent à la rue et les associations en  charge de l'hébergement à Tours font de même. D'un côté, un ministre estime qu'un préfet (donc l'Etat) est diffamé  lorsque des comparaisons historiques sont faites ; de l'autre, ce même  préfet, représentant de l'Etat, bafoue les lois, la Convention de  Genève, et la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Comment se fait-il que ce gouvernement, si pointilleux sur sa politique  sécuritaire, soit aussi peu enclin à enjoindre à ses représentants de  respecter les droits des personnes ? Comment se fait-il que nous soyons  obligés de faire appel à la Justice afin que L'Etat remplisse ses  obligations légales ? On peut s'étonner également qu'il ait fallu deux mois pour que le  Ministre estime nécessaire de déposer plainte à propos d'un communiqué.  Est-ce le fait d'imposer à la préfecture d'Indre-et-Loire de respecter  le droit d'asile qui, en fin de compte, soit si gênant pour le pouvoir ?  Le gouvernement craint-il l'extension, voire la généralisation, dans  tous les départements, de cette lutte pour l'accueil digne et décent des  demandeurs d'asile ? Quoi qu'il fasse, cet élargissement s'opère : déjà  dans plusieurs départements des démarches similaires à celles initiées  collectivement à Tours sont entreprises. Il y a tout lieu de penser que  les préfets seront condamnés pour les mêmes raisons, l'application de 3  arrêts du Conseil d'Etat imposant aux préfectures d'assurer  l'hébergement des demandeurs d'asile et de leur fournir les moyens de se  nourrir et de se vêtir. Une militante du Collectif SOIF D'UTOPIES est convoquée au commissariat  de Tours le 4 mai 2010. Nous exigeons l'arrêt de toutes les poursuites dans le cadre de cette  plainte contre X. Nous luttons et lutterons sans cesse pour le respect du droit d'asile,  pour l'obtention des papiers pour tous, la liberté de circulation et  d'installation, la fermeture et la disparition des camps de rétention et  un logement pour tous. Tours, le 03/05/2010 COLLECTIF SOIF D'UTOPIES 06 31 56 17 56 soifdutopies@...