[zpajol]Leur dernière carte ? -Résistons ensemble avril 2016, n° 151

From : janosb@... , the 10th avril 2016 09:29
  • 2016-04-10 09:29:12 — janosb@... - [zpajol]Leur dernière carte ? -Résistons ensemble avril 2016, n° 151

Pour télécharger ce bulletin A4 recto-verso en pdf :  http://resistons.lautre.net/spip.php?article561 Leur dernière carte ? Laurence Rossignol, ministre des « droits des femmes, de la famille et  de la jeunesse » (sic) compare les femmes qui portent un voile à ces «  nègres américains qui étaient pour l’esclavage. », pour elle, c’est  simple, celles qui choisissent de se voiler sont « des militantes de  l’islam politique ». Pour Patrick Kanner, ministre de la ville, il y a  en France : « une centaine de quartiers » qui présentent « des  similitudes potentielles avec Molenbeek ». Ces déclarations sont d’abord  présentées comme des bourdes de ministres mais très vite Valls en  rajoute une couche dans un discours tout à fait officiel : « le voile  (n’était) pas un objet de mode, (mais) un asservissement de la femme »  pour ensuite stigmatiser insidieusement les millions de supposés  musulmans vivant en France comme étant soumis aux salafistes : « Il y a  une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) qui sont en  train de gagner la bataille idéologique et culturelle. ». Pour le  pouvoir la boucle est bouclée, l’ennemi est dans le collimateur :  musulmans, habitants des cités populaires… tous des terroristes potentiels. Nous sommes loin du baratin électoral de Hollande : « mon ennemi, c’est  la finance ». Les possédants ont une ligne : ils veulent remplacer  l’opposition entre les pauvres et les riches par le racisme contre les  non-blancs, par l’islamophobie, par la négrophobie… C’est une politique,  la dernière carte des capitalistes avant l’écroulement de la démocratie  parlementaire et l’avènement d’une dictature policière ouverte. Les lois sécuritaires, anti terroristes, la réforme du code pénal, la  formation des milices privées armées (SNCF, RATP…), les violences  policières, l’état d’urgence permanent sont déjà là, le piège n’attend  que de se refermer. On travaille l’opinion publique, sous prétexte de la  lutte « anti-terroriste » pour lui faire avaler toutes ces dispositions  liberticides en lui assénant les idées nauséabondes qui vont avec, comme  si c’était la nouvelle « normalité ». Ce n’est pas encore joué. Des puissantes manifestations, traversent le  pays, des travailleurs, chômeurs, retraités lycéens, étudiants  comprennent, indépendamment de leurs origines, mieux que personne, que  le pouvoir à la botte du Medef agresse leur présent et leur futur. Pour  défaire le piège raciste il n’y pas mieux dans l’immédiat que de battre  le pavé ensemble. C’est là que les nouvelles alliances et convergences  se formeront ou pas. Les migrants luttent pour leur vie dans l’indifférence quasi générale A Calais, les 9 iraniens qui s’étaient cousu la bouche (voir RE 150) ont  tenu près d’un mois. Ils ont refusé l’hébergement « offert » et l’accès  privilégié à la procédure d’asile accélérée et continuent de réclamer  l’arrêt de la destruction de la jungle et un examen des dossiers de tous  les migrants du camp par le gouvernement anglais mais ont cessé leur  grève de la faim. Paris, XIXème arrdt, depuis plusieurs mois, un campement de 400  personnes érythréennes, soudaines, somaliennes et afghanes s’est  installé sous le métro aérien station Stalingrad. Le 7 mars une première  expulsion a lieu. Mais petit à petit le campement s’est reformé, ils  sont vite à nouveau plusieurs centaines. Tous savent qu’ils trouveront  là le soutien des militants et des riverains. Mais, le 30 mars ils ont  dû faire face à une nouvelle évacuation : flics pour la violence  physique, Emmaüs pour la violence morale du tri et BAPSA, cette brigade  d’assistance aux sans-abris. Le 31, une trentaine de migrants sont  encore sur place. Avant de grillager les lieux, les flics se chargent  d’eux : direction le commissariat ! 15 d’entre eux, pourtant  inexpulsables, passeront 3 ou 5 nuits au CRA de Vincennes avant d’être  libérés. Nouvelle stratégie d’intimidation : le CRA en guise  d’hébergement ? Se demandent les militants. Non à la «loi travail» et à ses violences policières La mobilisation a débuté fort dès le 9 mars et continue de s’amplifier:  manifs, occupations (de facs, de mairies par des syndicalistes, de la  DGT par 250 sans-papiers, de lieux par des intermittents, des places  publiques par des milliers de personnes...), blocages de lycées (250 le  31 mars)… La répression policière n’a pas non plus tardé : irruptions dans les AG,  évacuations, gazages, tabassages, insultes, tirs de flash ball, coups de  tonfa, de matraque, jets de grenades, interpellations massives de  manifestants, mises en examen, placements sous contrôle judiciaire,  condamnations dont celle de Gaël, jeune nantais, à 6 mois de prison ferme. Ceux qui s’en prennent le plus plein la tête sont les lycéens et les  étudiants. L’évacuation très violente de la fac de Tolbiac à Paris le 17  mars fera de nombreux blessés et mènera 4 personnes en GAV (elles  passeront devant le juge le 9 mai). Le blocage de la cité scolaire  Voltaire le 1er avril mènera Ryan, 15 ans, devant le juge, il risque une  peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison sous prétexte d’un bout de  papier enflammé jeté dans une poubelle tout de suite éteint par les  enseignants présents aux côtés des élèves. Le blocage du lycée Bergson dans le XIXème à Paris le 24 mai aura été  lui aussi d’une extrême sauvagerie comme en attestent de nombreux  témoignages souvent vidéos à l’appui. Ainsi, un flic filmé en train de  tabasser un lycéen maintenu au sol et de le frapper au visage fait  l’objet d’une enquête judiciaire pour violence volontaire et a été mis à  pied en attente de son procès et un autre, cagoulé, filmé en train de  frapper avec sa matraque un groupe de lycéen est toujours recherché par  l’IGPN (aucun de ses collègues en uniforme n’ont souhaité le dénoncer). Une vidéo va également pouvoir servir de matière à la défense de Max, un  syndicaliste rennais de 60 ans qui a reçu des coups mais doit passer en  jugement (avec 10 autres manifestants) accusé de jets de projectiles  contre les flics lors de la manif du 17 mars. Donc les vidéos ça marche, mais à manier avec prudence toutefois car si  filmer un flic dans l’exercice de ses fonctions n’est pas illégal (la  publication et diffusion des images obéissent cependant à certaines  conditions), les filmés peuvent confisquer votre appareil en cas  d’interpellation : vous voir les filmer peut donc les encourager à  trouver une raison de vous arrêter! Tout dépendra donc du rapport de  force en présence. Certains blocages de lycée se sont cependant déroulés à l’écart de tout  regard solidaire et se sont particulièrement mal passés. Au lycée  professionnel Moulin du Blanc Mesnil (93) le 24 mars, Galilée de  Gennevilliers (92) et Voillaume d’Aulnay-Sous-Bois (93) le 1er avril et  Léonard de Vinci de Levallois Perret (92) le 5 avril , même scénario :  en l’absence de soutien de la part des professeurs, les lycéens sont  vite accusés de violences et/ou d’avoir été « infiltrés par des éléments  extérieurs » venus des cités avoisinantes supposés violents, la BAC  arrive, tape et interpelle dans le tas. Une preuve supplémentaire que  seule la solidarité entre tous peut constituer un frein à la hargne  policière et à la violence d’Etat. Durant la manif parisienne de lycéens du 5 avril, la répression  policière est encore montée d’un cran, plus de100 manifestants ont été  arrêtés, la grande majorité a été libérée après que des centaines de  personnes solidaires se sont rassemblées pendant des heures devant le  commissariat où leurs camarades étaient enfermés, jusqu’à partir en  manif sauvage aux cris de « Zyed, Bouna on n’oublie pas ! » en pleine  nuit après avoir bloqué avec des barricades le boulevard Saint Germain. « Si vous l’acquittez, vous donnez un permis de tuer à la police » Ça nous pend au nez depuis l’affaire Amine Bentounsi, du nom de ce jeune  homme tué par un flic en avril 2012, alors qu’il était de dos. «  Légitime défense » hurlèrent le flic et l’ensemble de sa corporation  (voir RE n°149, février 2016 sur l’acquittement du policier) !  Actuellement, un projet de loi va être étudié, visant à empêcher une  victime d’une agression de flic de se porter partie civile, donc de  porter plainte contre ledit policier dès lors que cette victime s’est  rendue coupable d’un crime ou d’un délit comme, avoir au préalable tiré  sur le flic, ou plus simplement avoir participé à une manif interdite... Un rapport salutaire de l’ACAT sur l’impunité policière Depuis 10 ans, 89 cas étudiés montrent que les enquêtes administratives  et judiciaires ne permettent pas de rendre justice lors de violences  policières, bref que les flics s’en sortent très souvent sans  condamnation alors même que Taser, Flash-ball (39 blessés graves et 1  mort depuis 2005) et certaines techniques d’interpellation (8 décès en  10 ans) causent de plus en plus dégâts humains.  https://www.acatfrance.fr/rapport/l-ordre-et-la-force Solidarité avec Hasna ! Le 8 mars les policiers sont allés chercher Hasna en pleine manif pour  les droits des femmes. Elle était la seule à porter un tee-shirt de la  campagne internationale BDS (Boycott, désinvestîmes, sanctions) des  produits de l’occupant israélien. Elle est accusée de « provocation à la  haine en raison de l’origine par écrit » (!). La Cour de cassation a  déjà condamné des militants de BDS, quant à Valls, il n’a pas hésité à  déclarer lors du dîner annuel du CRIF du 7 mars que « l’antisionisme,  (est) tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine  d’Israël.». Solidarité ! Sur le vif « Salut, la vidéo fait mal. De mauvais souvenirs. On n’en guérit pas...  Si vous connaissez le lycéen de Bergson frappé par le flic, dites-lui  qu’on reste disponible pour aider à ne pas trébucher dans les méandres  de la justice. Attention, comme pour nous, tél. et mails sur écoute pour  toute la famille. Filatures. C’est du vécu. Dans tous les cas il faut  porter plainte, disséquer les PV des flics, rassembler de suite les  témoignages, sans altérer la vérité. Le flic a déjà tout faux… Aucune  résistance à l’interpellation, pas de proportionnalité, pas de légitime  défense… Plus que l’agression, c’est le Faux et Usage de Faux en  écritures publiques qui crée l’impunité. Le sens de notre combat.  Filmez, Filmez, Filmez la police. » Christian père de Geoffrey, lycéen  mutilé par un flic (2010 MV des retraites). Procès en appel les 9, 10 et  11 janvier 2017. contact : assemblee.des.blesses@... Argenteuil : alliance du sabre et du goupillon… La présentation de la relique sacrée de la Basilique d’Argenteuil, la  Sainte Tunique du Christ, sous l’égide de l’évêque de Pontoise et du  cardinal Barbarin, a mobilisé dans l’urgence les policiers en nombre  pour… chasser les Rroms des campements et des squatts, et nettoyer la  ville avant l’arrivée des pèlerins ! Les Rroms mis à la rue, ont été  suivis, et à nouveau chassés à chaque halte, la police agissant en  procédure de flagrant délit ! Non, Wissam El Yamni n’était pas drogué Wissam El Yamni passé à tabac lors de son interpellation le 1er Janvier  2012 par la police ne s’en relèvera jamais, il décédera après 9 jours de  coma. Il suffirait d’avoir des traces de drogue pour mourir de drogue ?  C’est pourtant ce qu’affirme la dernière expertise judiciaire en date  concluant sans démonstration que des trace minime de drogue ont pu  provoquer un arrêt cardiaque alors que l’ensemble des éléments prouvent  le contraire. En 2015 la chambre d’instruction profitait de cet  imbroglio pour annuler la mise en examen des 2 policiers. (A lire cet  état des lieux qui revient sur quatre années de combat :  http://resistons.lautre.net/spip.php?article558.) Depuis la famille révèle les résultats du deuxième rapport d’expertise  indépendant (à lire sur https://lc.cx/4mTm), réalisé par l’un des plus  grands toxicologues, qui démontre de manière scientifique que Wissam  n’était pas sous l’emprise de drogues au moment de l’interpellation et  exclut de fait la mort d’origine toxique. Aussi la partie civile attend  de la justice et notamment de la chambre d’instruction qu’elle agisse  enfin pour rétablir la justice et la vérité sur les causes réelles de la  mort de Wissam. Procès de pirates somaliens Du 29 mars au 15 avril 2016 plusieurs pirates somaliens capturés par  l’armée française en 2011 suite à l’abordage d’un bateau français seront  jugés à la cour d’assise de Paris. Pour en savoir plus : Frères de la  côte, Mémoire en défense des pirates somaliens, traqués par toutes les  puissances du monde paru chez l’Insomniaque. Non à la légalisation du permis de tuer Face à l’état policier, légitime défiance C’est sur ce mot d’ordre que plusieurs centaines de personnes ont  manifesté le samedi 19 mars à Paris à l’occasion de la journée  internationale contre les violences policières. Un autre cortège «  contre la guerre, le racisme et le colonialisme » a rejoint la  manifestation au départ de la gare du nord et le trajet a été ponctué de  prises de paroles. Les familles des personnes tuées par la police et les  comité de soutien ont ainsi pu partager leur expérience de cette  violence d’Etat et rappeler leur exigence de vérité et de justice. Combien de Cindy ? Nantes, quartier Plaisance, à Orvault le 24 janvier, Cindy apprend que  son fils de 15 ans est accusé d’un vol de scooter, elle le voit arriver  le visage en sang, menotté. Alors qu’elle court à sa rencontre, elle est  jetée au sol et frappée sans sommation à coups de matraque. Elle aura le  corps couvert d’hématomes et les jambes tuméfiées, ce qui lui vaudra 12  jours d’ITT. Puis Cindy sera placée en garde-à-vue et poursuivie pour «  rébellion » et « violences » sur les fonctionnaires de police. Pas de  nouvelle de sa plainte. Par contre la justice n’a pas traîné pour la  condamnée à 600 euros d’amende et de 500 euros de dédommagement pour  chacun des trois membres de la BAC qui l’ont agressée. Une pétition pour soutenir Cindy :  https://www.change.org/p/c-j-contre-les-violences-polici%C3%A8res-subies-par-une-maman-d-orvault