[zpajol]L'UE songe à une immigration "éco-démographique"

From : hamid.moulahoum@... , the 29th novembre 2006 22:44
  • 2006-11-29 22:44:35 — hamid.moulahoum@... - [zpajol]L'UE songe à une immigration "éco-démographique"

Edition du 29 novembre 2006 > Actualite http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=55050 Des quotas d’immigration pour assurer l’avenir L’Europe vit l’hiver démographique Cela ressemble au danger montant de la fonte des icebergs. Les spécialistes  appellent cela « l’hiver démographique ». Mis à part Chypre et Malte, tous  les pays membres de l’Union européenne connaissent une baisse régulière de  la population. La Commission européenne a, en 2005, élaboré un Livre vert sur « les  changements démographiques ». « L’apport de l’immigration est devenu crucial  pour assurer une croissance de la population. Le taux de fertilité est  partout inférieur au seuil de renouvellement des générations (environ 2,1  enfants par femme) ; il est même tombé en dessous de 1,5 enfant par femme  dans de nombreux Etats membres », est-il écrit dans ce rapport. Jusqu’à  2025, la population européenne va croître faiblement grâce à ... l’apport de  l’immigration. Elle ne va évoluer que de dix millions en vingt ans. Ce qui n’est  pas en mesure d’assurer une croissance économique durable surtout que le  nombre des retraités est en augmentation. « Ce déclin est plus rapide et  plus profond si l’on ne considère que la population totale d’âge actif (les  15-64 ans) : entre 2005 et 2030, elle devrait perdre 20,8 millions d’individus   », est-il constaté dans le Livre vert. Freiner le déclin démographique  passe, selon les experts, par l’encouragement de politiques publiques  permettant « aux femmes et aux hommes de concilier vie familiale et vie  professionnelle ». Mais également, par l’encouragement de flux migratoires.  Sauf qu’ici, à Bruxelles, personne parmi les hauts responsables européens ne  parle de cette manière. De l’immigration oui, mais laquelle ? L’Italien  Francesco Luciani, de la direction justice et sécurité à la Commission  européenne, va même à contresens de toutes les propositions faites par les  spécialistes. « Ce n’est pas parce que la démographie est négative que l’immigration  est la solution », dit-il. Citant l’expérience tentée en Allemagne, il  affirme qu’il est possible de « renverser » la vapeur. Amener les gens à  faire des enfants ? « Il y a des solutions », dit-il sans convaincre. Il ne  croit pas trop à « la politique des quotas » défendue par l’Italie avec des  pays comme la Tunisie, l’Espagne avec le Maroc. L’Allemagne, par la voix de  son ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schduble, est hostile à l’idée de  quotas d’immigration fixés à l’échelle européenne. « Nous sommes attentifs à  ce que les quotas restent la compétence des Etats, car ils ne peuvent être  fixés qu’en fonction de la situation du marché du travail dans chaque  pays », a-t-il dit. L’Allemagne ne semble pas partager le point de vue de  Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne chargé de la  sécurité, des libertés et de la justice, qui fait campagne pour ... « la  politique des quotas » pour l’immigration légale. A ses yeux, il est  important que la Commission européenne connaisse les besoins de chaque Etat  membre de l’UE pour pouvoir engager des négociations avec des pays tiers  afin d’ouvrir les frontières à des travailleurs, à titre provisoire ou  permanent. « Brain drain » En 2007, l’UE lancera un vaste plan, dont l’élaboration sera coordonnée avec  l’Afrique, y compris l’Algérie, pour un mouvement d’immigration économique.  Un portail d’information sera mis à la disposition des pays africains :  European job mobility portal. Y seront expliquées et détaillées les  opportunités d’emploi sur le Vieux continent. C’est une sorte de variante  « d’immigration choisie » défendue par le ministre français de l’Intérieur  et une partie de la droite française. Le terme « immigration choisie »  suscite l’allergie à Bruxelles, mais le plan Frattini a tout l’air de lui  ressembler. C’est que l’Europe veut ouvrir ses bras à de la main-d’œuvre  qualifiée, de haut niveau s’il le faut. « On s’est rendu compte que les  personnes à niveau de formation supérieure préfèrent immigrer au Canada et  aux Etats-Unis. Alors que ceux qui débarquent en Europe sont ceux qui  souvent n’ont aucune qualification », observe un responsable à la Commission  européenne. A Tripoli, en Libye, où s’est tenue une conférence commune  Afrique-Europe sur l’immigration, le 23 novembre 2006, Franco Frattini a  prévenu contre « les risques et les conséquences » de la fuite des cerveaux.  Cependant, il n’a pas expliqué la manière avec laquelle ce risque sera  neutralisé d’autant plus que les pays du Maghreb, sans que cela secoue les  gouvernements en place, se « vident » de leurs cadres. Les pertes liées à la  fuite des personnes qualifiées sont, pour l’Afrique, estimées à plus de 35  milliards de dollars, selon une étude de l’Unesco. Et le phénomène ne cesse  de s’aggraver. En plus du brain drain (fuite des cerveaux), ces départs de  travailleurs qualifiés freinent, d’après une analyse de l’Institut français  du développement durable et des relations internationales, la croissance et  amoindrissent le potentiel de production. Fidèle à son image de grosse  machine bureaucratique, l’Union africaine ne semble pas trop s’inquiéter de  cette situation dramatique. En face, l’Europe a, à titre d’exemple, lancé un  grand programme de recherche dans le domaine des technologies de l’information  et des communications qui s’étale jusqu’à 2013. Doté de 9 milliards d’euros,  ce projet vise à donner un nouveau souffle à la compétitivité de l’Europe  devant la concurrence de l’Inde, des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de la  Chine. Ce genre de projet fait appel à des compétences qui ne sont pas  nécessairement européennes. A l’heure actuelle, les visas de séjours sont  prioritairement accordés aux chercheurs et aux étudiants. « En matière de  délivrance de visas, la Commission européenne n’est pas aussi libre que  cela », nous dit-on à Bruxelles. Si le modèle d’intégration canadien est  cité en exemple (double nationalité et mouvement aller-retour), la  Commission européenne entend promouvoir une stratégie pour permettre aux  nouveaux migrants de s’adapter aux valeurs des pays d’accueil. En la  matière, les membres de l’UE n’ont aucune cohérence. Chacun y va de son  petit chemin. D’où l’attitude crispée des Pays-Bas, où se développe une  xénophobie d’un autre âge, de l’Allemagne, de la France et de la Belgique.  « Nous devons détruire les barrières de non-confiance qui bloquent tout  dialogue constructif et ouvert entre les sociétés d’accueil et les nouveaux  arrivants », a déclaré à Tripoli, Franco Frattini. Francesco Luciani précise  que l’UE est favorable à une global approach pour traiter l’immigration  clandestine. Approche adoptée lors de la conférence de Tripoli où l’on a  insisté sur « l’aide au développement et sur la sécurité ». La démarche n’a  encore aucune visibilité. Surtout que « le gros » du flux migratoire vers le  Nord provient, en réalité, de l’Europe de l’Est, de l’Amérique du Sud et du  Sud-Est asiatique. Faycal Metaoui  ___________________________________________________________________________  Découvrez une nouvelle façon d'obtenir des réponses à toutes vos questions !  Profitez des connaissances, des opinions et des expériences des internautes sur Yahoo! Questions/Réponses  http://fr.answers.yahoo.com