[zpajol] réponse du Rassemblement à l'article mensonger et diffamatoire du Monde à son é gard

From : flavo@... , the 5th septembre 2002 14:41
  • 2002-09-05 14:41:17 — flavo@... - [zpajol] réponse du Rassemblement à l'article mensonger et diffamatoire du Monde à son é gard

Le 3 septembre 2002 Cher(e) ami(e), Dans le journal Le Monde  daté du 3 septembre, on trouve à la page 10, sous la signature de Anne-Françoise Hivert, nom qui ne nous disait rien, et qui maintenant ne nous dit rien qui vaille, un article tout à fait étonnant par le nombre de bourdes et de contrevérités qu¹il contient. L¹article est en outre carrément diffamatoire sur des points factuels précis et graves. Sur le fond, il s¹agit d¹une violente attaque menée par ceux qui ont tout soudain entrepris, ayant perdu les élections, de redonner de la couleur à la gauche plurielle en manipulant de façon éhontée les ouvriers sans papiers. Nous avons envoyé aussitôt au journal le texte qui suit, mais connaissant les journaux, nous jugeons raisonnable de vous le faire parvenir directement. Amicalement Natacha Michel, Alain Badiou, Sylvain Lazarus Réponse à quelques gros mensonges L¹article paru le 2 septembre dans votre journal concernant les différentes actions des sans-papiers comporte, concernant l¹Organisation politique, outre des erreurs patentes, des imputations diffamatoires graves. Étant de surcroît nommément cités dans cet article, nous vous demandons d¹user de notre droit de réponse. Il est incroyable de voir tant de contrevérités en si peu d¹espace, et encore plus que votre journal n¹ait nullement cherché à vérifier quoi que ce soit. Nous irons du plus anodin au plus grave. 1. L¹Organisation politique n¹a nullement été créée en 1997, mais en 1985.  2. Elle ne s¹est jamais appelée Le Perroquet. Le Perroquet est le nom d¹un « quinzomadaire d¹opinion », auquel ont collaboré de très nombreux intellectuels indépendants, et qui a été publié de 1981 à 1987. 3. Elle n¹a aucunement été créée par « Alain Badiou et Sylvain Lazarus », mais par plusieurs centaines de personnes qui faisaient ainsi le bilan de leur expérience politique entre la fin des années soixante et le début des années quatre-vingt. Quant à ses secrétaires, ils sont nommément Natacha Michel, Alain Badiou et Sylvain Lazarus. 4. Ce n¹est pas une organisation « maoïste ». Quel serait du reste le sens de ce mot aujourd¹hui ? Si certains de ceux qui y militent ont été intéressés par l¹expérience révolutionnaire chinoise dans les années soixante-dix, tout le sens de l¹Organisation politique est justement de proposer une conception entièrement nouvelle de la politique, et singulièrement une politique « sans parti », ce qui n¹a aucun sens dans le maoïsme, quoiqu¹on veuille dire sous ce mot. 5. Venons-en à l¹essentiel. Le Rassemblement des collectifs des ouvriers sans papiers des foyers et de l¹Organisation politique est une organisation politique toute nouvelle, qui depuis cinq ans conduit dans le silence général de la presse, notamment le silence du Monde, une grande bataille politique pour la régularisation sans condition de tous les ouvriers sans papiers. Nous avons maintes fois organisé des manifestations de plusieurs milliers de personnes. Le Rassemblement publie un journal très diffusé, Ici. Nous sommes aujourd¹hui sans conteste l¹organisation la plus présente dans les foyers (c¹est le seul point exact de l¹article avec la citation que nous assumons complètement : « Les listes ne servent qu¹à alimenter les fichiers de la police »). Toute cette action est entièrement pacifique et organisée, et, à l¹occasion de manifestations et de meetings, nous vous avons fait régulièrement parvenir nos déclarations et nos journaux.  6. Que la force du Rassemblement irrite certains de ceux qui tentent d¹instrumenter les sans-papiers pour redonner des couleurs à une « gauche plurielle » déconfite, nous le comprenons bien. Car en ce qui nous concerne, nous avons combattu Jospin/Chirac et nous combattons Raffarin/Chirac, au vu de leur politique de persécution des sans papiers, et de rien d¹autre. Cela dit, la calomnie ouverte, nous ne pouvons pas la laisser passer. L¹idée que nous pratiquerions l¹agression et le détournement des actions est intolérable, d¹abord auprès de ceux qui nous font confiance.  7. Voici certaines de nos prises de position essentielles :  Nous désapprouvons depuis plus de quatre ans les activités de type occupation. La plupart des sans papiers sont des ouvriers. Le mot « ouvrier », contre le mot « immigré », est l¹axe majeur de la bataille pour la régularisation de tous ceux qui n¹ont pas de papiers. Les occupations de lieux publics, en échange d¹un coup médiatique au service de man¦uvres politiques qui leur sont étrangères, sépare les ouvriers de ce qui constitue leur identité ici, et qui est le travail. Elle les éloigne de tout projet d¹organisation libre et prolongée dans des collectifs de foyers et dans le rassemblement, de la discussion politique avec les gens dans les quartiers, de la construction de leur force indépendante. ‹ Nous désapprouvons donc aussi depuis le début l¹occupation de la basilique Saint-Denis. Cette désapprobation est politique, argumentée, et relève uniquement du libre débat public, comme tous nos documents en font foi. ‹  Nous sommes opposés à la constitution de listes fermées de sans-papiers, car cela est directement contraire à l¹idée que nous nous faisons de la politique, laquelle est toujours pour tous, et non pour une liste. ‹ Les foyers sont les lieux de vie, de rapports sociaux et d¹entraide, nécessaires aux ouvriers dont la vie est en tout état de cause difficile. Or ces foyers sont l¹objet d¹un plan général visant soit à les détruire, soit à les éloigner des centres urbains, à en supprimer le cadre collectif, à augmenter les loyers et à en chasser les sans-papiers. Nous demandons l¹arrêt de ce plan néfaste, qui prolonge les nombreuses atteintes portées depuis des décennies aux lieux de vie populaires. Que l¹on rénove les foyers, que l¹on en construise de nouveaux, voilà notre position. ‹ C¹est un pur mensonge de nous attribuer quelque rôle que ce soit dans les incidents de ces derniers jours, quels qu¹ils soient. Dire que nous avons poussé à la réoccupation de l¹église est une contrevérité flagrante, délibérée et cynique. Il vous était extrêmement facile de le vérifier. Les intentions des menteurs révèlent leur faiblesse politique, et la tentative qui est la leur d¹utiliser la situation des ouvriers sans papiers pour remettre en selle la gauche. Il leur importe tout particulièrement de passer sous silence que c¹est la gauche qui a fait voter la loi Chevènement, loi dite de 10 ans, qui exige 10 ans de présence en France sans papiers pour avoir le droit de déposer un dossier de demande de régularisation. Bien sûr, Chirac et Sarkozy trouvent cette loi excellente et ne veulent rien y changer.   Pour nous, qui sommes entièrement indépendants du jeu parlementaire, qui ne cherchons aucun poste dans l¹Etat, notre avenir est tout tracé : affirmer partout que tous les ouvriers doivent avoir des droits, que celui qui vit et travaille ici est d¹ici, que la question des ouvriers sans papiers est la question des droits ouverts par le travail, et non une question de police. C¹est une question majeure de la démocratie en France aujourd¹hui. Nous la formulons ainsi : L¹Etat en France doit compter  chacun pour un, pour ce qu¹il est, là où il est. Alain Badiou, professeur de philosophie à l¹Ecole Normale Supérieure Sylvain Lazarus, professeur d¹anthropologie à l¹Université Paris VIII _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers * abonnement/desabonnement via le web a  * abonnement par mail : envoyer a zpajol-request@... un message dont le Subject: est subscribe * desabonnement par mail : envoyer a zpajol-request@... un message dont le Subject: est unsubscribe mot_de_passe (votre mot de passe vous est envoye par mail quand vous vous abonnez) * archives : en double,    et